BEYROUT, 9 mai (Xinhua) -- La chaîne libanaise
Future TV a suspendu vendredi sa diffusion terrestre et satellitaire,
après que des hommes armés eurent assiégé la station avant de la
transférer à l'armée, a rapporté la chaîne New TV.
Le dirigeant de la majorité parlementaire
antisyrienne au Liban, Saad Hariri, a annoncé que la chaîne a été forcée à
cesser de diffuser et qu'elle était placée sous contrôle de l'armée.
En outre, le bâtiment du quotidien al-Moustaqbal à
Ramlet al- Baida, au sud-ouest de Beyrout, a été touché par des tirs de
roquettes et d'armes automatiques vendredi à l'aube, a révélé le
site internet Naharnet.
Trois bureaux du parti al-Mustaqbal dans la zone de
Ras Nabaa, à l'ouest de la capitale, ont été occupés par l'opposition, et
des accrochages ont eu lieu dans la plupart des quartiers dans
l'ouest de Beyrouth, faisant deux morts et cinq blessés, selon la même
source.
Les affrontements dans la rue entre les partisans
chiites et sunnites à Beyrouth sont entrés dans leur troisième jour
consécutif, alimentant les craintes sur une escalade de violences.
Jeudi, le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan
Nasrallah, a annoncé que le gouvernement avait fait une "déclaration de
guerre", et ferait face à une "légitime défense".
Ses avertissements interviennent après que le
gouvernement eut déclaré "illégal et inconstitutionnel" le réseau privé de
téléphone du Hezbollah, qui constitue une menace à la sécurité de
l'Etat.
Le cabinet a aussi décidé de destituer le chef du
service de sécurité du seul aéroport international Wafik Shqaier pour ses
liaisons avec le Hezbollah.
Mercredi, des violences ont éclaté entre les
partisans du Hezbollah soutenu par l'Iran et ceux du gouvernement appuyé
par l'occident, avec des explosions et tirs entendus dans l'ensemble
de la capitale.
Le Liban traverse sa pire crise politique depuis la
guerre civile de 1975 à 1990, la majorité parlementaire (au pouvoir) et
l'opposition n'ayant toujours pas pu aboutir à une percée dans
l'élection d'un président du pays, poste vacant depuis le 24
novembre dernier, date de l'expiration du mandat de l'ancien
président, Emile Lahoud.
La session parlementaire pour élire
un président libanais a été reportée à 18 reprises faute d'un consensus entre
les partis politiques sur la constitution d'un nouveau cabinet.