NEW DELHI, 8 mai (Xinhua) -- Le dossier du Tibet est
une affaire intérieure de la Chine et ne doit donc pas être
internationalisé, a indiqué Mohan Guruswamy, fondateur et président
du Centre pour les alternatives de la politique à New Delhi.
"Le Tibet est une partie de la Chine. Il est naturel
et raisonnable pour le Dalaï Lama de trouver une solution pour le
Tibet dans le cadre de la structure de la Chine", a fait savoir
ce chef spirituel dans un entretien exclusif accordé à l'agence
Xinhua.
"Le Dalaï Lama doit se rendre à Beijing pour
négocier, au lieu d'aller à Washington rencontrer Mme Pelosi (Nancy
Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis)", a
souligné M. Guruswamy.
Fort de riches expériences dans les secteurs privé,
académique et de gouvernance, M. Guruswamy a créé le Centre pour les
alternatives de la politique à New Delhi en 2003 avant d'effectuer sa
première visite au Tibet.
"Durant ma visite au Tibet il y a quatre ans, j'ai
vu un grand nombre d'écoles, de temples et de bibliothèques. Le
gouvernement chinois a créé de nombreux emplois et le commerce est
prospère au Tibet. C'est exactement ce qu'est le devoir d'un gouvernement.
La Chine a honoré ses responsabilités au Tibet", a affirmé M.
Guruswamy.
En ce qui concerne la médiatisation des émeutes du
14 mars à Lhasa, chef-lieu du Tibet, M. Guruswamy a remis en cause le
parti pris sinophobe des médias occidentaux, qui sont profondément
influencés par leurs directions hostiles à la Chine.
La Chine est devenue "l'ennemie des pays
occidentaux" pour un bon nombre de raisons, avec comme points d'orgue leur
jalousie vis- à-vis du développement économique de la Chine, et leurs
craintes de l'essort de la Chine, a-t-il fait remarquer.
"Ils (les pays occidentaux) craignent d'être
remplacés", a déclaré M. Guruswamy, ajoutant que l'Inde pourrait faire
face, dans un proche avenir, aux mêmes critiques de la part de
l'Occident.
"La Chine et l'Inde doivent se faire confiance, se
traiter comme de vraies amies, au lieu d'être soupçonneuses l'une de
l'autre", a-t-il souligné.
Il a fait état d'une différence dans la politique
indienne concernant le Dalaï Lama par rapport à celle en 1959.
Aujourd'hui, le Dalaï Lama et ses fidèles sont traités comme des hôtes en
Inde.
"L'Inde ne luttera pas pour des hôtes en
visite. Entre le dragon (Chine) et l'éléphant (Inde), le Dalaï Lama est
trop petit", a martelé M. Guruswamy.