NEW YORK (Nations Unies), 2 mai (Xinhua) -- Le
secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a indiqué vendredi dans une
tribune au quotidien International Herald Tribune que la crise
alimentaire pouvait être réglée.
"Nous en avons les moyens. Nous savons ce que nous
devons faire. De plus, nous devons y voir non seulement un problème à
résoudre mais aussi une occasion à saisir", a-t-il plaidé.
Il a souligné que la première de toutes les
urgences, c'est de donner à manger à ceux qui ont faim, disant que le
Programme alimentaire mondial (PAM) vient au secours de 73 millions de
personnes.
Mais il lui faut 750 millions de dollars de plus. Un
montant de 475 millions a été promis, mais le PAM n'a que 18 millions de
dollars immédiatement disponibles, a-t-il dit.
M. Ban a rappelé que le mécontentement des
consommateurs se fait entendre même dans les pays riches, en Europe et aux
Etats- Unis.
"Alors, il faut faire un effort pour imaginer la
situation de ceux qui vivent avec moins de 1 dollar par jour", a-t-il
relevé, rappelant qu'ils habitent pour la plupart en Afrique et, pour
beaucoup.
Il a fait remarquer qu'au Kenya, dans la vallée du
Rift, grenier à blé de l'Afrique de l'Est, les cultivateurs ne plantent
que le tiers de ce qu'ils avaient planté l'an dernier, car ils ne
peuvent pas acheter les engrais dont les prix se sont eux aussi
envolés.
"Nous ne pouvons nous permettre de nous laisser
enfermer dans cette crise", a-t-il écrit.
"Pour être sûrs de manger demain, nous devons
intervenir immédiatement pour donner aux petits exploitants l'aide dont
ils ont besoin pour améliorer leur prochaine récolte", a-t-il
souligné, rappelant que l'Organisation des Nations Unies pour
l'alimentation et l'agriculture (FAO) a demandé 1,7 million de dollars pour
une initiative d'urgence qui permettrait de distribuer les semences,
les engrais, etc., destinés à relever la productivité agricole.
Il a fait savoir que le Fonds international pour le
développement agricole, le FIDA, mettra 200 millions de dollars à la
disposition des cultivateurs pauvres des pays les plus touchés et que la
Banque mondiale envisage dans le même ordre d'idées de créer un guichet
spécial pour la réaction aux crises mondiales.
Le secrétaire général de l'ONU a déclaré qu'il
allait créer une équipe spéciale des Nations Unies sur la crise alimentaire
mondiale.
"Nous pouvons régler cette crise. Nous en avons les
moyens. Nous savons ce que nous devons faire. De plus, nous devons y voir
non seulement un problème à résoudre mais aussi une occasion à
saisir, car nous avons une occasion extraordinaire de nous attaquer
aux problèmes fondamentaux de la plupart des pauvres du monde, dont 70 %
sont de petits agriculteurs. Si nous les aidons, si nous leur offrons
notre concours et la juste dose de politiques locales et internationales,
ces problèmes fondamentaux seront résolus", a-t-il dit.