BEIJING, 1er mai (Xinhua) -- Plusieurs
pays d'Asie et d'Amérique latine ont interdit cette semaine les
exportations de produits céréales pour assurer leur stock de crainte d'une
propagation de la crise alimentaire amorcée par notamment la baisses
des stocks mondiaux et la flambée des prix de denrées alimentaires.
Le Népal a décidé d'interdire à partir de mercredi
toute exportation de produits céréales, de riz et de blé, pour assurer
un approvisionnement adéquat aux marchés locaux et empêcher toute
exportation de blé népalais au Bangladesh.
Malgré une croissance de 17% dans la production de
riz depuis le début de l'année, le Népal est confronté à la pression
accrue d'une pénurie de denrées alimentaires, du fait que l'Inde, qui
garantissait auparavant la moitié de sa demande de riz, impose
depuis 2007 une interdiction d'exportation de riz en réponse à un
déficit alimentaire croissant dans le pays.
Le gouvernement brésilien négocie avec les
producteurs et envisage une suspension de ses exportations de riz jusqu'à
ce que l'approvisionnement intérieur du pays soit garanti et que les
demandes extérieures se stabilisent.
Le Brésil, dont la production rizière pourrait
atteindre 11,9 millions de tonnes en 2008, dispose d'un stock de plus de
1,5 millions de tonnes de riz, dont un tiers a été exporté avant
l'éclatement de la crise alimentaire.
Sur les marchés brésiliens, le prix d'un sac de 60
kilos s'établit à 39, 5 dollars, contre 32 dollars enregistrés en 2007.
La demande intérieure de riz a augmenté de 50% en avril, entraînant
une hausse de 48% pour les prix de riz, selon la Bourse de produits
agricoles à Rio de Janeiro.
Le gouvernement brésilien envisage d'utiliser les
stocks de riz à partir du 5 mai dans le but de faire tomber les prix
jusqu'à 17 dollars le sac (60 kilos).
A Bogota, le gouvernement colombien a annoncé
mercredi son plan de décaisser 25 milliards de pesos (14,7 millions de
dollars) et stocker 200.000 à 250.000 tonnes de riz, après que l'Equateur
eut imposé des restrictions sur les ventes de vivres de première
nécessité aux Colombiens vivant dans la région frontalière.
Le ministre panaméen de l'Agriculture et de
l'Elevage, Guillermo Salazar, a fait savoir mardi que les pays d'Amérique
centrale ont affecté des fonds au financement d'un plan d'urgence
régional destiné à lutter contre la flambée des prix de denrées
alimentaires.
En revanche, le gouvernement nigérian a décidé de
dépenser 80 milliards de nairas (680 millions de dollars) pour importer
500. 000 tonnes de riz pour enrayer la flambée des prix de la
nourriture.
Selon le gouverneur de l'Etat d'Ondo, Olusegun
Agagu, en dépit d'une interdiction d'exportations imposée par certains
producteurs de riz, le gouvernement d'Abuja examinera l'offre spéciale de 4
millions de tonnes de riz par la Thaïlande en faveur des pays
africains vulnérables.
Ces importations, qui devraient arriver au Nigeria
dans un délai de trois mois, seront mis en ventes au prix de 5.000 nairas
(42,50 dollars) ou moins le sac de 50 kilo.
Mardi à Berne, le secretaire general de l'ONU Ban
Ki-moon a demandé appelé les pays membres de l'ONU de réagir rapidement à
la crise alimentaire, à l'issue d'une conférence conjointe des
agences du système onusien.
L'Organisation pour l'agriculture et l'alimentation
(FAO) avait lancé un appel pour un montant de 1,7 milliard de dollars afin
de renforcer la production agricole dans les pays touchés par la
crise alimentaire, alors que les stocks alimentaires mondiaux sont au
plus bas depuis 1980.
Alimentaire : le Népal interdit toute exportation de produits
céréales
Pourquoi les prix de denrées alimentaires s'envolent ?
(ENCADRE)