LOME, 29 avril (Xinhua) -- La Délégation de la
Commission européenne au Togo a tenu mardi à Lomé un séminaire de
consultation publique sur l'intégration régionale de l'Afrique de
l'Ouest, en vue d'avoir la meilleure vision d'aide au processus
d'intégration des pays de cet espace de quinze pays.
La rencontre, inscrite dans le cadre d'un programme
pour les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a été axée
sur la question de l'intégration régionale et le commerce et
l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest: les leçons du passé et
apprises. Elle a également examiné les perspectives de l'Union européenne
sur l'intégration régionale comme instrument important pour promouvoir le
développement.
Au niveau de la Délégation de la Commission
européenne, l'intégration régionale est considérée comme l'une des
caractéristiques dominantes de la politique internationale et a déjà
fait l'objet d'une vingtaine d'accords régionaux dans les pays ACP.
Il est relevé que ces pays ont besoin de davantage
de croissance pour assumer la réduction de la pauvreté, mais que
beaucoup d'entre eux "demeurent encore vulnérables et handicapés par
manque de compétitivité sur les marchés internationaux".
La représentation de l'UE a indiqué en outre que
l'intégration économique régionale a "un potentiel considérable encore
largement sous-exploité pour stimuler la croissance et pour favoriser la
compétitivité basée sur des économies d'échelle".
Le chargé d'Affaires de la Délégation de la
Commission européenne au Togo, Joao Melo de Sampaio, interrogé sur l'échec
des politiques d'aide au développement dans les pays depuis leurs
indépendances dans les années 1960, a fait état de responsabilité
partagée, soulignant que l'aide nécessaire n'aurait pas été
apportée.
Sur le problème des Accords de partenariat
économique (APE), le chargé d'Affaires a relevé quant aux débats sur ce
sujet que le principe fondamental est "qu'il n'y aura pas de
discrimination". " Le débat au tour des APE est très émotionnel", a-t-il
fait remarquer, expliquant que parfois l'analyse n'est pas bien faite
ou que parfois c'est par sursaut de patriotisme.
Parlant de l'intégration régionale en Afrique de
l'Ouest, l'Administrateur principal à la Direction générale de
développement basé à Bruxelles, Marc Boucey, a déploré le stade non
diversifié des économies de cette région et a fait état de difficulté
d'adaptation vers la création de richesse, contrairement aux pays du
Maghreb.
M. Boucey a relevé qu'au niveau de la Communauté
économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), la stratégie n'a pas
été vraiment articulée et que la cohérence reste faible entre les
stratégies nationales et les stratégies régionales, excepté dans le
domaine du transport qu'il a cité commme un "bon exemple de répartition de
tâche".
En matière d'intégration régionale et de commerce,
la Chargée des Programmes, section Economie de la Délégation de la
Commission européenne, Mme Dorota Panczyk, a relevé les intérêts notamment
ceux des consommateurs qui en sont les grands bénéficiaires,
l'agrandissement du marché et aussi l'amélioration des performances
des entreprises.
Au cours de ce séminaire, bien de
participants, surtout les opérateurs économiques, ont considéré le secteur du
transport comme une priorité dans l'intégration régionale.