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Un sinologue allemand réfute les allégations de "génocide culturel" au Tibet
  2008-04-25 16:06:35  

    (INTERVIEW par BAN Wei  )

     BERLIN, 25 avril (Xinhua) -- L'ethnologue et sinologue allemand, Ingo Nentwig, a réfuté mercredi les allégations de "génocide  culturel" au Tibet, et critiqué certains médias occidentaux pour  ne pas donner la parole aux Tibétains ordinaires.  

      

     Génocide culturel ? Complètement faux 

      

     "Le concept de 'génocide culturel' est complètement faux", a  martelé le Dr. Nentwig, président du département de recherches au  sein du Musée d'ethnologie de Leipzig, dans une interview écrite  pour Xinhua. "La culture tibétaine est florissante et prospère en  Chine", y compris "la langue, la littérature, l'étude de la  littérature orale, la vie quotidienne et l'architecture  traditionnelle", a-t-il indiqué.  

     Selon M. Nentwig, la Chine a publié une vaste collection de  livres, journaux et magazines en langue tibétaine, et "il existe  un grand nombre de maisons d'édition tibétaines, non seulement au  Tibet, mais aussi dans les provinces voisines, même à Beijing".  

     Les écrivains tibétains écrivent en tibétain et en chinois, et  les traductions de livres de langues étrangères en tibétain sont  également disponibles en Chine, a-t-il expliqué, rappelant que " Lhassa abrite même une académie de médecine traditionnelle  tibétaine".  

     Contrairement à "certains représentants de l'élite réclamant  l'indépendance du Tibet ou désireux d'exercer un pouvoir politique dans la région", qui décrivent la modernisation de la société  tibétaine comme un "génocide culturel", "beaucoup de Tibétains  reconnaissent les opportunités de développement dans un Tibet  moderne, qui est en fait une partie de la Chine ouverte au monde  moderne", a souligné le chercheur allemand.  

      

     Assimilation systématique ? C'est hors de propos 

      

     Une assimilation systématique de l'ethnie tibétaine "par un  afflux d'habitants de l'ethnie Han (population majoritaire en  Chine) dans les régions tibétaines il n'en est justement pas  question", selon le Dr. Nentwig. 

     "Si vous allez à Lhassa, vous pouvez peut-être avoir  l'impression qu'il y a beaucoup de Han et en tirer la conclusion  que ces derniers représentent plus de 50% de la population  habitant dans la ville", a reconnu le sinologue allemand, mais la  plupart d'entre eux y séjournent en fait pour une période  temporaire.  

     Les militaires, par exemple, doivent partir après leur  démobilisation, les ouvriers sont là juste pour des projets de  construction, et des cadres y sont affectés pour une mutation de  routine. Si certains hommes d'affaires s'y installent, c'est pour  des activités commerciales, rarement ils envisagent un séjour  permanent, a analysé M. Nentwig.  

     Les Han se concentrent à Lhassa, a-t-il ajouté. "Si vous partez pour les autres régions tibétaines, vous peinerez à trouver des  Han."  

     M. Nentwig a passé un mois au Tibet pour un projet de recherche sur le terrain à l'été 2002. "J'ai fait mes recherches dans un  comté, où 20 ou 30 Han vivent parmi 50.000 à 60.000 Tibétains", a- t-il expliqué.  

     Les habitants permanents de l'ethnie Han représentent seulement 7% de la population totale du Tibet, tandis que la proportion des  Tibétains dépasse 90%, a précisé M. Nentwig.  

     En ce qui concerne les habitants pour un court séjour, les Han  représentent au maximum un quart de toute la population au Tibet,  alors que les Tibétains en constituent "la majorité écrasante pour environ 75% à 80%", a-t-il poursuivi.  

     Les zones habitées par les Tibétains dans les provinces  voisines, telles que le Qinghai, le Gansu, le Sichuan et le Yunnan, sont éthiquement et culturellement plus diversifiées. Là, les  Tibétains coexistent pacifiquement avec les Hans et d'autres  groupes ethniques comme les Hui, les Mongols, les Qiang, les Tu et les Salar depuis des siècles, a ajouté l'expert.  

     Si les Tibétains exilés veulent assurer la dominance culturelle ou politique, sous l'édentard de la "lutte contre l'assimilation"  ou "contre la sinisation", ce serait contraire à la vérité  historique et injuste pour les autres ethnies, a souligné  l'ethnologue allemand.  

      

     La vie des Tibétains ordinaires ? Beaucoup d'autres choses à  raconter  

      

     A propos du développement relativement ralenti du Tibet en  comparaison avec d'autres régions chinoises, le sinologue allemand a énuméré quelques unes des raisons historiques et géographiques.  

     Le Tibet est "inapte à une industrialisation globale", et son  agriculture est entravée par des conditions naturelles" du fait  que les grandes zones de pâturage ont une "mince couche arable",  où "pratiquement rien ne peut être cultivé", a-t-il analysé.  

     Il a également rappelé que, avant 1950, il n'y avait pas au  Tibet de services ni de santé publique, ni d'éducation publique,  sauf l'enseignement monastique. Reconnaissant que ce fossé "ne  peut pas être réduit en un seul jour", M. Nentwig a indiqué que la moyenne d'espérance de vie au Tibet est passée de 35 ans dans les  années 50 à actuellement 67 ans.  

     Il a salué comme un "grand progrès" la libération de la grande  majorité du peuple tibétain du joug du servage, ajoutant que la  plupart des Tibétains sont en bien meilleure situation qu'il y a  plus de 50 ans.  

     Le gouvernement chinois adopte une politique ethnique "très  généreuse" et les minorités ethniques bénéficient d'un traitement  préférentiel dans plusieurs domaines, a-t-il rappelé.  

     "Les Tibétains, par exemple, sont autorisés à avoir deux  enfants ... (et) les Tibétains dans les régions rurales peuvent en avoir trois, voire même plus", alors que la majorité Han doit  respecter la politique de l'enfant unique, a-t-il signalé.  

     "Le dernier recensement montre que, ces 30 dernières années, le taux de croissance démographique des Tibétains a été beaucoup plus élevé que celui des Han", a-t-il précisé.  

     M. Nentwig a critiqué les médias occidentaux pour n'être que  les porte-paroles de l'ancienne classe dirigeante (les  représentants de l'ancienne théocratie et les aristocrates féodaux qui ont perdu leur pouvoir et privilège d'"exploiter le peuple à  volonté"), tout en ignorant les voix des Tibétains lambdas qui " ont une toute autre histoire à raconter".  

     En admettant qu'il reste beaucoup à améliorer dans la politique chinoise pour les minorités ethniques, l'ethnologue allemand a  demandé un équilibre : "si quelqu'un veut critiquer la Chine, ces  critiques doivent être concrètes, constructives et fondées sur  l'expertise."  

     "Cela ne sert à personne si le non-sens est diffusé comme l'ont malheureusement fait nombre d'organes de presse occidentaux qui  continuent à le faire", a relevé M. Nentwig.