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Les pays tributaires des produits de base ont besoin de diversifierleur économie
  2008-04-25 10:49:36  

     ACCRA, 24 avril (Xinhua) -- Pour nombre de pays en  développement tributaires de l'exportation de produits de base, il faut savoir profiter de la forte hausse des prix de ces produits,  mais aussi diversifier leur économie en réduisant leur dépendance  vis-à-vis des produits de base dont les prix peuvent décliner. 

     Tel est l'avis des économistes de la Conférence des Naitons  Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) et de  participants à la 12ème session de la CNUCED en cours à Accra, au  Ghana. 

     Le baril de pétrole a dépassé la barre des 110 dollars.  L'indice des prix de la CNUCED pour les produits de base autres  que les combustibles a atteint son plus haut niveau depuis 1960,  avec une hausse de 159% entre janvier 2002 et janvier 2008. Les  prix des métaux et des minéraux ont progressé de 285% sur la même  période, et ceux des matières brutes d'origine agricole de 133%.  

     En Angola, la vente de pétrole représente 95% des revenus à  l'exportation. Le ministre angolais de l'Industrie Joaquim David,  présent à la réunion de la CNUCED à Accra, a déclaré que son  gouvernement, prenant conscience des risques de la dépendance  envers le pétrole, a décidé de miser sur le renouveau d'autres  secteurs d'activité, grâce aux ressources générées par l'industrie pétrolière, et à l'ouverture d'un programme de crédit de quatre  milliards de dollars signé avec la Chine.  

     L'an dernier, tous les secteurs industriels angolais ont  réalisé une croissance supérieure à celui du secteur pétrolier, a  affirmé Joaquim David. 

     Oman, où le pétrole représente plus de 60% des ressources de  l'Etat et plus de 40% du produit national brut (PNB), consacre  d'importants investissements aux industries non pétrolières, dont  le tourisme. Le sous-secrétaire omanais au Commerce et à  l'Industrie, Ahmeed Bin Hassan Al Dheeb, a évoqué l'ouverture  prochaine d'une station balnéaire ayant coûté 3 milliards de  dollars. L'objectif d'Oman est de porter la part du secteur non  pétrolier à plus de 50% de son économie. 

     M. Dheeb a affirmé que son pays accorde aussi beaucoup de fonds aux universités et aux institutions de formation. 

     Pour sa part, la ministre ghanéen des Terres, des Forêts et des Mines, Esther Obeng Dapaah, a évoqué la nécessité de réfléchir à  un plan permettant à l'industrie minière de profiter non seulement aux sociétés minières mais aussi aux pays où elles travaillent. 

     Au Ghana, a-t-elle dit, le secteur minier n'apporte qu'une  contribution de 6,44% au produit national brut (PNB) du pays, en  dépit de l'augmentation du cours de l'or sur le marché mondial.  

     Le gouvernement ghanéen a mis en place un Comité national  chargé d'examiner les moyens d'accroître les revenus miniers et de renforcer la valeur ajoutée des produits. Mme Dapaah a ajouté que  dans ce contexte, le Ghana entend amender des lois libérales qui  sont "trop favorables" aux investisseurs.  

     Le ministre mauritanien du Commerce et de l'Industrie,  Sid'Ahmed Ould Raiss, a déclaré que son pays qui produit 11  millions de tonnes de fer par an et commence à prodouire du  pétrole, tire un grand profit de l'envolée actuelle des prix des  produits de base. La hausse des denrées alimentaires pose  toutefois un sérieux défi à la Mauritanie, importatrice nette de  produits alimentaires.  

     Il a proposé une réflexion sur les questions  d'approvisionnement, car le marché ne joue plus son rôle. Les  risques sont tellement élevés dans le secteur alimentaire que les  importateurs ne veulent plus importer.  

     Le secrétaire d'Etat au Commerce de l'Ouganda, Nelson Gaggawal, estime que la hausse du prix des produits de base est l'occasion  idéale pour aller de l'avant. Pour en profiter, les pays les moins avancés doivent surmonter les problèmes liés au manque  d'infrastructures et de capacités de transformation.  

     Le ministre srilankais du Développement des exportations et du  Commerce international, Gamini Lakshman Peiris, a mis l'accent sur la question fondamentale de la valeur ajoutée. Le gouvernement  srilankais a choisi d'investir dans les secteurs de pointe pour  améliorer la qualité du produit, notamment du thé et de la  cannelle, dont le Sri Lanka produit 90% de la demande mondiale.  

     Carlos Marcio Cozendey, représentant du Brésil, un grand  producteur de biocarburant, a démenti pour sa part l'existence  d'un lien entre les biocarburants et l'augmentation des prix des  denrées alimentaires.  

     Les biocarburants, s'est-il expliqué, sont fabriqués à partir  de différentes plantes. Au Brésil, l'éthanol est produit en  n'utilisant que 10% de la culture de canne à sucre. 

     M. Cozendey a par ailleurs affirmé que le Brésil compte doubler la superficie des terres arables, déclarant que la crise  alimentaire actuelle montre la nécessité de miser sur la  technologie et de la mettre au service de l'agriculture.  

     Guy-Alain Emmanuel Gauze, représentant permanent de la Côte  d'Ivoire auprès des Nations Unies, a souligné la nécessité  d'examiner le caractère structurant des produits de base dans les  économies nationales et les nouveaux paradigmes de coopération  Nord-Sud et Sud-Sud pour atténuer la volatilité des prix. L'examen doit aboutir à des recommandations techniques destinées à changer  le visage des produits de base et à promouvoir une révolution  verte articulée autour d'une agriculture fondée sur  l'autosuffisance.