STRASBOURG (France), 23 avril (Xinhua) -- Le
Parlement européen (PE) a adopté mercredi à Strasbourg le projet de
déploiement définitif du système européen de radionavigation par satellite
( programme de Galiléo) pour la mise en place de 30 satellites et
d'un réseau terrestre de stations de liaison d'ici 2013.
Ce projet a permis enfin le lancement de la phase de
déploiement du programme de Galileo, qui est une initiative commune
de l'Union européenne (UE) et de l'Agence spatiale européenne (ASE), une
organisation intergouvernementale réunissant 17 pays européens.
Le rapporteur du PE pour le programme de Galiléo,
Etelka Barsi- Pataky, a indiqué que le système Galileo serait "les
premières infrastructures communes de l'Europe" et que "ce programme est
un pas vers une Europe plus forte."
PROJET DE DEPLOIEMENT DEFINITIF
Selon le projet, la phase de déploiement du
programme de Galiléo sera entièrement financée par l'UE, qui, en
investissant 3, 4 milliards d'euros, deviendra "le propriétaire de tous les
biens corporels et incorporels créés ou développés".
Les contrats sur la construction des infrastructures
spatiales et terrestres seront divisés en six lots : satellites, lanceurs,
logiciels, relais au sol, centres de contrôle et gestion de
l'ensemble. Les appels à la concurrence de tous lots devraient avoir
lieu dans une procédure unique, et une compagnie ou un groupe ne peut
soumissionner plus de deux des six principaux lots.
Le double sourcing - c'est-à-dire l'utilisation de
deux fournisseurs différents pour un même produit sera appliqué afin
de prévenir d'éventuels abus de la position dominante ou une
éventuelle dépendance à long terme d'un seul fournisseur.
Le projet demande à la Commission européenne (CE) de
fixer les principales exigences techniques pour contrôler l'accès aux
technologies qui assurent la sécurité du système Galiléo. Les Etats
membres devront adopter des règles de sécurité nationales qui garantissent
au moins le même niveau de protection des informations classifiées de l'UE
sur le programme.
SURMONTER DE MULTIBLES OBSTABLES
Le processus d'adoption du projet de déploiement
définitif du système Galiléo s'avérait difficile. Selon le projet initial,
la construction des instructures spatiales et terrestres devait être
financée à hauteur des deux-tiers par huit groupes industriels
européens réunis en consortium. L'exercice a été miné par les
désaccords entre industriels rivaux.
Dans ce contexte, la CE a mis fin aux négociatons en
la matière, et présenté plus tard un projet visant à assurer la poursuite
du progamme de Galiléo, en proposant à l'UE d'allouer 3,4 milliards
d'euros, dont 2,4 milliards d'euros sont issus des subventions du
budget agricole de l'Union, pour soutenir la construction des
infrastructures de ce programme.
Le projet de la CE a fait l'objet d'une opposition
énergique de l'Allemagne, la plus importante source du budget de l'UE.
Celle-ci estimait que l'UE pourrait établir "un précédent" en remplaçant
le secteur privé dans le financement d'un tel programme. Selon des
analystes, l'opposition de l'Allemagne a une autre raison, elle
s'inquiète que même si le problème de financement était réglé,
ses entreprises pourraient encore être écartées des appels à la
concurrence des contrats liés au programme de Galiléo.
La CE a ensuite présenté un projet de partage des
contrats visant à assurer l'égalité dans les appels à la concurrence pour
dissiper les inquiétudes de l'Allemagne et d'autres parties
concernées. L'Allemagne n'a pas manifesté d'objection à ce projet. En
même temps, le Conseil des ministres des Finances de l'UE a approuvé le
projet de financement de la CE, donnant ainsi une garantie de capitaux
pour la poursuite du programme de Galiléo.
Lors d'une session du Conseil des ministres des
Transports de l'UE fin novembre, l'Espagne a une nouvelle fois mis en
cause le projet de partage des contrats. Ce pays voulait disposer, comme
l'Allemagne et l'Italie, d'un véritable centre de contrôle au sol
vérifiant le fonctionnement des futurs satellites du système
Galiléo, au lieu d'abriter seulement un centre au sol chargé du
signal dédié spécifiquement à la protection civile. Après avoir
modifié le texte final pour donner "des garanties suffisantes" à
l'Espagne, le Conseil a abouti à un consensus sur le projet.
CONCURRENCER AVEC LES ETATS-UNIS
Lancé en 2002 par l'UE comme un programme de
recherche stratégique, le projet Galiléo a pour objectif de mettre en
place un système de radionavigation par satellite d'envergure mondiale,
dont la couverture est deux fois de celle du système américain
GPS, et la précision de lacalisation est de l'ordre d'un mètre contre
une dizaine de mètres pour GPS.
Mais avec le problème de financement et d'autres
problèmes, le projet Galiléo progresse très lentement. Jusqu'ici, un seul
satellite expérimental (Giove-A) a été lancé en décembre 2005. Pour
rattraper le temps perdu, l'UE a déjà déclaré qu'un second satellite
expérimental (Giove-B) destiné à valider ce projet, sera lancé le 27 avril
heures locales (le 26 avril GMT) du cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.
Selon informations, si Giove-B fonctionnera bien
comme prévu, les négociations pourraient s'intensifier d'ici l'été pour
l'attribution plus détaillée aux industriels européens des futurs
contrats pour le projet Galiléo, en vue des placer en orbite les 30
satellites à quelque 24.000 km d'altitude avant la fin de 2013.
Une fois réalisé, le système Galiléo peut
non seulement faciliter grandement la vie des citoyens de l'Europe et
d'autres régions, mais aussi apporter d'importants bénéfices économiques
aux secteurs industriel et commercial européens. Le plus important est
que l'établissement du système Galiléo permettra à l'Europe de briser
le monopole de GPS sur le marché mondial et d'occuper une
position avantageuse dans la vague de concurrence mondiale au niveau de la
haute technologie.