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L'UE adopte le projet de déploiement définitif du système Galiléo (PAPIER GENERAL)
  2008-04-24 11:06:17  

     STRASBOURG (France), 23 avril (Xinhua) -- Le Parlement européen (PE) a adopté mercredi à Strasbourg le projet de déploiement  définitif du système européen de radionavigation par satellite ( programme de Galiléo) pour la mise en place de 30 satellites et  d'un réseau terrestre de stations de liaison d'ici 2013. 

     Ce projet a permis enfin le lancement de la phase de  déploiement du programme de Galileo, qui est une initiative  commune de l'Union européenne (UE) et de l'Agence spatiale  européenne (ASE), une organisation intergouvernementale réunissant 17 pays européens. 

     Le rapporteur du PE pour le programme de Galiléo, Etelka Barsi- Pataky, a indiqué que le système Galileo serait "les premières  infrastructures communes de l'Europe" et que "ce programme est un  pas vers une Europe plus forte." 

      

     PROJET DE DEPLOIEMENT DEFINITIF 

     Selon le projet, la phase de déploiement du programme de  Galiléo sera entièrement financée par l'UE, qui, en investissant 3, 4 milliards d'euros, deviendra "le propriétaire de tous les biens  corporels et incorporels créés ou développés".  

     Les contrats sur la construction des infrastructures spatiales  et terrestres seront divisés en six lots : satellites, lanceurs,  logiciels, relais au sol, centres de contrôle et gestion de  l'ensemble. Les appels à la concurrence de tous lots devraient  avoir lieu dans une procédure unique, et une compagnie ou un  groupe ne peut soumissionner plus de deux des six principaux lots.  

     Le double sourcing - c'est-à-dire l'utilisation de deux  fournisseurs différents pour un même produit sera appliqué afin de prévenir d'éventuels abus de la position dominante ou une  éventuelle dépendance à long terme d'un seul fournisseur. 

     Le projet demande à la Commission européenne (CE) de fixer les  principales exigences techniques pour contrôler l'accès aux  technologies qui assurent la sécurité du système Galiléo. Les  Etats membres devront adopter des règles de sécurité nationales  qui garantissent au moins le même niveau de protection des  informations classifiées de l'UE sur le programme. 

      

     SURMONTER DE MULTIBLES OBSTABLES 

     Le processus d'adoption du projet de déploiement définitif du  système Galiléo s'avérait difficile. Selon le projet initial, la  construction des instructures spatiales et terrestres devait être  financée à hauteur des deux-tiers par huit groupes industriels  européens réunis en consortium. L'exercice a été miné par les  désaccords entre industriels rivaux. 

     Dans ce contexte, la CE a mis fin aux négociatons en la matière, et présenté plus tard un projet visant à assurer la poursuite du  progamme de Galiléo, en proposant à l'UE d'allouer 3,4 milliards  d'euros, dont 2,4 milliards d'euros sont issus des subventions du  budget agricole de l'Union, pour soutenir la construction des  infrastructures de ce programme. 

     Le projet de la CE a fait l'objet d'une opposition énergique de l'Allemagne, la plus importante source du budget de l'UE. Celle-ci estimait que l'UE pourrait établir "un précédent" en remplaçant le secteur privé dans le financement d'un tel programme. Selon des  analystes, l'opposition de l'Allemagne a une autre raison, elle  s'inquiète que même si le problème de financement était réglé, ses entreprises pourraient encore être écartées des appels à la  concurrence des contrats liés au programme de Galiléo. 

     La CE a ensuite présenté un projet de partage des contrats  visant à assurer l'égalité dans les appels à la concurrence pour  dissiper les inquiétudes de l'Allemagne et d'autres parties  concernées. L'Allemagne n'a pas manifesté d'objection à ce projet. En même temps, le Conseil des ministres des Finances de l'UE a  approuvé le projet de financement de la CE, donnant ainsi une  garantie de capitaux pour la poursuite du programme de Galiléo. 

     Lors d'une session du Conseil des ministres des Transports de  l'UE fin novembre, l'Espagne a une nouvelle fois mis en cause le  projet de partage des contrats. Ce pays voulait disposer, comme  l'Allemagne et l'Italie, d'un véritable centre de contrôle au sol  vérifiant le fonctionnement des futurs satellites du système  Galiléo, au lieu d'abriter seulement un centre au sol chargé du  signal dédié spécifiquement à la protection civile. Après avoir  modifié le texte final pour donner "des garanties suffisantes" à  l'Espagne, le Conseil a abouti à un consensus sur le projet. 

      

     CONCURRENCER AVEC LES ETATS-UNIS 

     Lancé en 2002 par l'UE comme un programme de recherche  stratégique, le projet Galiléo a pour objectif de mettre en place  un système de radionavigation par satellite d'envergure mondiale,  dont la couverture est deux fois de celle du système américain GPS, et la précision de lacalisation est de l'ordre d'un mètre contre  une dizaine de mètres pour GPS. 

     Mais avec le problème de financement et d'autres problèmes, le  projet Galiléo progresse très lentement. Jusqu'ici, un seul  satellite expérimental (Giove-A) a été lancé en décembre 2005.  Pour rattraper le temps perdu, l'UE a déjà déclaré qu'un second  satellite expérimental (Giove-B) destiné à valider ce projet, sera lancé le 27 avril heures locales (le 26 avril GMT) du cosmodrome  de Baïkonour au Kazakhstan.  

     Selon informations, si Giove-B fonctionnera bien comme prévu,  les négociations pourraient s'intensifier d'ici l'été pour  l'attribution plus détaillée aux industriels européens des futurs  contrats pour le projet Galiléo, en vue des placer en orbite les  30 satellites à quelque 24.000 km d'altitude avant la fin de 2013. 

     Une fois réalisé, le système Galiléo peut non seulement  faciliter grandement la vie des citoyens de l'Europe et d'autres  régions, mais aussi apporter d'importants bénéfices économiques  aux secteurs industriel et commercial européens. Le plus important est que l'établissement du système Galiléo permettra à l'Europe de briser le monopole de GPS sur le marché mondial et d'occuper une  position avantageuse dans la vague de concurrence mondiale au  niveau de la haute technologie.