BOGOTA, 23 avril (Xinhua) -- Le parquet général de
Colombie a ordonné mardi l'arrestation d'un cousin du président colombien
en exercice, Alvaro Uribe, pour ses liens présumés avec un groupe
paramilitaire dans ce pays d'Amérique du Sud.
Ce cousin, nommé Mario Uribe, qui a exercé les
fonctions de sénateur et de président du Parlement, ne pourra pas être
libéré sous caution, précise le communiqué.
Une fois cette nouvelle diffusée, Mario Uribe s'est
aussitôt rendu à l'ambassade du Costa Rica pour demander l'asile politique
au Costa Rica.
Pourtant, il a affirmé qu'il se rendra dans quelques
heures au parquet général de Colombie qui l'accuse de soutenir des crimes
et d'entretenir des liens avec l'Autodéfense unie de Colombie (AUC),
un groupe paramilitaire de droite.
Le parquet général a souligné que l'arrestation de
Mario Uribe avait été ordonnée par un procureur de la Cour suprême de
justice s'occupant en particulier des procès des responsables bénéficiant
d'une protection privilégiée.
Par ailleurs, les responsables du parquet ont
indiqué que Salvatore Mancuso, l'ancien chef de l'AUC, a reconnu avoir
effectué des transactions frauduleuses avec Mario Uribe.
Mario Uribe a démissionné du Sénat en octobre
dernier. Depuis lors, ses accusations sont traitéees par le parquet
général et non plus par la Cour suprême de justice.
Mario Uribe a fait l'objet d'une enquête portant sur
sa rencontre avec Salvatore Mancuso avant les éléctions du 10 mars
2002 et une autre avec l'ancien chef du groupe paramilitaire
Jairo Castillo Peralta en 1998, a révélé le parquet général.
Le sénateur Ricardo Elcure Chacon s'est également
présenté à l'instance judiciaire colombienne lundi depuis l'ouverture
d'une enquête à son encontre.
Jusqu'à présent, quelque 32 législateurs colombiens
ont été emprisonnés, coupables de leurs liens avec l'AUC, et des
centaines de responsables ou militaires colombiens soupçonnés d'avoir des
liens avec ce dernier font l'objet d'enquêtes.
L'AUC forte autrefois de 31.000 hommes armés a
été démobilisée entre 2004 et 2006, conformément à un accord signé avec
le gouvernement d'Alvaro Uribe. Ce groupe paramilitaire est
accusé d'avoir assassiné des centaines de dirigeants agricoles, sociaux
et de syndicats.