ACCRA, 21 avril (Xinhua) -- Oxfam, organisation non
gouvernementale, a invité lundi l'Union européenne (UE) à " repenser"
les accords de libre-échange devant être finalisés cette année pour ne pas
compromettre les perspectives de développement de certains pays
pauvres.
Oxfam a lancé cet appel à l'occasion de la 12ème
session Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement
( CNUCED XII) en cours à Accra, au Ghana.
"S'ils sont finalisés dans leur forme actuelle, les
Accords de partenariat économiques (APE) porteront préjudice aux
populations pauvres et saperont le développement à travers l'Afrique, les
Caraïbes et le Pacifique (ACP)", selon un communiqué de l'ONG publié
lundi à Accra.
"Ces accords se sont écartés du modèle de
développement qu'ils étaient supposés suivre. Le coût sera énorme: des
annuelles de 360 millions de dollars résultant des abaissements tarifaires
seulement pour l'Afrique, en plus de 9 milliards d'euros de
pertes découlant de la mise en conformité pour tous les pays impliqués",
a indiqué Mouhamet Lamine Ndiaye, responsable d'Oxfam chargé de
programme panafricain pour la justice économique.
Oxfam a fait remarquer que dans les APE, les
périodes de transition promises pour la libération allant jusqu'à 25 ans
n'ont été accordées qu'à quelques pays, pour un petit nombre de
produits.
De plus, poursuivit le communiqué, les pays en
développement n'ont bénéficié que d'une possibilité "très limitée" de
conserver toute forme de protection et ont dû y recourir pour des produits
agricoles sur lesquels l'UE verse toujours de fortes subventions
ayant des effets de distorsion des échanges.
Oxfam estime par ailleurs que les règles strictes
sur la propriété intellectuelle proposées par l'UE seraient de nature à
creuser la fracture numérique et à remettre en cause les méthodes
agricoles traditionnelles.
"Dans un accord équitable, l'UE ouvrirait pleinement
ses marchés à toutes les exportations, sans exiger la réciprocité.
Elle laisserait aux pays en développement la liberté politique de
gouverner dans l'intérêt général et de chercher à réaliser
l'intégration régionale selon leurs propres termes. Et elle aiderait
ces pays à devenir plus compétitifs, à générer des emplois décents et à
accéder aux nouvelles technolgies", a indiqué M. Ndiaye.
"Il y a de vastes possibilités d'apporter
un changement réellement positif pour les perspectives économiques des
pays pauvres, et il est encore possible de le faire", a-t-il
souligné.