PORT-LOUIS, 21 avril (Xinhua) -- Le Premier ministre
mauricien, Navin Ramgoolam, a appelé les pays de la Communauté de
développement d'Afrique australe (SADC) à mener des actions
parallèles aux politiques énoncées pour amener la croissance afin de
s'assurer que les pauvres puissent avoir accès aux ressources
productives.
Intervenant lors du Sommet des chefs d'État et de
gouvernement de la SADC, dans la soirée de dimanche, au centre Swami
Vivekananda à Pailles (banlieue sud de la capitale mauricienne), le
chef du gouvernement mauricien a suggéré plusieurs mesures, dont
l'investissement dans les ressources humaines afin de mettre en place une
main-d'Suvre flexible et efficace.
"Réfléchissons sur les moyens visant à améliorer la
productivité au niveau de l'agriculture, d'où 70% de nos populations
tirent leur gagne-pain", a déclaré M. Ramgoolam, invitant les pays de la
région à approfondir les institutions démocratiques et à améliorer la
gouvernance, qui est essentielle à la croissance et à l'allégement de la
pauvreté.
Pour le Premier ministre mauricien, la pauvreté est
le plus grand souci de notre époque. "Il est inconcevable que près d'une
personne sur six dans le monde doive vivre avec moins d'un dollar
par jour, que les plus pauvres, qui représentent 40% de la
population mondiale, n'obtiennent que 5% des revenus mondiaux, que la
pauvreté tue 30 000 enfants quotidiennement, et que plus de 70 millions
d'enfants en âge d'aller à l'école, en majorité des filles, ne vont pas à
l'école primaire", a souligné M. Ramgoolam.
Pour sa part, le Premier ministre norvégien, Jens
Stoltenberg, a axé son intervention sur les changements climatiques qui,
dit-il, ont été causés par les pays riches. "Ceux qui ne sont pas
responsables de cette situation, les pays pauvres, sont ceux qui
vont le plus en souffrir. Donc, ce sont les pays riches qui doivent
prendre la principale responsabilité dans la lutte contre les changements
climatiques", a-t-il déclaré.
Pour M. Stoltenberg, les pays industrialisés doivent
prendre les devants en réduisant les émissions chez eux et en finançant
les mitigations et l'adaptation dans les pays en développement. Il a
estimé que les défis globaux tels les changements climatiques, la
pauvreté, les maladies endémiques et les menaces à la paix et à la sécurité
doivent être résolus par des mesures globales.
"Nous avons besoin d'une organisation des Nations
unies forte et efficace, qui donne des résultats. Nous voulons d'une ONU
qui donne des résultats sur les objectifs du Millénaire", a-t-il
déclaré.
M. Stoltenberg a estimé que le monde est sur la
bonne voie en ce qu'il s'agit de réduire la pauvreté extrême de moitié
d'ici 2015, mais, ajoute-t-il, "nous sommes à la traîne de plusieurs
années par rapport à la réduction de la mortalité infantile et
maternelle". C'est la raison pour laquelle son pays a décidé d'
accorder plus d'attention à ces deux problèmes.
Le président de la SADC, Levy Patrick Mwanawasa, a,
quant à lui, déclaré que cette conférence a lieu parce que les pays de la
SADC sont inquiets du fort pourcentage de leur population qui vit dans
la plus grande pauvreté. "Cette pauvreté existe malgré les
ressources abondantes telles les terres, l'eau, les minéraux, le
capital humain talentueux et autres que l'on trouve dans la
région. Nous sommes tous d'accord que cela est inacceptable", a-t-il
affirmé.
Cependant, a-t-il ajouté, d'énormes progrès ont été
faits dans cette lutte contre la pauvreté dans quelques-uns des pays de la
région. Il a cité le cas de Maurice qui, selon lui, est un " shining
example of the successful countries" (exemple remarquable des pays ayant
connu des succès).
M. Mwanawasa a exprimé sa satisfaction de
constater que dans d' autres pays où la pauvreté est plus prononcée qu'à Maurice,
des progrès réels ont été faits, du moins en freinant sa progression.
Le défi, a-t-il conclu, est d'amener ce progrès le plus
rapidement possible.