( Par BAN Wei)
BERLIN, 21 avril (Xinhua)
-- Les Occidentaux doivent connaître davantage la Chine et soutenir les
réformes réussies de la Chine, du fait que celle-ci est très importante
pour le monde, Thomas Heberer, président des Etudes sur l'Asie orientale à
l'université de Duisburg-Essen, dans une interview à Xinhua.
"La Chine est très importante pour la communauté
internationale et les problèmes mondiaux ne peuvent être résolus sans la
Chine. Ceux qui ne sont jamais allés en Chine se rendront compte peu à
peu du fait que la Chine est complètement différente de ce qu'ils
imaginent", a souligné M. Heberer, qui a travaillé de 1977 à 1981 en
Chine pour l'hebdomadaire Beijing Review.
Pour lui, les couvertures largements négatives par
les médias occidentaux des émeutes au Tibet, ainsi que d'autres questions
chinoises ont avéré une "hystérie" et une "diabolisation de la
Chine".
Le changement de l'"idéalisation" à la
"diabolisation" de la Chine est dû à "la coïncidence d'un certain nombre
de facteurs malheureux", notamment "la détérioration de la description
médiatique de la Chine depuis la fin des années 90", "la crainte de
la délocalisation d'entreprises à l'étranger, notamment vers la Chine", "la
crainte du piratage des produits allemands" et "la crainte d'une
éventuelle domination par la Chine", a indiqué Thomas Heberer, sinologue
allemand de premier plan.
"Ces craintes sont renforcées par les reportages
négatifs sur la Chine. D'autant plus que le gouvernement allemand n'a pas
contrebalancé cette tendance", a regretté M. Heberer qui s'est rendu
pour la première fois en Chine en 1975 et qui a sillionné la terre
chinoise.
La majorité des Allemands et des Européens a très
peu de connaissances sur la Chine et le Tibet, a indiqué M. Heberer,
ajoutant qu'il est encore plus difficile d'avoir des informations
objectives à ce propos sur internet étant donnés la grande quantité
d'informations à trier dans un cyper-espace "démocratisé".
"Ceux qui connaissent peu la Chine ne peuvent avoir
un jugement objectif. Ils croient aux médias qui préfèrent prendre les
sujets qui se vendent", a-t-il expliqué.
"Puisque j'ai visité diverses parties de la Chine
dans le cadre des recherches tous les ans depuis 1981, je connais les
grands changements dans le pays", a poursuivi M. Heberer, qui se
consacre depuis 1981 aux recherches sur le développement social en
Chine.
Le changement fondamental de la fermeture sur
elle-même d'avant les années 70 à l'ouverture au monde extérieur, les
réformes phénoménales de l'économie planifiée rigide à l'économie de
marché, ainsi que le pluralisme et la libéralisation croissant depuis la
fin des années 70, ont fait de la Chine un pays de plus en plus
ouvert et libre, a conclu M. Heberer.
Selon lui, il n'est pas surprenant que la
transformation de l'économie planifiée en celle de marché ait en même
temps apporté à la Chine beaucoup de problèmes, dont l'écart du revenu en
croissance entre régions urbaines et rurales, le développement
déséquilibré entre différentes régions et la corruption.
Il a également observé que le développement du
système légal en Chine reste à la traîne par rapport à la transformation
économique.
Mais "ce sont tous des phénomènes temporaires, qui
pourront être résolus à la fin du processus de transformation", a souligné
M. Heberer.
"En fait, dans un pays tellement grand avec des
structures tellement complexes, les problèmes ne peuvent être résolus
simultanément. La stabilité sociale et la croissance économique sont
actuellement les priorités majeures avec le développement durable", a-t-il
analysé.
"La transformation de la Chine prend du temps et de
la patience. Et la direction chinoise a également prouvé sa capacité de
tirer des leçons des erreurs et de les corriger", a-t-il ajouté.
"L'Allemagne et l'Europe doivent soutenir la Chine
dans sa transformation réussie", a assuré M. Heberer qui refuse le point
de vue qu'il y ait finalement une confrontation entre la Chine en
croissance et l'Occident.