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L'Afrique reste "fortement marginalisée" dans le commerce global"
  2008-04-21 14:56:40  

     ACCRA, 20 avril (Xinhua) -- Le président ghanéen John Agyekum  Kufuor, s'exprimant dimanche à Accra lors de l'ouverture de la  12ème session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce  et le développement (CNUCED XII), a déploré le fait que l'Afrique  continue à être marginalisée dans le commerce international. 

     Il a souhaité que cette conférence contribue à l'adoption de  politiques et d'actions au niveau de la communauté internationale  pour aider à améliorer les conditions du continent africain et lui donner une image plus positive. 

     "Il faut prendre des mesures d'urgence pour stopper la  diminution de la part de l'Afrique dans le commerce international", a-t-il déclaré, rappelant que les exportations africaines, qui  représentaient 5,5% de celles du monde entier en 1960, étaient  tombées à 2,1% en 1995, avant de remonter à 3% en 2006 grâce à la  hausse des prix des produits de base. 

     Quant aux exportations des services de l'Afrique, elles ont  glissé de 3,4% en 1980 à 2,4% en 2006, et l'investissement  étranger direct (IED) en Afrique représentait seulement 0,8% du  total mondial en 2007, a fait remarquer M. Kufuor.  

     "Sans aucune doute, l'Afrique reste fortement marginalisée dans le commerce global qui est pourtant en expansion", a-t-il dit. 

     "La globalisation doit être tirée par une grande nécessité  morale pour assurer qu'il n'y ait aucun perdant dans ce processus. Elle doit être bénéfique pour tous et ne doit être au détriment de personne", a souligné le président ghanéen. 

     Il a espéré que la CNUCED XII renforce la lutte contre la  pauvreté et modifie la stratégie de l'assistance à l'Afrique et à  d'autres pays en développement pour les aider à sortir du sous- développement. 

     D'après lui, les objectifs de développement fixés par un pays  et les politiques adotpées pour les réaliser sont fortement  influencés par le situation économique mondiale.  

     "Les pays africains, par exemple, sont soumis aux caprices d'un système global sauvagement compétitif, avec lequel ils ne peuvent  ni contrôler les prix de leurs produits ni protéger leurs  agriculteurs et leurs jeunes industries", a-t-il relevé. 

     "C'est pourquoi les politiques économiques tant nationales  qu'internationales doivent être modifiées pour faire face aux  défis émergeants", a-t-il souligné. 

     Avec l'accélération de la globalisation, a-t-il poursuivi, on  espère qu'un monde ouvert et plus interconnecté fournira davantage d'opportunités pour le commerce, la création de richesses,  l'amélioration des conditions de vie des peuples et de la  situation économique des pays. 

     "Les pays comme le Brésil, la Chine et l'Inde ont fait de  grands progrès à cet égard. Ceci montre qu'avec des politiques  appropriées, les circonstances des autres pays en développement  pourraient aussi être améliorées", a indiqué le président ghanéen. 

     "Il y a d'importantes leçons à tirer du grand impact que le  Bréseil, la Chine, l'Inde et d'autres économies en transition ont  porté sur le commerce et les investissements du monde", a-t-il  estimé. 

     Le président Kufuor a enfin souligné que la pleine intégration  des pays en développement dans l'économie mondiale est bénéfique à tout le monde.  

     "Les perspectives pour des résultats gagnant-gagnant dans le  commerce et les investissements sont réelles et nous ne devons pas nous ralentir dans nos efforts pour réaliser cet objectif", a-t-il dit. 

     La CNUCED XII entamera son débat de haut-niveau lundi par le  thème "Commerce et développement pour la prospérité de l'Afrique : actions et orientations". 

     Selon la CNUCED, ce débat, qui devrait être présidé par le  secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, et modéré par le  secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, vise à  renforcer les engagements de la communauté internationale envers  la promotion d'une croissance économique et d'un commerce  équilibré en Afrique.  

     En dépit d'une croissance économique relativement forte au  cours des dernières années, l'Afrique est encore loin d'atteindre  le plus important des Objectifs du Millénaire pour le  développement (OMD) : la réduction de la pauvreté de moitié d'ici  2015.  

     L'Afrique est aussi à l'honneur du Forum mondial de  l'investissement, tenu parallèlement à la CNUCED XII, du 19 au 22  avril à Accra, au cours duquel des dirigeants d'entreprises, des  ministres, des fonctionnaires de haut-rang et des experts  débattent de l'Afrique en tant que nouveau marché pour les  investissements.