ACCRA, 20 avril (Xinhua) -- Le président ghanéen
John Agyekum Kufuor, s'exprimant dimanche à Accra lors de l'ouverture de
la 12ème session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce
et le développement (CNUCED XII), a déploré le fait que l'Afrique
continue à être marginalisée dans le commerce international.
Il a souhaité que cette conférence contribue à
l'adoption de politiques et d'actions au niveau de la communauté
internationale pour aider à améliorer les conditions du continent africain
et lui donner une image plus positive.
"Il faut prendre des mesures d'urgence pour stopper
la diminution de la part de l'Afrique dans le commerce
international", a-t-il déclaré, rappelant que les exportations africaines,
qui représentaient 5,5% de celles du monde entier en 1960, étaient
tombées à 2,1% en 1995, avant de remonter à 3% en 2006 grâce à la
hausse des prix des produits de base.
Quant aux exportations des services de l'Afrique,
elles ont glissé de 3,4% en 1980 à 2,4% en 2006, et l'investissement
étranger direct (IED) en Afrique représentait seulement 0,8% du
total mondial en 2007, a fait remarquer M. Kufuor.
"Sans aucune doute, l'Afrique reste fortement
marginalisée dans le commerce global qui est pourtant en expansion", a-t-il
dit.
"La globalisation doit être tirée par une grande
nécessité morale pour assurer qu'il n'y ait aucun perdant dans ce
processus. Elle doit être bénéfique pour tous et ne doit être au détriment
de personne", a souligné le président ghanéen.
Il a espéré que la CNUCED XII renforce la lutte
contre la pauvreté et modifie la stratégie de l'assistance à l'Afrique et
à d'autres pays en développement pour les aider à sortir du
sous- développement.
D'après lui, les objectifs de développement fixés
par un pays et les politiques adotpées pour les réaliser sont fortement
influencés par le situation économique mondiale.
"Les pays africains, par exemple, sont soumis aux
caprices d'un système global sauvagement compétitif, avec lequel ils ne
peuvent ni contrôler les prix de leurs produits ni protéger leurs
agriculteurs et leurs jeunes industries", a-t-il relevé.
"C'est pourquoi les politiques économiques tant
nationales qu'internationales doivent être modifiées pour faire face aux
défis émergeants", a-t-il souligné.
Avec l'accélération de la globalisation, a-t-il
poursuivi, on espère qu'un monde ouvert et plus interconnecté fournira
davantage d'opportunités pour le commerce, la création de richesses,
l'amélioration des conditions de vie des peuples et de la situation
économique des pays.
"Les pays comme le Brésil, la Chine et l'Inde ont
fait de grands progrès à cet égard. Ceci montre qu'avec des politiques
appropriées, les circonstances des autres pays en développement
pourraient aussi être améliorées", a indiqué le président ghanéen.
"Il y a d'importantes leçons à tirer du grand impact
que le Bréseil, la Chine, l'Inde et d'autres économies en transition ont
porté sur le commerce et les investissements du monde", a-t-il
estimé.
Le président Kufuor a enfin souligné que la pleine
intégration des pays en développement dans l'économie mondiale est
bénéfique à tout le monde.
"Les perspectives pour des résultats gagnant-gagnant
dans le commerce et les investissements sont réelles et nous ne devons
pas nous ralentir dans nos efforts pour réaliser cet objectif",
a-t-il dit.
La CNUCED XII entamera son débat de haut-niveau
lundi par le thème "Commerce et développement pour la prospérité de
l'Afrique : actions et orientations".
Selon la CNUCED, ce débat, qui devrait être présidé
par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, et modéré par le
secrétaire général de la CNUCED, Supachai Panitchpakdi, vise à
renforcer les engagements de la communauté internationale envers la
promotion d'une croissance économique et d'un commerce équilibré en
Afrique.
En dépit d'une croissance économique relativement
forte au cours des dernières années, l'Afrique est encore loin d'atteindre
le plus important des Objectifs du Millénaire pour le développement
(OMD) : la réduction de la pauvreté de moitié d'ici 2015.
L'Afrique est aussi à l'honneur du Forum mondial
de l'investissement, tenu parallèlement à la CNUCED XII, du 19 au
22 avril à Accra, au cours duquel des dirigeants d'entreprises,
des ministres, des fonctionnaires de haut-rang et des experts
débattent de l'Afrique en tant que nouveau marché pour les
investissements.