ACCRA, 18 avril (Xinhua) -- L'Afrique a enregistré
une forte croissance de l'investissement étranger direct (IED) depuis plus
de vingt ans, passant de 2,4 milliards de dollars en 1985 à 36
milliards en 2006, a indiqué vendredi la Conférence des Nations
Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
Le montant se stabilisait probablement autour de 36
milliards de dollars en 2007, a affirmé la CNUCED dans un communiqué, en
citant le rapport "World Investiment directory: Africa".
Ce rapport est publié à la veille de l'ouverture du
Forum mondial de l'investissement, dans le cadre de la 12e session de
la CNUCED qui se tiendra du 20 au 25 avril à Accra, au Ghana.
En 2006, l'IED représentaient un cinquième environ
de la formation brute de la capitale fixe des pays de l'Afrique. Dans
de nombreux pays, l'IED a augmenté dans le secteur primaire et dans
les services, en partie du fait de l'exploitation des ressources
naturelles et de la mise en oevure de nombreux programmes nationaux
de privatisation.
L'augmentation des entrées d'IED en Afrique,
notamment pendant la période 2001-2007, était due à la fois à l'envolée
des prix des produits de base et à un climat plus favorable aux
investissements.
Cependant, la part de l'Afrique dans l'IED mondial
n'a pas augmenté - 3% environ entre 2000 et 2006, et est restée plus ou
moins équivalente à la part du continent dans le PIB et le commerce
mondiaux.
Par ailleurs, l'essor de l'IED en Afrique a été
déséquilibré. Les plus grands producteurs de ressources naturelles tels
que l'Angola, l'Algérie, la Libye, le Mozambique, le Nigeria et
l'Afrique du Sud ont accueilli plus de trois quarts des entrées
d'IED.
L'Afrique du Sud et le Nigeria représentent 37% du
stock intérieur d'IED en 2006. En outre, la part des entrées d'IED dans
le secteur primaire a augumenté alors que celle dans le secteur
manufacturier a diminué. Plusieurs autres pays africains ont
connu une évolution comparable.
Si les pays développés représentent la plus grande
partie du stock intérieur et des flux d'IED en Afrique, l'investissement
provenant des pays en développement dans ce continent s'est
récemment accru, même s'ils restent relativement modeste.
En particulier, les sociétés transnationales de pays
en développement d'Asie et d'Afrique deviennent des investisseurs
dynamiques sur le continent.
La CNUCED a aussi fait remarquer les efforts
déployés par l'Afrique pour attirer les investissements. De nombreux pays
africains ont révisé leurs lois relatives à l'investissement dans le
but de libéraliser l'entrée et l'activité des sociétés transnationales et
de renforcer la protection de l'investissement étranger.
Le nombre de modifications apportées à la politique
nationale en matière d'IED augmente chaque année en Afrique depuis le
début des années 90, indique la CNUCED.
La conclusion des accords nationaux et
internationaux sur l'investissement est un autre élément important des
efforts déployés par les pays africains pour attirer l'IED. Plus de 70%
des accords ont été signés avec des pays développés. Toutefois, les
accords conclus avec les pays en développement d'autres régions sont de
plus en plus nombreux.
La CNUCED estime que les persperctives à long terme
pour les investissements dans les chaînes de valeur de matières premières
sont bonnes. L'IED dans le pétrole et le gaz et dans d'autres
matéraux devrait se maintenir à un niveau élevé à moyen terme.
L'Afrique pourrait accroître sa part de l'IED
mondial en favorisant les investissements dans la fabrication de biens
primaires et intermédiaires et de composants industriels pour les
marchés régionaux.
Ce secteur, indique la CNUCED, a enregistré
un déclin au cours des dernières décennies. Mais il pourrait connaître
un renouveau si des politiques mieux ciblées sont adoptées.