DAKAR, 17 avril (Xinhua) -- Les pays de la
Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO)
harmonisent leurs politiques pour un code minier uniforme dans l'espace,
ont fait savoir, jeudi à Dakar, des experts de cette institution.
Réunis en atelier de validation du projet de ce code
dans la capitale sénégalaise, des experts de l'ONG OXFAM America et de la
CEDEAO ont soutenu qu'"une démarche uniforme est plus judicieuse
pour une gestion des mines dans la sous-région".
Ce code minier régional dont l'institution juridique
est en cours de validation permettra, selon ces experts, d'arriver à
harmoniser les différentes dispositions qui sont parfois
contradictoires.
"Il est nécessaire d'avoir une vision commune afin
de réduire les impacts en termes de revenus qui ne sont pas ressentis par
les populations et les investisseurs se plaignent des dispositions
des Etats membres", a relevé Mamadou Makhtar Guèye, directeur de
l'intégration économique africaine de la CEDEAO.
"Ce sont les raisons pour lesquelles, a ajouté M.
Gueye, il est impérieux d'avoir des politiques harmonisées". Il a rappelé
que depuis 1990, il a été constaté "un rabaissement des normes dans
le code des pays de la sous-région".
M. Guèye a toutefois a salué cette initiative de
mettre sur pied un code minier commun, pour une exploitation normalisée
des ressources minières, tout en respectant le droit des populations
locales.
"La recherche a montré que moins de 5% de ces
revenus restent dans les Etats et le produit intérieur brut est aux
alentours de 1% alors que ce sont des pays extrêmement riches", a fait
remarquer, pour sa part, Mamadou Bitèye, directeur régional d'OXFAM
America.
"C'est une aberration qu'il faut corriger d'autant
plus que les ressources naturelles, surtout minières, ne sont pas
renouvelables ", a indiqué M. Bitèye qui a estimé qu'il est "important
d'avoir les instruments qui permettent de faire en sorte que cette
industrie, qui a un très fort potentiel, soutienne le développement
durable".
"C'est des superprofits qui sont générés mais qui ne
servent pas à financer les secteurs prioritaires du développement dans
ces pays", a-t-il expliqué.
"Il est important que les instruments soient
harmonisés de ce fait, quand un Etat refuse une offre non avantageuse,
qu'un autre ne va pas l'accepter. C'es le sens du code minier régional de
la CEDEAO", a encore dit le directeur régional d'OXFAM.
Il s'agit, selon lui, d'unir les forces des Etats
pour qu'ils puissent être dans les meilleures conditions pour mieux
négocier les contrats miniers à leur avantage.
L'atelier de validation du projet du code
minier, qui prend fin samedi, est selon Mamadou Bitèye, "la première étape
d'un long processus de consultation".