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La réunion clé de Shanghai sur le dossier nucléaire iranien  éclipsée par l'action de Téhéran
  2008-04-16 14:31:26  

     BEIJING, 16 avril (Xinhua) -- Des responsables des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Chine, Etats-Unis,  France, Grande-Bretagne et Russie) et de l'Allemagne se sont  réunis mercredi à Shanghai, sur la côte orientale chinoise, en vue de discuter d'un plan destiné à relancer les négociations sur le  dossier nucléaire iranien, mais leurs efforts seraient éclipsés  par le dernier geste de Téhéran. 

(Photo: Xinhua)

     Lundi dernier, deux jours avant la réunion de Shanghai, le  président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré que d'autres  pays auront accès à la technologie nucléaire iranienne dans le  cadre des réglementations de l'Agence internationale de l'énergie  atomique (AIEA). 

(Photo: Xinhua)

     "Les expériences et les précieuses réalisations de l'Iran dans  le domaine de l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire  sont accessibles à d'autres pays au sein des réglementations de  l'AIEA", a indiqué M. Ahmadinejad lors d'une rencontre avec le  ministre philippin des Affaires étrangères, Alberto Romulo. 

(Photo: Xinhua)

     Les puissances monopolisatrices "s'efforcent d'empêcher  d'autres pays d'accéder à l'énergie nucléaire pacifique", a-t-il  souligné. Pourtant, la République islamique résistera à ces  pressions et souhaite "restaurer le droit pour toutes les nations  d'acquérir la technologie nucléaire à des fins pacifiques", a  ajouté M. Ahmadinejad. 

     Les propos du président iranien sont intervenus au lendemain de l'annulation, sans préavis, par Gholamreza Aghazadeh, le directeur de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, d'une réunion  avec le secrétaire général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei. 

     Cette réunion initialement destinée aux discussions sur le  programme nucléaire iranien et dont le déroulement a été prévu  lundi à Vienne, a été reportée à un "moment plus opportun", a  rapporté l'agence de presse officielle iranienne, IRNA. 

     Un responsable de l'AIEA a confirmé plus tard cette information, disant qu'aucune raison n'a été donnée pour ce changement  inattendu. 

     D'après un diplomate à Vienne, M. ElBaradei avait projeté de  renouveler, au cours de la réunion, une requête en vue d'obtenir  plus d'informations sur les allégations selon lesquelles Téhéran a essayé de fabriquer des armes nucléaires. 

     La réunion aurait été également centrée sur le dernier  mouvement de Téhéran vis-à-vis des demandes du Conseil de sécurité de l'ONU qui préconise la suspension de l'enrichissement de  l'uranium en Iran, a révélé le diplomate sous couvert de  l'anonymat.  

     TEHERAN REFUSE DE CEDER DU TERRAIN SUR SON DROIT NUCLEAIRE  

     IRNA a rapporté vendredi dernier que l'Iran a installé 492  nouvelles centrifugeuses dans son site nucléaire de Natanz (centre) . 

     "Trois nouvelles cascades de 164 centrifugeuses ont été  installées et sont opérationnelles dans l'usine de Natanz", a  précisé un responsable cité par l'agence. 

     "Les centrifugeuses sont de modèle P-1", a-t-il ajouté. La  machine P-1 est un vieux modèle pour l'enrichissement de  l'uranium. 

     Quelques jours plus tôt, M. Ahmadinejad a déclaré que son pays  a testé un nouveau type de centrifugeuse avancée, ajoutant qu'" elle est plus petite" mais que sa capacité "est cinq fois plus  grande que les machines actuelles (P-1)". 

     Avant la nouvelle installation, l'Iran disposait déjà d'environ 3.000 centrifugeuses à Natanz. La récente annonce est considérée  comme le dernier défi de Téhéran face aux demandes internationales portant sur l'arrêt de ses activités d'enrichissement de l'uranium. 

     Les négociations imminentes des six parties à Shanghai se  concentreront sur le renforcement d'un train de mesures  incitatives sur les plans politique, économique et de la sécurité  offertes en 2006 à l'Iran et le durcissement des sanctions  imposées à son encontre. 

     Depuis décembre 2006, le Conseil de sécurité de l'ONU a imposé  trois sanctions à l'Iran, en raison de son refus d'interrompre ses activités nucléaires contestées. 

     Mohamed Ali Hosseini, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a fait savoir que l'Iran souhaite obtenir une compensation pour les dommages subis à cause des sanctions  internationales, disant que toute négociation sur le dossier  nucléaire iranien doit inclure "la façon d'indemniser son pays". 

     "Aucune décision incapable de garantir les droits de la  République islamique et susceptible de les compromettre ou de les  limiter ne sera acceptée par l'Iran", a-t-il indiqué lors d'une  conférence de presse hebdomadaire à Téhéran. 

     La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères,  Jiang Yu, a annoncé lors d'une conférence de presse que la Chine  soutient depuis toujours la solution pacifique du dossier  nucléaire iranien par le dialogue et les négociations. 

     Elle a appelé toutes les parties concernées à faire preuve de  créativité et de flexibilité, afin de trouver une voie appropriée  pour aboutir à "une résolution totale et durable" du problème.