BEIJING, 14 avril (Xinhua) -- La flambée des prix de
denrées alimentaires, qui a déjà provoqué des manifestations dans des
pays pauvres, a poussé différentes organisations internationales et
gouvernements à réagir en vue d'y trouver une solution.
Les gouvernements des principaux producteurs de riz
asiatiques, notamment la Thaïlande, l'Inde et le Vietnam, ont imposé
immédiatement des restrictions sur l'exportation rizicole dans le
but de satisfaire avant tout leurs demandes alimentaires intérnes.
Le directeur général de l'Organisation des Nations
Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), le Sénégalais Jacques
Diouf, a invité les dirigeants des 191 membres de l'agence onusienne à
un sommet à Rome en Italie, prévu du 3 au 5 juin, pour discuter de
la crise alimentaire.
La Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire
international ( FMI) ont appelé dimanche les bailleurs de fonds à
entreprendre des actions immédiates afin d'aider les pays gravement
atteints par la hausse des prix de l'alimentation.
Le président de la BM, Robert Zoellick, a appelé à
"mettre de l'argent là où notre bouche se trouve" et à agir maintenant
pour aider ceux qui ont faim. Il a exhorté les pays industralisés à
aider à combler le fossé d'aide alimentaire de 500 milliards de
dollars exigés par le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU.
A l'issue d'une rencontre avec le président de la
Commission de l'Union africaine, Jean Ping à Bruxelles, le commissaire
européen au Développement, Louis Michel, a promis d'augmenter l'aide
européenne de 650 millions d'euros (un milliard de dollars) à 1,2
milliards d'euros (1,9 milliard de dollars) pour soutenir le
développement agricole et rural en Afrique.
Il y a une semaine, le Premier ministre britannique
Gordon Brown a demandé à son homologue japonais Yasuo Fukuda d'inscrire
l'impact de la production de biocarburants sur les prix de
denrées alimentaires dans l'ordre du jour du prochain sommet du Groupe
des Huit (G8), prévu en juillet au Japon.
De plus, la ministre allemande du Développement,
Heidemarie Wieczorek-Zeul, a demandé samedi à Washington un renforcement
de la supervision du marché international de biocarburants pour
éviter tout nouveau impact négatif sur les prix de denrées
alimentaires.
MANIFESTATIONS "UN PEU PARTOUT"
La flambée des prix des denrées alimentaires frappe
de plein fouet 37 pays dans le monde, notamment dans les pays à faible
revenu et à déficit alimentaire en Afrique, en Asie et en
Amérique latine, selon la FAO.
Les manifestations violentes, accompagnés de
pillages, contre le manque de denrées alimentaires et la cherté de la vie
sur l'île de Haïti, ont fait au moins six morts et une soixantaine de
blessée et poussé la chute du Premier ministre Jacques Edouard
Alexis.
Samedi après-midi, la mort d'un Casque bleu
nigérian, abattu par des hommes armés non identifiés à Port-au-Prince, a
provoqué même des conflits entre la Mission de maintien de la paix de
l'ONU et des manifestants haïtiens.
A Dacca au Bangladesh, quelque 20.000 personnes ont
protesté ce week-end contre la cherté de la vie et le niveau bas de
salaires.
En Afrique, la flambée des prix des denrées
alimentaires a provoqué des manifestations plus ou moins violentes en
Egypte, au Cameroun, en Côte d'Ivoire, au Sénégal et au Burkina
Faso.
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées
dans les manifestations, fin mars et début avril, contre la cherté de la
vie à Abidjan, la capitale économique de la Côte d'Ivoire.
Au Burkina Faso, les travailleurs ont organisé une
grève générale du 8 au 9 avril dans l'emsemble du pays pour manifester
contre la vie chère, tout en réclamant une augmentation de salaire de
25% et une baisse des prix des produits de première nécessité.
Parallèlement, des grèves générales contre
la hausse des prix ont éclaté dans le nord de l'Egypte, et se sont soldés
par des violentes manifestations, voire des émeutes, durant
la deuxième semaine du mois courant.