NAIROBI, 13 avril (Xinhua) -- Le président kenyan
Mwai Kibaki a annoncé dimanche après-midi la formation tant attendue d'un
nouveau gouvernement de coalition, mettant fin aux trois mois de
crise dans ce pays d'Afrique de l'est.
L'annonce de la formation du nouveau gouvernement,
retransmise en directe par la radio et la télévision, intervient après une
journée de consultations entre le président Kibaki et Raila
Odinga, leader du Mouvement démocratique orange (ODM, opposition), au
Sagana State Lodge samedi, qui ont abouti à une percée dans les
négociations sur la formation du grand gouvernement de coalition.
Le président Kibaki a nommé Raila Odinga, âgé de 63
ans, Premier ministre, à la lumière de l'accord sur le partage du
pouvoir conclu sous les auspices de l'ancien secrétaire général
de l'ONU, Kofi Annan.
A cette occasion, M. Kibaki a également nommé deux
vice-Premiers ministres en la personne de Uhuru Kenyatta, fils du fondateur
du Kenya Jomo Kenyatta, et l'ancien vice-président Musalia Mudavadi.
Le nouveau gouvernement remplace celui formé
rapidement par le président Kibaki au début de l'année suite à l'accusation
de fraude électorale portée à son encontre par M. Odinga.
Dans le nouveau gouvernement, le parti de M. Kibaki
obtient les ministères des Finances, de la Sécurité nationale, de la
Défense et de l'Energie, tandis que l'ODM de M. Odinga occupe les
portefeuilles du gouvernement local, de l'immigration, des routes et
des services publics.
En ce qui concerne M. Kenyatta, il assumera
également les fonctions du ministre du Commerce, et quant à William Ruto,
grande figure de l'ODM, il sera ministre de l'Agriculture.
Rappelons que la crise politique du Kenya a éclaté
après l'annonce du résultat controversé de l'élection présidentielle du
27 décembre dernier, qui ont donné M. Kibaki vainqueur. Ce résultat
a entraîné une vague de violences dans le pays, qui s'est soldée par
quelque 1 000 morts et plus de 350 000 déplacés.
Un accord de partage du pouvoir a été signé le
28 février, mais sa mise en oevure avait rencontré des difficultés quant
à l'envergure du nouveau gouvernement et la distribution des
postes ministériels.