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Sénégal : abandon de la choloroquine s'avère positif dans la lutte contre le paludisme
  2008-04-11 13:07:53  

     DAKAR, 10 avril (Xinhua) -- L'abandon en 2003 de la  chloroquine comme traitement préventif et curatif du paludisme au  Sénégal, encore impensable au début des années 1990, a eu une  incidence positive sur la lutte contre le paludisme, rapporte  jeudi l'Agence de presse africaine. 

     "Quatre années après l'abandon de la molécule, la prévalence du paludisme a accusé un repli conséquent dans les villes", a dit  mercredi le directeur de recherche à l'Institut de recherche pour  le développement (IRD) basé dans la capitale sénégalaise, le Dr  Jean François Trape. 

     Selon le chercheur français qui a animé une conférence au  Centre culturel français, la prévalence du paludisme est tombée  autour de 2% dans zones urbaines et touche essentiellement les  enfants âgés de 0 à 6 ans. 

     La capitale, Dakar, n'affiche plus le même taux de mortalité,  en dépit du ratio encore important des consultations pour accès  palustre - un tiers des consultations est à mettre sur le compte  du paludisme. 

     L'inflexion du paludisme meurtrier chez les adultes, après un  seuil de résistance culminant sur l'ensemble du pays en 1993,  découle, d'un côté, de l'abandon de la prophylaxie et traitement  avec la chloroquine et l'association de nouveaux médicaments en  2004, de l'autre côté, selon le Dr Trape. 

     "La chloroquine qui a été un médicament de base en Afrique  depuis 1950 pour le traitement et la prophylaxie du paludisme a  connu des premiers cas de résistance du parasite en 1978 en  Afrique de l'Est. Des poches de résistance seront enregistrées en  1988 à Dakar avant que l'ensemble du pays ne devienne résistant  entre 1990 et 1993", a expliqué le directeur de recherche de l'IRD. 

     "On est passé de zéro cas de résistance en 1987 à Dakar à 51%  en 1990, dans l'intérieur le rapport de résistance était de zéro  en 1989 et 48% en 1991. Au regard des chiffres, la résistance a  été explosive, c'est clair", a-t-il affirmé. 

     Une étude en 1998, consacrée à la publication des résultats, va permettre de 1999 à 2002 une autre pilote celle-là à l'intérieur  du pays, avec l'introduction contrôlée de l'association d'une  molécule d'origine chinoise (artésunate) et l'amodiaquine ( camoquin). En 2002 le Sénégal opte pour un déploiement permanent. 

     L'efficacité des nouveaux médicaments prouvés en 2003, le  Sénégal abandonne officiellement la chloroquine et sollicite en  2004 le financement des nouveaux médicaments. 

     Depuis 2006, le gouvernement du Sénégal a opté officiellement  pour le déploiement général des combinaisons à base de la molécule d'origine chinoise. Trois millions de traitement associant cette  molécule et l'amodiaquine étaient réceptionnés à Dakar, a indiqué  le chercheur. 

     Mai 2006, les nouveaux médicaments sont mis en place dans les  51 districts sanitaires du Sénégal à des coûts accessibles allant  de 600 francs CFA et la moitié pour les traitements adulte et  enfant. 

     Les autorités et les professionnels de la santé continuent  d'affirmer que le paludisme est la première cause de mortalité au  Sénégal, en dépit des avancées médicales indiquées par le  chercheur français.