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FMI : les turbulences financières causent des pertes de 945 MDS USD au monde
  2008-04-09 13:51:55  

     WASHINGTON, 9 avril (Xinhua) -- Les récentes turbulences  financières à l'échelle mondiale, provoquées par l'effondrement du marché immobilier américain, dû à la crise des "subprimes",  pourraient entraîner des pertes à hauteur de 945 milliards de  dollars au monde, a estimé mardi le Fonds monétaire international  (FMI) dans un nouveau rapport. 

     "Le système financier mondial a indubitablement connu des  tensions grandissantes depuis octobre 2007 et les risques qui  pèsent sur la stabilité financière demeurent toujours élevés", a  mis en garde le FMI dans son dernier Rapport sur la stabilité  financière dans le monde (GFSR). 

     PERTES COLOSSALES 

     "La crise a dépassé les confins du marché américain des " subprimes", pour toucher concrètement les principaux marchés  immobiliers d'entreprise et résidentiel, le crédit à la  consommation et le crédit aux entreprises", a expliqué le FMI dans ce rapport. 

     Les Etats-Unis demeurent l'épicentre du phénomène, mais les  institutions financières d'autres pays n'ont pas été ainsi  épargnées, du fait des mêmes conditions financières mondiales trop favorables et des faiblesses des systèmes de gestion et de  contrôle des risques dans différents pays. 

     La chute des prix immobiliers aux Etats-Unis et la montée des  impayés pourraient entraîner des pertes globales, crédits  immobiliers et titres connexes confondus, de quelque 565 milliards de dollars, avec une détérioration des crédits de première qualité. 

     Cependant, le montant des pertes pourrait atteindre jusqu'à 945 milliards de dollars, si l'on ajoute d'autres catégories de prêts  et de titres initiés ou émis aux Etats-Unis et se rapportant à  l'immobilier commercial et au crédit à la consommation et aux  entreprises. 

     Soulignant que ses estimations sur les pertes financières  mondiales demeurent néanmoins "incomplètes", l'institution  financière internationale a mis en garde contre des coûts réels  plus importants. "Nos estimations reposent certes sur des données  peu précises en matière d'engagements et d'évaluations, mais elles signalent un surcroît de tensions sur les fonds propres bancaires  et d'autres dépréciations". 

     "De plus, en ajoutant les pertes des institutions financières  non bancaires, le système bancaire risque de subir d'autres  contrecoups à mesure que le débouclage des opérations de levier se poursuivra", estime le rapport. 

     TURBULENCES ET IMPACTS 

     "Les marchés financiers sont actuellement tourmentés par des  tensions considérables, en raison d'une combinaison de trois  facteurs", a indiqué Jaime Caruana, directeur du département des  marchés monétaires et de capitaux du FMI. 

     "Tout d'abord, le bilan des institutions financières fortement  affaibli, ensuite la poursuite de la réduction du ratio  d'endettement et la diminution incessante des prix des actifs et  enfin l'environnement macroéconomique plus difficile en raison du  ralentissement de la croissance économique du monde", a-t-il  précisé. 

     La crise a réduit les capitaux et les financements  d'institutions financières importantes, qui sont obligées de faire face à des risques systématiquement plus élevés. Celles-ci devront recourir à l'augmentation de leurs capitaux propres ou à la  diminution de leurs réserves pour s'attaquer aux perturbations en  cours, indique le rapport. 

     En outre, les turbulences financières alimentent les risques  pour la stabilité financière du monde, forcent potentiellement les institutions à réduire davantage leurs crédits, et pourraient  encore susciter des conséquences plus sérieuses pour la situation  macroéconomique, prédit le rapport. 

     Cependant, M. Caruana a fait remarquer que "les récentes  opérations de la Réserve fédérale américaine (Fed) pour résoudre  l'affaire de Bear Stearns et sa décision d'étendre des liquidités  à un plus grand nombre d'entités financières ont évité certaines  séquelles, bien que les pressions sur les financements persistent  toujours". 

     Les marchés émergents ont jusqu'ici été relativement moins  touchés par les effets catastrophiques sur les marchés  industrialisés, mais à cause des conditions financières trop  favorables et du taux d'intérêt peu élevé avant la crise, certains d'entre eux s'avèrent plus risqués aujourd'hui. 

     Les pays émergeants, notamment ceux d'Europe, ont connu ces  dernières années un fort essor de crédits. Certains d'entre eux  sont particulièrement vulnérables quant aux turbulences  financières, après avoir subi de grands déficits sur leur compte  courant, financé par les dettes privées ou les flux de  portefeuille.  

     CONTRE-MESURE PRIORITAIRE 

     Le FMI, institution financière internationale basée à  Washington, a considéré juguler la propagation de remous vers  d'autres marchés et redresser le bilan des banques comme la  politique prioritaire des pays concernés. 

     "Il faudra notamment veiller à ce que les grandes institutions  financières d'importance continuent d'agir promptement pour  assainir leur bilan, mobiliser des fonds propres et des  financements à moyen-terme, même s'il est plus coûteux de le faire dès à présent, et ce afin de rétablir la confiance et d'éviter que le mécanisme du crédit ne s'affaiblisse davantage", a recommandé  le FMI dans le rapport analytique. 

     Bien que plusieurs investisseurs, dont des fonds souverains,  aient déjà apporté des capitaux, d'autres injections sont  vraisemblablement nécessaires pour contribuer à recapitaliser les  institutions", a-t-elle ajouté. 

     Par ailleurs, il est impératif que les autorités nationales  publient plus rapidement des informations substantielles sur les  institutions financières et clarifient des rumeurs circulant sur  le marché financier, tout en fournissant à temps des informations  exactes en ce sens, a souligné le FMI.