NEW DELHI, 7 avril (Xinhua) -- Les préparations du
Sommet du Forum Inde-Afrique prévu les 8 et 9 avril se poursuivaient lundi
à New Delhi.
Les dirigeants de 14 pays africains devraient
participer à ce sommet, qui pour beaucoup est le plus important événement
diplomatique en Inde en 2008. Ces 14 pays africains sont
l'Algérie, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, l'Egypte,
l'Ethiopie, le Ghana, la Libye, le Kenya, le Nigeria, le Sénégal,
l'Afrique du Sud, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie.
Ce sommet se focalisera sur la mise au point d'un
partenariat plus contemporain dans les domaines phare, notamment le
commerce, les investissements et l'énergie, et dans la coopération sur des
questions globales telles que les réformes de l'ONU, le terrorisme et
le changement climatique à la lumière des changements politiques et
économiques qui ont transformé l'Inde et les pays africains ces vingt
dernières années.
RELATIONS HISTORIQUES:
Les dirigeants indiens souligneront qu'il ne
s'agissait pas seulement d'une opportunité pour établir des relations
commerciales entre l'Inde et l'Afrique, mais également d'un moyen
pour l'Inde et l'Afrique de renforcer leurs relations historiques et
de travailler ensemble à l'avenir en tant que partenaires.
Anand Sharma, secrétaire d'Etat indien pour les
affaires extérieures, a auparavant dit : "L'Inde a toujours soutenu au fil
des ans les mouvements de liberté de l'Afrique - et elle continuera
aujourd'hui à être un partenaire du développement économique de l'Afrique
puisqu'elle émerge comme une puissance économique montante."
OBJECTIFS COMMUNS:
L'Afrique et l'Inde, densément peuplées, partagent
le désir commun de sortir de la pauvreté des millions de personnes. Nombre
de pays africains sont confrontés aux mêmes problèmes que l'Inde
concernant la santé et l'éducation.
RESSOURCES NATURELLES:
Alors que les entreprises des deux régions cherchent
des opportunités d'investissements les unes chez les autres, le
gouvernement indien vise particulièrement un accès au pétrole de
l'Afrique. Selon les estimations, les ressources en pétrole et en
gaz non exploitées de l'Afrique représentent une richesse estimée à
30 milliards de dollars.
PARTENAIRES ECONOMIQUES:
Au prochain sommet, l'Inde devrait tenter de faire
la cour aux dirigeants africains avec son expertise dans certains
domaines, notamment les technologies de l'information et de la
communication et l'éducation. Mais des responsables africains ont exprimé
l'idée que l'investissement en Afrique doit être pour le long terme.
"L'Afrique n'est plus intéressée par les partenaires
économiques qui ont une mentalité coloniale, ou qui convoitent
simplement nos ressources naturelles", a indiqué Francois Moloi, le
Haut Commissaire sud-africain en Inde.
Le commerce de l'Inde avec l'Afrique est en
croissance rapide ces dernières années. L'Inde a singé des accords
commerciaux avec 29 pays africains. Les échanges commerciaux entre l'Inde
et l'Afrique sont passés de 5,5 milliards de dollars en 2001-2002 à
30 milliards de dollars en 2007-08.
SOUTIEN POLITIQUE:
L'Inde, qui aspire à devenir membre permanent du
Conseil de sécurité de l'ONU, cherche le soutien crucial des pays
africains pour apporter des réformes à l'organisme mondial.
New Delhi a également invité l'Afrique à se joindre
à elle dans la lutte contre le terrorisme, répondre au changement
climatique et faire en sorte que la vision de faire du cycle de Doha des
négociations de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) un cycle de
développement devienne une réalité.
RESULTATS ESPERES:
Le sommet sera sanctionné par deux documents: la
Déclaration de Delhi et le Cadre pour la coopération Afrique-Inde.
La Déclaration de Delhi sera un document politique
sur les intérêts bilatéraux, régionaux et internationaux pour l'Inde et
l'Afrique et sur les positions concernant la réforme des Nations
unies, les changements climatiques, l'OMC et le terrorisme
international.
Le Cadre de Coopération concernera la coopération
dans les ressources humaines, le renforcement de la capacité
institutionnelle, l'éducation, les sciences et technologies,
l'agriculture, la productivité, la sécurité alimentaire et le
développement du secteur de la santé et des infrastructures.