DAKAR, 7 avril (Xinhua) -- "En laissant entendre
qu'il voulait renoncer à l'indépendance du Tibet, le Dalaï Lama nourrit en
réalité l'ambition de créer, en Chine, 'un pays dans le pays' et de
parvenir à une indépendance du Tibet qui ne dit pas son nom", a réaffirmé
l'ambassadeur de Chine au Sénégal, lundi, à l'Agence de presse
Xinhua.
Lu Shaye s'est étendu sur la question du Tibet en
s'adressant tout dernièrement à l'Ecole nationale d'Administration (ENA)
au sujet brûlant de la démocratie en Chine.
"Derrière les émeutes survenues en mars dernier à
Lhassa, chef- lieu de la Région autonome du Tibet, se cachait la clique du
Dalaï Lama, longtemps en exil à l'étranger et c'est elle qui les a
minutieusement préméditées, fomentées et organisées afin de
torpiller la stabilité sociale du Tibet et la solidarité entre
l'ethnie tibétaine et celle des Han (majorité de la population
chinoise) et d'inciter la communauté internationale à boycotter les
Jeux olympiques de Beijing en exerçant des pressions sur le gouvernement
chinois, dans la tentative de parvenir ainsi à l'indépendance du Tibet et
pour la sécession de la Chine", a dénoncé le diplomate chinois.
Lu Shaye a qualifié le Dalaï Lama de "moine
politicien" qui, épaulé par les forces étrangères anti-chinoises, se livre
depuis longtemps à des activités visant la sécession de la Chine.
Après avoir rappelé, faits historiques à l'appui,
l'appartenance du Tibet à la Chine depuis le 13e siècle,
l'ambassadeur chinois a indiqué qu'un régime de servitude doublé du
pouvoir administratif et religieux, "mille fois pire que celui de l'Europe
du Moyen-Age", a été pratiqué au Tibet sous le règne des Dalaï Lama.
"Les serfs, qui représentaient 95% de la population
tibétaine, privés de droits et de liberté, n'étaient qu'une partie de la
fortune de leurs maîtres absolus qui pouvaient décider de leur vie ou
de leur mort comme des bêtes de somme. Un tel régime a duré jusqu'en 1959,
année où le gouvernement central chinois a procédé à la réforme
démocratique au Tibet", a expliqué le diplomate chinois.
"Hostile à cette réforme démocratique, l'actuel et
le 14e Dalaï Lama s'est enfui à l'étranger après l'échec de la rébellion
armée qu'il avait lancée au Tibet en 1959", a-t-il ajouté.
"Avec le soutien matériel et financier des forces
occidentales anti-chinoises, le Dalaï Lama a poursuivi ses activités de
subversion par les armes contre le gouvernement local du Tibet et
pour la sécession de la Chine. Sachant que de telles activités sont
vouées à l'échec, le Dalaï Lama a changé son fusil d'épaule au milieu des
années 1980 du siècle dernier en prônant des 'négociations pacifiques'
avec le gouvernement central chinois. En réalité, il n'a jamais bougé dans
sa position de l'indépendance du Tibet et n'a fait aucune preuve de
sincérité pour ce qu'il appelait des 'négociations pacifiques'", a martelé
l'ambassadeur.
"En prétendant renoncer à l''indépendance du Tibet',
le Dalaï Lama réclame la suppression du système d'autonomie régionale des
ethnies minoritaires actuellement en application et la création d'un
'Grand Tibet' dont la superficie dépasse largement celle de l'actuel
Tibet, ainsi que le départ de tous les habitants non tibétains de cette
région", a dénoncé Lu Shaye.
"Cette revendication, qui relève purement et
simplement du racisme, vise à créer en Chine 'un pays dans le pays' et à
parvenir à une indépendance du Tibet qui ne dit pas son nom", s'est
indigné l'ambassadeur.
Lu Shaye a également dénoncé le "role déshonorant"
qu'ont joué les médias occidentaux qui, par falsicifation de photos ou par
diffusion de mensonges, ont complètement déformé les faits dans
leurs reportages sur ce qui s'est passé au Tibet.
Ils sont allés jusqu'à qualifier les émeutes de
"manifestations pacifiques" et les émeutiers qui mettaient Lhassa à feu et
à sang de "défenseurs des droits de l'homme". Peut-on alors trouver un
brin d'équité et de justice dans ces reportages? s'est interrogé le
diplomate chinois, soulignant que ces médias sont devenus tout simplement
les "porte-paroles et les complices de la clique du Dalaï Lama".