NIAMEY, 7 avril (Xinhua) -- Une session hors siège
de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique
de l'Ouest (CEDEAO) s'est ouverte lundi à Niamey en vue de statuer
sur des pratiques esclavagistes.
Cette session, 2ème genre, est dite "hors siège" du
fait qu'elle se déroule hors du siège de la Cour basée à Abuja
(Nigeria) , et elle a pour objet l'examen d'une procédure opposant Mme
Hadjatou Mani Korao à l'Etat du Niger.
La jeune femme, âgée de 21 ans, originaire du canton
de Doguérawa (région de Tahoua, 550 km au nord de Niamey) a saisi la
Cour de justice de la CEDEAO en tant que victime des pratiques
esclavagistes.
"La présente session, sans être une mission de
sensibilisation, permettra encore une fois de mieux faire connaître la Cour
de justice de la CEDEAO par les professionnels de droit et par la
société civile", a déclaré Mme Aminata Malé Sanogo, présidente de
cette juridiction ouest-africaine, à l'ouverture du procès.
Elle a aussi ajouté qu'il est nécessaire que la cour
communautaire et les juridictions nationales dans les Etats membres
de la CEDEAO collaborent afin de mettre la justice au service du citoyen
communautaire.
Le président de la Cour suprême du Niger, Abdou
Zakari a pour sa part indiqué que "le Niger est aux termes de la
constitution du 9 août 1999 un Etat de droit démocratique et social et
assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction aucune de sexe,
d'origine sociale, raciale, ethnique ou religieuse".
S'agissant des actes de la requête en examen, il a
indiqué que le code pénal prévoit et punit en ses articles 265 à 270, les
crimes et délits d'esclavage ainsi que les autres infractions
constitutives à la liberté individuelle.
"L'issue de ce procès nous édifiera davantage sur la
vitalité de notre dispositif juridico-institutionnel et partant celle de
l'état de droit et de la démocratie au Niger", a réaffirmé M.
Zakari
La cérémonie officielle d'ouverture de cette session
s'est déroulée en présence du président de l'Assemblée nationale du
Niger, également président du Parlement de la CEDEAO, Mahamane
Ousmane et du Premier ministre nigérien, Seyni Oumarou.
Ce procès s'achèvera vendredi prochain.