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Des scientifiques européens découvrent un premier élément plaidant pour une dépendance génétique à la nicotine
  2008-04-04 09:45:02  

     BRUXELLES, 3 avril (Xinhua) -- Des scientifiques d'un  consortium soutenu par l'Union européenne ont découvert une  mutation d'un gène humain qui provoque une dépendance à la  nicotine, et ont montré que cette mutation agissant sur un  récepteur de la nicotine avait des répercussions sur le  comportement tabagique et provoquait ainsi une augmentation de 30% des risques de cancer du poumon et de 20% des risques de maladie  artérielle périphérique. 

     Ces résultats sont issus du projet européen GENADDICT ( génomique, mécanismes et traitement de la dépendance) qui est  soutenu par un financement d'une valeur de 8,1 millions d'euros  provenant du sixième programme-cadre pour la recherche de l'Union  européenne et des NIH américains (instituts nationaux de la santé). 

     "Cette percée est due non seulement à l'expertise et au  dévouement des chercheurs européens mais également à  l'intensification de la coopération entre les scientifiques  européens. L'Union européenne soutient la recherche dans le  domaine de la santé depuis plus de vingt ans et nous voyons  clairement se manifester les bénéfices de ces collaborations. Cet  effort complète d'autres politiques menées par la Commission  européenne dans le domaine de la santé publique", a déclaré Janez  Potocnik, membre de la Commission européenne (CE) chargé de la  science et de la recherche. 

     La cigarette constitue un problème de santé publique majeur. Le tabac est la première cause de décès évitable dans l'Union  européenne où il est responsable de plus de 500 000 morts par an.  On estime que 25% des décès dus au cancer et 15% de l'ensemble des décès dans l'Union sont dus au tabagisme. 

     Tandis que les risques pour la santé de la consommation de  tabac sont bien connus, on ne sait que relativement peu de choses  sur les raisons qui vont amener certaines personnes à dépendre de  la cigarette et, de ce fait, à accroître leur risque d'être  victime d'un cancer du poumon ou d'autres maladies. 

     La dépendance à la nicotine est considérée comme le principal  facteur du tabagisme prolongé. GENADDICT a pour finalité  d'identifier les gènes qui participent à cette dépendance comme à  d'autres en regroupant les principaux organismes européens de  recherche publics et privés. Il s'agit d'un projet  multidisciplinaire intégré qui établit un lien entre la recherche  en génétique humaine sur des patients dépendants et des études  génomiques sur les souris. 

     GENADDICT représente un travail important de coopération entre  12 équipes de 7 pays européens dont l'Islande, le Royaume-Uni,  l'Espagne, l'Allemagne, la Pologne et la Hongrie. 

     La mutation qui contribue au phénomène d'addiction à la  nicotine est localisée sur le chromosome 15q24 et a un effet sur  un récepteur nicotinique de l'acétylcholine dans le cerveau. Une  étude menée sur 11 000 fumeurs islandais participant au projet de  recherche a montré que cette mutation était plus courante chez les grands fumeurs que chez l'ensemble des fumeurs et que dans la  population en général. 

     Une corrélation a également été établie entre la présence de  cette mutation et la probabilité d'un diagnostic clinique de  dépendance à la nicotine. Des comparaisons entre fumeurs actuels  et anciens fumeurs ont montré que les porteurs de ce gène muté  tendaient à fumer plus et avaient moins de chances d'arrêter de  fumer. 

     Cette mutation est moins courante parmi les fumeurs consommant  moins de dix cigarettes par jour que parmi les non-fumeurs, ce qui soutient l'idée qu'elle n'influence pas la décision de commencer à fumer mais qu'elle provoque plutôt un risque de dépendance à la  nicotine chez ceux qui commencent. 

     Les nouveaux résultats des recherches de scientifiques  européens constituent une étape importante dans l'identification  des facteurs de risque génétiques ainsi que des gènes jouant un  rôle dans le phénomène de dépendance. La dépendance est une  pathologie du cerveau courante en Europe pour laquelle il n'y a,  cependant, guère eu d'avancées dans le traitement médicamenteux au cours des vingt dernières années.