ABIDJAN, 2 avril (Xinhua) -- Des organisations de la
société civile ivoirienne dénoncent la répression des manifestations de
rue contre la flambée des prix des denrées de première nécessité qui
a fait un mort et des dizaines de blessés à Abidjan la capitale
économique.
"Nous condamnons cette propension trop facile des
pouvoirs publics à utiliser la force et la brutalité face à des
revendications légitimes, vitales et pacifiques des populations",
écrivent la Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO), la
Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) et l'Organisation
nationale pour l'enfant, la femme et la famille ( ONEF) dans un communiqué
publié mercredi.
Ces organisations déplorent "l'attitude des
autorités publiques de ne se préoccuper que des questions politiques et
électorales au lieu de prendre en compte d'une façon plus
sérieuse les questions de survie des populations".
Mardi soir, au deuxième jour des manifestations, le
président Laurent Gbagbo a annoncé dans un message à la télévision
nationale des "mesures urgentes" face à la hausse des prix et appelé la
population au calme.
Ces mesures concernent la réduction de 50% de la TVA
sur le lait, la tomate en conserve, l'huile de palme raffinée et le
ciment jusqu'au 30 juin.
M. Gbagbo a également annoncé la suspension des
droits de douane à l'importation pour le lait, l'huile de palme, le sucre,
la farine, le blé, le poisson, le riz pour trois mois également.
Les manifestations contre la cherté généralisée de
la vie ont éclaté lundi. Des groupuscules de personnes ont érigé dans
divers quartiers populaires d'Abidjan des barricades et brûlé des pneus
avant d'être dispersés à coups de gaz lacrymogène par les forces de
l'ordre.
Les affrontements ont fait un mort par balle et
des dizaines de blessés, selon des manifestants.