BRDO (Slovénie), 30 mars (Xinhua) -- Les ministres
des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont bouclé samedi leur
réunion informelle de deux jours à Brdo (Slovénie), avec un
consensus sur un rapprochement avec la Russie et la région des
Balkans Ouest.
Les 27 chef de la diplomatie qui ont abordé au
premier jour de discussions le dossier du Moyen-Orient, semblent être plus
préoccupés par les relations délicates avec la Russie.
La réunion s'inscrit dans le cadre des préparatifs
pour le prochain sommet entre l'UE et la Russie, prévu au mois de juin en
Sibérie, premier du genre entre l'UE et le nouveau président élu
russe Dmitri Medvedev.
Le changement de la direction en Russie a alimenté
un espoir pour l'UE d'améliorer ses relations avec la Russie, mises à mal
par les perturbations énergétiques, la stagnation d'un nouvel accord
de partenariat et les derniers différends dûs à l'indépendance
autoproclamée du Kosovo.
"Nous aurons bientôt une nouvelle administration
russe, un nouveau président russe et un nouveau Premier ministre. Même si
je ne m'attendais pas à un changement radical de la politique, je
pense qu'il y a une opportunité et que nous devons profiter de cette
opportunité pour ouvrir un nouveau chapitre dans notre partenariat avec la
Russie", a déclaré la commissaire européenne Benita Ferrero-Waldner.
Les points de vue de la commissaire ont été partagés
par le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter
Steinmeier.
"La Russie a voté. M. Medvedev sera le nouveau
président, et je crois qu'il y a une opportunité dont on peut tirer
profit", a-t-il fait savoir aux journalistes à son arrivée pour la
réunion.
Le ministre britannique des Affaires étrangères
David Miliband a considéré le changement de la direction à Moscou comme
étant "un moment important pour les relations européennes avec la Russie",
soulignant que les relations bilatérales doivent être fondées sur un
pied d'égalité.
Les ministres de l'UE ont tous insisté sur la
nécessité de sortir de l'impasse les négociations sur un nouvel accord de
partenariat avec la Russie, suspendues il y a deux ans.
Le nouvel accord de partenariat se substituera à
l'ancien accord commercial pour couvrir des domaines élargis allant du
commerce à l'énergie, des droits de l'Homme à la coopération
politique.
Pourtant, les négociations ont été effectivement
boycottées par la Pologne et la Lithuanie dès leur début en 2006, après que
la Russie eut imposé un embargo de deux ans sur les produits bovins
polonais et coupé l'alimentation en pétrole d'une raffinerie
lituanienne, acquise par une compagnie polonaise.
Malgré les différends, le ministre slovène des
Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, dont le pays assume actuellement la
présidence tournante de l'UE, s'est déclaré optimiste.
"Nous sommes tous favorables à ce qu'un mandat de
négociation soit finalisé et adopté au plus vite. Nous souhaitons que cela
intervienne en avril pour que nous puissions entamer les
négotiations sous la présidence slovène", dont le mandat expirera au
mois de juin, a-t-il déclaré.
Aux dires de Mme Ferrero-Waldner, les pays de l'UE
doivent agir de manière cohérente dans la gestion des relations avec la
Russie, notamment sur le dossier du nouvel accord de partenariat, ce qui
est dans l'intérêt global du bloc.
"Je pense que cet accord (de partenariat) constitue
une voie par laquelle nous pouvons nous servir maximalement du levier de
négociation collective pour atteindre des résultats qui sont dans
nos intérêts", a-t-elle fait remarquer.
LA SERBIE MISE EN EPREUVE DEVANT SON INTEGRATION AU
PRIX DU KOSOVO
Au deuxième jour de discussions, les représentants
européens ont aussi abordé l'intégration de la région des Balkans Ouest
dans l'UE.
"Cette année peut être une année décisive pour les
Balkans Ouest ... Je suis très convaincu que nous pourrons accélérer le
processus d'intégration européenne cette année", a noté le
commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn.
Les ministres européens ont convenu de donner une
nouvelle impulsion à l'agenda Salonique, une stratégie visant à intégrer
les Balkans Ouest, dont l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la
Croatie, la Macédoine, le Monténégro et la Serbie.
Toutefois, le ministre serbe des Affaires
étrangères, Vuk Jeremic, a choisi de rencontrer séparément ses homologues
européens, au lieu de joindre d'autres pays balkaniques samedi,
suite à la présence du Premier ministre kosovar Hashim Thaci.
La perspective de la Serbie dans l'UE est obscurcie
par l'indépendance autoproclamée du Kosovo et sa coopération avec le
Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie.
Samedi, M. Jeremic a réaffirmé l'engagement de
Belgrade de poursuivre la voie d'intégration dans l'UE, qui ne peut
toutefois se faire au prix du Kosovo.
Par ailleurs, les ministres européens ont rejeté
l'appel au boycott des Jeux Olympiques 2008 de Beijing suite aux émeutes
au Tibet.
"Nous devons séparer les questions du dialogue
sur les droits de l'Homme et du dialogue interculturel etc. avec
les événements tels que les Jeux Olympiques et la participation à
ces événements", a expliqué M. Rupel.