LHASA, 29 mars (Xinhua) --
Allongé sur son lit d'hôpital, Liu Dingwei, un policier armé de 19 ans
venu de la municipalité de Chongqing (sud-ouest), ressent encore de vives
douleurs quand il se tourne.
Le 14 mars à environ 13h30, Liu a eu un morceau de
chair arraché de sa fesse gauche alors qu'il tentait avec d'autres
policiers armés de secourir des personnes attaquées par des
émeutiers près du monastère de Ramogia à Lhasa, capitale du Tibet.
"Des centaines de personnes, pour la plupart de
jeunes Tibétains et quelques moines, ont utilisé des bâtons, des pierres
ou des couteaux pour s'attaquer à nous et à d'autres Hans",
a-t-il dit.
Durant les émeutes, les policiers n'ont jamais
obtenu la permission de "répliquer". Ils pouvaient seulement compter sur
leurs boucliers et leurs casques, qui ont été rapidement brisés.
Pour finir, le policier a été frappé à la tête par
une pierre et a perdu connaissance. Le chef de sa brigade l'a sauvé au
risque de sa propre vie, mais Liu a perdu un morceau de chair et a sept
points de suture sur le crâne.
Chen Chong, 21 ans, venu de la ville de Guang'an du
Sichuan, apparaît plus en colère.
"Malgré la violence des atrocités (des émeutiers),
on nous a demandé de faire preuve de retenue et de ne pas riposter", a dit
ce policier dont les épaules et les jambes ont été tailladées et
dont les yeux sont injectés de sang.
"Ils m'ont frappé à la tête avec des bâtons et m'ont
piétiné comme s'ils voulaient me tuer", a-t-il dit.
Heureusement, Chen a été sauvé par deux Tibétains
qui l'ont caché dans un hôtel.
Un étranger à l'hôtel a pansé ses blessures et a
offert un pull au policier tremblant.
Chen a contacté ses camarades vers 23h00, quand les
émeutes se calmaient, et s'est rendu à l'hôpital.
Les émeutes qui ont frappé la ville sacrée de Lhasa
ont fait 241 blessés et un mort parmi les policiers.
"C'était un mensonge de nous accuser d'avoir attaqué
les émeutiers avec des armes destructrices", a dit Liu Dingwei,
soulignant que s'ils l'avaient fait, les émeutes n'auraient pas
vu tant de policiers blessés.
"De toute façon, je pardonnerai ceux qui m'ont
blessé", a-t-il poursuivi, "ce ne devait pas être leur propre intention,
ils devaient être incités ou forcés par quelqu'un autre".