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Des policiers blessés évoquent les émeutes à Lhasa avec indignation et indulgence
  2008-03-30 15:56:57  

     LHASA, 29 mars (Xinhua) -- Allongé sur son lit d'hôpital, Liu  Dingwei, un policier armé de 19 ans venu de la municipalité de  Chongqing (sud-ouest), ressent encore de vives douleurs quand il  se tourne. 

     Le 14 mars à environ 13h30, Liu a eu un morceau de chair  arraché de sa fesse gauche alors qu'il tentait avec d'autres  policiers armés de secourir des personnes attaquées par des  émeutiers près du monastère de Ramogia à Lhasa, capitale du Tibet. 

     "Des centaines de personnes, pour la plupart de jeunes  Tibétains et quelques moines, ont utilisé des bâtons, des pierres  ou des couteaux pour s'attaquer à nous et à d'autres Hans", a-t-il dit. 

     Durant les émeutes, les policiers n'ont jamais obtenu la  permission de "répliquer". Ils pouvaient seulement compter sur  leurs boucliers et leurs casques, qui ont été rapidement brisés. 

     Pour finir, le policier a été frappé à la tête par une pierre  et a perdu connaissance. Le chef de sa brigade l'a sauvé au risque de sa propre vie, mais Liu a perdu un morceau de chair et a sept  points de suture sur le crâne. 

     Chen Chong, 21 ans, venu de la ville de Guang'an du Sichuan,  apparaît plus en colère. 

     "Malgré la violence des atrocités (des émeutiers), on nous a  demandé de faire preuve de retenue et de ne pas riposter", a dit  ce policier dont les épaules et les jambes ont été tailladées et  dont les yeux sont injectés de sang. 

     "Ils m'ont frappé à la tête avec des bâtons et m'ont piétiné  comme s'ils voulaient me tuer", a-t-il dit. 

     Heureusement, Chen a été sauvé par deux Tibétains qui l'ont  caché dans un hôtel. 

     Un étranger à l'hôtel a pansé ses blessures et a offert un pull au policier tremblant. 

     Chen a contacté ses camarades vers 23h00, quand les émeutes se  calmaient, et s'est rendu à l'hôpital. 

     Les émeutes qui ont frappé la ville sacrée de Lhasa ont fait  241 blessés et un mort parmi les policiers. 

     "C'était un mensonge de nous accuser d'avoir attaqué les  émeutiers avec des armes destructrices", a dit Liu Dingwei,  soulignant que s'ils l'avaient fait, les émeutes n'auraient pas vu tant de policiers blessés. 

     "De toute façon, je pardonnerai ceux qui m'ont blessé", a-t-il  poursuivi, "ce ne devait pas être leur propre intention, ils  devaient être incités ou forcés par quelqu'un autre".