ROME, 26 mars (Xinhua) -- Les canards, les hommes et
les rizières seraient les principaux facteurs à l'origine des foyers
du virus H5N1 hautement pathogène de la grippe aviaire en Thaïlande
et au Vietnam, et expliqueraient la persistance des foyers dans d'autres
pays de la région comme le Cambodge et le Laos, selon la FAO.
Un groupe d'experts de la FAO et de centres de
recherche associés ont examiné une série de vagues d'influenza aviaire
H5N1 hautement pathogène en Thaïlande et au Vietnam de début 2004 à
fin 2005.
Sous la direction de Jan Slingenbergh, vétérinaire
en chef à la FAO, les chercheurs ont appliqué une technique de modélisation
afin d'établir comment la conjugaison de différents facteurs - à
savoir les nombres de canards, d'oies et de poulets, la taille
des peuplements humains, les cultures de riz et la géographie locale
- a contribué à la propagation du virus.
Les effectifs de canards et d'êtres humains et
l'étendue de la riziculture sont apparus comme les facteurs les plus
significatifs.
Les experts soulignent le lien étroit existant entre
les schémas de parcours des canards et l'intensité de la riziculture.
Les canards se nourrissent essentiellement de résidus de grains
de riz dans les rizières après la récolte, de sorte que les canards
élevés en liberté dans les deux pays sont déplacés vers de nombreux
sites différents en fonction de la récolte du riz.
Selon les experts de la FAO, les concentrations
massives de canards sont signes d'augmentation des probabilités
d'introduction et d'exposition au virus, lorsque les rizières deviennent
souvent un habitat temporaire pour les espèces d'oiseaux sauvages.
Selon Slingenbergh, "nous avons désormais des
connaissances beaucoup plus pointues sur les lieux et les périodes
susceptibles d'être touchés par des flambées du virus H5N1, ce qui aide à
cibler la prévention et la lutte. Qui plus est, avec la persistance
du virus de plus en plus confinée à des zones de riziculture/élevage
intensif de canards en Asie de l'Est et du Sud- Est, l'évolution du virus
H5N1 pourrait devenir plus prévisible".
La FAO estime qu'environ 90 pour cent des
1,044 milliard de canards domestiques au monde se trouvent en Asie.