BOBO DIOULASSO(Burkina Faso), 22 mars (Xinhua)-- La
14e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC) a été lancée samedi
dans la soirée à Bobo Dioulasso (365 km à l'Ouest de Ouagadougou)
par le ministre de la Culture, du Tourisme et de la
Communication, Filippe Sawadogo sous la présidence du Premier ministre,
Tertius Zongo.
Un carnaval a démarré effectivement les hostilités
de cette biennale culturelle aux sons des tam tam, des flûtes, du balafon
où une centaine de troupes et ensembles artistiques ont défilé sous
les ovations du public.
Les femmes bardées de leurs parures, les hommes et
les jeunes en tenue traditionnelle ont marqué d'un sceau particulier ce
défilé avec des démonstrations et des accrobaties. Les
échassiers, les cavaliers, les masques représentant la diversité culturelle
des 13 régions du pays, aux pas de danse ont été applaudis à tout
rompre.
Dans son mot de bienvenue, le maire de Bobo
Dioulasso, Salia Sanou a rappelé que les populations avaient craint à un
moment donné que cette fête culturelle soit compromise après les
évènements des 18 et 19 février contre la vie chère où les biens
publics et privés ont été saccagés.
Soulignant que l'expression culturelle revêt une
importance dans la politique communale, M. Sanou a dit que pendant une
semaine, les artistes vont partager leur passion et célébrer l'art.
Pour ce faire, il a appelé les citoyens à communier
avec les artistes et entretenir la flamme de la culture.
Le président du Comité national d'organisation,
Souleymane Sawadogo, également secrtétaire général du ministère de la
Culture, du Tourisme et de la Communication a invité les artistes, les
jeunes au partage et à la communion fraternelle dans la mesure où la
SNC est un cadre de promotion et de la protection de la diversité
culturelle.
Le représentant des jeunes, Sié Arsène Kam a, quant
à lui, interpellé les jeunes sur leurs devoirs et responsabilité sur la
préservation du patrimoine culturel.
Le parrain de la 14e édition, Mgr Anselme T. Sanou
a, pour sa part, insisté sur le pardon, le dialogue, la tolérance, des
vertus devant permettre à la société d'avancer.
Il a souhaité que la rencontre des cultures permette
de reconnaître en chacun ce qu'il porte, de s'identifier comme
personne individuelle, morale et sociale à partir de son passé
culturel, de son patrimoine.
"C'est ainsi que nous pourrons avoir un esprit
citoyen et d'humaniste", a-t-il fait remarquer, précisant que la rencontre
des cultures ne sera pas un choc, mais se trouvera comme un ressort
pour demain.
Placée sous le thème "Une éducation culturelle pour
une jeunesse citoyenne", cette édition regroupe plus de 3.000
artistes venus des 45 provinces du pays et de la diaspora. Il est attendu
pour ce rendez-vous culturel environ 400.000 festivaliers.
Prononçant son mot d'ouverture, le ministre de la
Culture, du Tourisme et de la Communicfation, Filippe Sawadogo a reconnu
que cette édition interpelle les populations, les décideurs, car elle
place la jeunesse au coeur des préoccupations pour le 21e siècle et
pour des siècles.
M. Sawadogo a salué le retour de la diaspora
burkinabé en Côte d'Ivoire et l'arrivée pour la toute première fois de
celle du Ghana et du Mali.
Pour M. Sawadogo, le Burkina grâce aux écoles de
théâtre, de danse, d'art plastique, d'arts culinaires, d'art sculptural
granitique doit s'arrêter et penser la création d'un bon
conservatoire national pour pérenniser toute cette richesse.
"Les Semaines nationales de la culture du
21e siècle devront s'orienter vers cette direction et nous mettrons tout
en oeuvre pour créer l'école culturelle burkinabé", a-t-il conclu.