WASHINGTON, 20 mars (Xinhua) -- Cinq ans après le
déclenchement de la guerre en Irak, qui a conduit à d'importantes
pertes humaines et matérielles aux Etats-Unis, il existe encore
de fortes divergences parmi les Américains sur les manières de
mettre fin à la guerre.
Alors qu'il est très probable que le conflit se
poursuivra dans les années à venir, le sort de la guerre reste indécis pour
l'instant.
UNE VICTOIRE NON ASSUREE
Même le président George W. Bush, ferme partisan de
la guerre, n'est pas assuré d'une victoire.
Cinq ans après, "on débat de manière compréhensible
pour savoir si cette guerre en valait la peine, si le combat vaut la peine
d'être gagné et si nous pouvons le gagner", a-t-il déclaré lors d'un
discours prononcé mercredi au Pentagone, à l'occasion du 5e anniversaire
du déclenchement de la guerre en Irak.
"Les réponses sont claires pour moi: chasser Saddam
Hussein du pouvoir était la bonne décision, et ceci est un combat que
l'Amérique peut et doit gagner", a-t-il martelé.
Le candicat républicain à la présidentielle
américaine, John McCain de l'Arizona, partage le même point de vue que M.
Bush, déclarant qu'il poursuivrait la guerre s'il était élu président,
même il fallait encore 100 ans ou plus.
En revanche, la plupart des Américains ne sont pas
de cette opinion.
Selon Fred Kaplan, journaliste américain reconnu,
les assistants du président Bush n'ont aucune idée sur comment
atteindre les objectifs et donc n'ont pas de stratégie qui va
assurer la victoire.
La raison de déclencher la guerre trouvait sa source
dans la volonté de se débarasser des terroristes. Fondamentalement, il
existe deux objectifs essentiels: exporter la soi-disante démocratie
américaine et obtenir des objectifs stratégiques au Moyen-Orient.
Malheureusement, le résultat montre qu'elle va dans le sens inverse.
A propos des menaces terroristes, la guerre n'a pas
rendu les Etats-Unis plus sûrs, car l'Irak est devenu un "vivier" de
terroristes après l'invasion américaine.
Les renseignements américains ont reconnu dans un
rapport d'évaluation, rendu public en juillet dernier, que le pays fait
face à une plus grande menace terroriste et que l'organisation
terroriste al-Qaïda devient de plus en plus puissante.
Politiquement, le nouveau gouvernement irakien n'est
pas capable d'assumer la fonction fondamentale: assurer la sécurité
du pays. Et la démocratie est encore considérée comme un rêve.
Paradoxalement, la guerre n'a pas apporté beaucoup
d'intérêts stratégiques aux Etats-Unis. Au contraire, elle renforce son
principal adversaire au Moyen-Orient, l'Iran, qui exerce
davantage d'influence en Irak après l'effondrement du régime de
Saddam.
UN COUT TROP ELEVE
Le seul objectif achevé de la guerre jusqu'à
aujourd'hui est le renversement du régime de Saddam, mais avec un coût trop
élevé.
John Burns, correspondant de guerre, a noté dans un
article publié dans le New York Times: "A l'occasion du 5e anniversaire,
le lourd fardeau du conflit est un blâme pour ceux qui ont souhaité
que le renversement de Saddam puisse être réalisé à un prix
acceptable".
En fait, le coût de la guerre dépasse les prévisions
de la plupart des Américains.
Environ 4.000 soldats américains et des dizaines de
milliers d'Irakiens ont été tués depuis l'invasion américaine, qui a
déplacé, par ailleurs, plus d'un million d'Irakiens dans les pays
voisins.
Selon des estimations, la guerre en Irak doit coûter
650 milliards de dollars américains cette année, et le chiffre
devrait atteindre 2 000 milliards de dollars si la guerre dure encore
cinq ans.
Selon un sondage réalisé auprès de 3.400 officiers
militaires par le magazine Foreign Policy, 88% des soldats américains sont
d'accord pour dire que la guerre en Irak a affaibli l'armée
américaine.
De surcroît, la guerre est considérée comme
"impopulaire" par la plupart des pays du monde.
En plus, la guerre coûte cher pour le Parti
républicain, qui a perdu les élections de mi-mandat en 2006. Et la cote de
popularité du président Bush a plongé à 30%.
DIVERGENCE SUR LA GUERRE
Les Américains sont divisés sur les manières de
mettre fin à la guerre en Irak.
Le président Bush et ses partisans, ainsi que
l'armée, ont argumenté que les troupes déployées des Etats-Unis ont bien
fonctionné et qu'elles resteront en Irak jusqu'à la victoire finale.
Les démocrates ont appelé à un retrait rapide, mais
ils n'ont pas réussi à accumuler assez de votes au sein du Parlement pour
forcer M. Bush à retirer les troupes américaines.
Les deux candidats démocrates à la présidentielle,
Hillary Clinton et Barack Obama, ont promis de retirer les troupes s'ils
étaient élus.
En revanche, ils ont besoin de temps pour persuader
le public américain que leur plan marchera.
Selon des activistes anti-guerre, si les Etats-Unis
peuvent tirer une leçon de la guerre, c'est qu'il leur faut abandonner la
"mentalité impérialiste".
Ils ont souligné que les Etats-Unis doivent compter
sur davantage de mesures pacifiques et obtenir la coopération et le
respect du monde, au lieu de lancer des attaques unilatérales telles
que la guerre en Irak.
Pourtant, c'est une position que la seule
superpuissance du monde a du mal à adopter. Fin