Il faudra utiliser judicieusement
le surplus de recettes financières. Durant l'exercice de 2007, l'Etat a
accusé un excédent de recettes financières s'élevant à 723,9 milliards
de yuans, dont plus de 416,8 milliards sont allés aux finances
centrales. L'utilisation de ce surplus devra se conformer au
principe qui consiste à concentrer les moyens financiers pour
résoudre les problèmes liés au bien-être du peuple et à
l' institutionnalisation dans ce domaine. Cet excédent financier
sera notamment consacré au réajustement des structures économiques et
au renforcement des maillons faibles. Concrètement il sera destiné à
accroître, conformément aux lois et règlements en vigueur, le budget
affecté aux instances locales au titre de transferts de paiements courants
et de restitution de la TVA et de l'impôt sur la consommation, il sera
aussi destiné à augmenter le soutien au développement de l'agriculture, de
la sylviculture et des installations hydrauliques, ainsi que de
l'éducation, de la culture et des sciences et techniques. Il servira à
accroître les fonds destinés à la protection sociale, aux soins médicaux
et à la santé publique, au fonctionnement de l'appareil judiciaire et à
la construction d'habitations à loyer modéré. Il sera aussi utilisé
pour hausser le financement destiné aux économies d'énergie, à la
réduction des émissions polluantes et à la protection de
l' environnement. Cet excédent de recettes sera également utilisé
pour régler les problèmes dont nous avons hérités, parmi lesquels le
remboursement des dettes entraînées par le développement de l' enseignement
obligatoire dans les campagnes et l'assainissement des comptes à découvert
des entreprises céréalières d'Etat. Parallèlement, nous réduirons de 45
milliards de yuans le déficit budgétaire ; une rallonge de 103,2 milliards
de yuans est prévue pour conforter le fonds de régulation du budget
central.
Compte tenu de notre
situation financière marquée par un risque de rebondissement des
investissements dans l'immobilier,une pression d'une hausse sensible des
prix, une émission excessive de monnaie et de prêts et une fluidité trop
forte, il est indispensable de se retrancher derrière une certaine
austérité monétaire pour réguler les finances et endiguer rigoureusement
l'augmentation en volume de l'offre monétaire et le gonflement trop rapide
des prêts bancaires.
En premier lieu, il faudra, avec
l'appui des opérations de marché ouvertes et à travers le réajustement de
taux de réserves de prévoyance des établissements financiers, renforcer
l' intensité des opérations de couverture pour un meilleur contrôle
de la fluidité, faire jouer de façon rationnelle le rôle de
levier des taux et parfaire les mécanismes d'établissement du taux de
change du RMB en rendant ce dernier plus flexible.
En second lieu, il faudra
optimiser la structure des crédits financiers avec un contrôle renforcé
des prêts à accorder et respecter scrupuleusement tous les règlements
relatifs aux prêts bancaires. On appliquera le principe de financement
selon lequel certaines activités seront encouragées tandis que d'autres
seront contrôlées. On devra limiter les prêts à long et moyen terme et
notamment exercer un contrôle plus étroit sur les crédits accordés aux
entreprises grandes émettrices de polluants et grandes
consommatrices d'énergie et à celles qui appartiennent aux secteurs
en surproductivité. On veillera à rénover et améliorer les services de
crédit en perfectionnant le système de garantie et de bonification
d'intérêt et en augmentant le volume des prêts en faveur de l'agriculture,
des régions rurales et des agriculteurs et en faveur des services, des
PME, de l'innovation autonome, des économies d'énergie, de la protection
de l'environnement et de la coordination du développement interrégional.
En troisième lieu, il faudra
approfondir la réforme du système de gestion des devises. Il s'agira
d'améliorer les opérations de change, de renforcer la supervision de la
circulation transfrontalière des capitaux et de travailler avec prudence
de manière à parvenir à une libre convertibilité des opérations en
capital. On veillera à multiplier les canaux et les moyens pouvant
favoriser une utilisation rationnelle de notre réserve nationale en
devises et on prendra également un ensemble de mesures susceptibles
d'équilibrer de façon satisfaisante notre balance des paiements
internationaux.
Une de nos tâches primordiales en
matière de contrôle macroéconomique pour cette année sera d'éviter une
hausse trop rapide du niveau global des prix à la consommation en adoptant
des mesures efficaces destinées à accroître substantiellement l'offre
et à restreindre les demandes superflues.
Premièrement, il faudra
augmenter dans une large mesure la production, notamment celle
des denrées de première nécessité tels que les céréales, l'huile
végétale et la viande ainsi que d'autres produits qui font
l'objet d'une forte demande, en mettant en application toutes les mesures
de soutien à la production et en assurant une parfaite coordination
entre la production, le transport et la vente.
Deuxièmement, il faudra contrôler
rigoureusement l'exportation des céréales et leur utilisation à des fins
industrielles, contenir sans faute une extension massive des industries de
transformation du maïs et suspendre sans retard tous les projets qui y
sont liés et qui ont déjà été mis en chantier sans justification
valable.
Troisièmement, il faudra
accélérer la mise en place d'un système vraiment fiable de réserves en
céréales, perfectionner les procédés de régulation par le stockage et
l'import-export et augmenter de façon rationnelle l'importation des
produits de consommation indispensables et faisant l'objet d'une forte
demande sur le marché intérieur.
Quatrièmement, il faudra, si cela
est nécessaire, réajuster les prix au moment opportun en déterminant
l' ampleur de la hausse après décision du gouvernement. Il sera
indispensable de contrôler étroitement à la fois la hausse des prix
des produits dérivés des ressources naturelles et l' augmentation des
tarifs des services publics même si elles s' avèrent indispensables et
prévenir ainsi une spirale des prix.
Cinquièmement, il faudra mettre
en place un système complet de surveillance et d'alerte concernant l'offre
et la demande des produits agricoles qui possèdent de vastes débouchés et
des produits primaires et concernant aussi les fluctuations des prix,
il faudra aussi mettre en place un plan d'urgence en cas de rupture
des stocks de marchandises et de fluctuation trop importante des prix.
Sixièmement, il faudra renforcer
le contrôle du marché et des prix, en gardant un il vigilant notamment sur
les droits de scolarité, les prix des médicaments et des biens de
production agricoles et tous les prélèvements financiers dans
l' agriculture. Tout acte et toute tentative contrevenant aux
règlements, tels que manipulation des prix par ententes
illégales, stockage des marchandises à fins de spéculation prohibées et
augmentations illicites, seront réprimés fermement en vertu de la
loi.
Septièmement, il faudra parfaire
et appliquer les mesures de soutien aux personnes à faibles revenus,
notamment augmenter l' allocation versée aux plus démunis et aux élèves
issus de familles en difficulté financière, de façon à leur permettre de
maintenir un niveau de vie décent en dépit de la hausse des
prix.
Huitièmement, il faudra
freiner l'envolée des prix des moyens de production et notamment des
moyens de production agricoles.
Neuvièmement, il faudra continuer
à appliquer le système qui rend le gouverneur d'une province responsable
du "sac de riz" et le maire d'une ville responsable du "panier de la
ménagère".
Comme les prix concernent
directement les intérêts de la population, les gouvernements à tous les
échelons sont tenus de placer la stabilité des prix du marché au premier
rang de leurs préoccupations. Actuellement, nos réserves en céréales sont
plus que suffisantes et l'offre en produits de consommation
industriels est supérieure à la demande. Tant que nous renforçons la
direction, tant que nous appliquons avec le sérieux nécessaire toutes les
mesures politiques concernées et que nous conjuguons nos efforts,
nous parviendrons à approvisionner suf fisamment le marché et à
maintenir la stabilité des prix.Récemment, notre pays a été
brutalement victime de désastres naturels â basses températures,
tempêtes de neige et gel â qui ont sérieusement perturbé la vie
de la population et ont causé de lourdes pertes en biens. Nous
devrons déployer d'énormes efforts pour rétablir la situation
dans les régions sinistrées en essayant de réduire les pertes à leur
niveau le plus bas. Il faudra, en mettant l'accent sur la
restauration du réseau électrique hors d'usage, remettre en état
toutes les infrastructures endommagées et assurer la fourniture
d' électricité, le transport du charbon et des carburants, pour
aider les sinistrés à retrouver au plus tôt une vie normale et pour que
la production agricole reprenne le plus vite possible. Nous devrons
également faire le bilan de l'expérience et tirer les leçons des récentes
catastrophes naturelles. Les infrastructures telles que les installations
électriques, les communications ferroviaires et routières et les
télécommunications devront être améliorées, de façon à maintenir leur
fonctionnement normal face aux désastres naturels. Nous devrons renforcer
notre système d' alerte et d'intervention en cas d'urgence, de façon à
améliorer notre capacité à faire face aux situations de crise de toutes
sortes. Il nous faudra étudier de très près les lois et les
caractéristiques des calamités naturelles en vue de nous prémunir
plus efficacement contre d'éventuelles catastrophes.
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