LHASA, 17 mars (Xinhua) -- Des tibétologues auraient
condamné lundi davantage la violence à Lhasa, faisant écho à certains
leaders religieux et résidents locaux qui ont critiqué les
émeutes ayant bouleversé la ville sainte.
Cering Doje, vice-directeur de l'Institut de
recherche en religion de l'Académie tibétaine des Sciences sociales
(ATSS), a dit qu'il s'interrogeait sur l'humanité et la compassion du
Dalai Lama, selon des reportages du Tibetan Daily lundi.
"La religion prône l'assitance et la compassion,
mais les émeutiers ont témérairement attaqué les hôpitaux et les centres
de loisirs pour enfants", selon Doje. "On dirait qu'ils ont perdu le
sens de l'humanité de base, et qu'il n'y a plus aucune
compassion. "
D'autres tibétologues ont exprimé leur indignation à
propos du silence du Dalai Lama, qui n'a pas condamné les émeutes.
Lors des troubles, des émeutiers ont coupé les
oreilles de personnes, fait saigner des enfants. Ils ont tabassé des
jeunes Tibétains jusqu'au coma et empêché des infirmières de sauver un
blessé âgé de cinq ans.
Le président de la région autonome du Tibet, Qiangba
Puncog, a dit lors d'une conférence de presse à Beijing lundi que 13 civils
innocents étaient morts brûlés ou poignardés dans les émeutes de
vendredi.
Le Dalai Lama s'est désolidarisé samedi de la
violence en accusant le Tibet de vivre sous le règne de la terreur, ce que
les officiels du Tibet ont rejeté comme absurde.
Basang Wangdu, autre tibétologue et membre du
conseil de la société internationale de tibétologie, a dit que l'on
pouvait bien voir des émeutes de vendredi que le Dalai Lama n'avait jamais
cessé de s'engager dans des activités sécessionnistes et que ses
tentatives étaient vouées à l'échec.
Tout en condamnant les émeutes, d'autres ont appelé
à la solidarité parmi tous les groupes ethniques pendant ce qu'ils ont
qualifié être une période de crise.
"Les Tibétains et les Han partagent un passé
culturel commun. Nous avons des liens qui ne peuvent être brisés", d'après
Cering Gyaibo, chef de l'institut de recherche en religion de
l'ATSS.
"En ce temps de crise, nous devons chérir
la solidarité ethnique et rassembler notre courage pour protéger
l'intégrité territoriale et l'harmonie entre les ethnies", a-t-il dit.