MORONI, 15 mars (Xinhua) --
Le coordonnateur des agences des Nations Unies aux Comores, Opia Mensah
Kumah, a déclaré qu'il se prépare pour répondre rapidement et efficacement
en fonction des besoins humanitaires pendant et après l'intervention
militaire annoncée par le gouvernement fédérale comorien à Anjouan, l'une
des trois îles des Comores.
Selon M. Opia, l'agence Ocha, basée en Afrique du
sud apportera son concours en matière de coordination en mettant à
disposition un expert en relations civiles et militaires. le PAM
interviendra pour les télécommunications, nourriture et logistique. L'OMS
a envoyé un spécialiste en santé et l'Unicef des gens spécialisés
en matière d'eau, d'assainissement et de santé.
Tout ce dispositif d'agents attendus à Moroni pour
renforcer l' équipe locale sera sur place vers la fin de cette semaine. M.
Opia, qui parle d'un chiffre de 50 à 100 en fonction de l'ampleur de la
crise.
Des évaluations des besoins ont été réalisées pour
pouvoir mieux cerner l'ampleur du problème et de la réponse à
fournir.
"Nous réalisons des enquêtes d'évaluation sur les
déplacements qui pourraient avoir lieu et des besoins en matière de
nourriture, de médicaments, d'eau, de matériels d'hébergement et autres",
soutient M. Opia.
A l'heure actuelle, le système de l'ONU aux Comores
est en train de collecter le matériel, les médicaments et autres
fournitures nécessaires pour les pré-positionner, arranger le
transport et mettre en place les réseaux de distribution sur le
terrain.
Sur le plan militaire, les troupes de pays
contributeurs se grossissent progressivement à Moroni. Jusqu'à vendredi,
le cargo de l'armée tanzanienne a fait 4 des 5 rotations nécessaires pour
acheminer les 500 militaires et leur équipement aux Comores.
Jeudi, une centaine de soldats soudanais sont
arrivés. Le Soudan a promis de contribuer à hauteur de 600 hommes.
Jusqu'à maintenant c'est le Sénégal qui n'a pas
encore commencé à déployer ses troupes. La France avait promis de
transporter les soldats tanzaniens et sénégalais jusqu'à Moroni. Mais
comme les avions français tardent à venir, les Tanzaniens ont décidé de
faire le voyage par leurs propres moyens.
Homme fort d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar a été
réélu président de l'île le 10 juin 2007 à la suite d'une élection
rejetée à la fois par l'UA et l'Etat fédéral. Mais il refuse
d'organiser un nouveau scrutin.
Le gouvernement fédéral, comme l'UA, considère que
les autorités anjouanaises sont "illégales". Le 31 janvier dernier,
lors du 10e sommet de l'UA à Addis Abeba, le président comorien
ahmed Abdallah Sambi a annoncé son intention d'intervenir pour
" restaurer l'intégrité de l'Etat comorien".
Le 20 février, l'UA a annoncé son soutien à une
opération militaire du gouvernement fédéral comorien contre les autorités
" illégales" d'Anjouan.