GUITO, 14 mars (Xinhua) -- Le président équatorien
Rafael Correa a demandé vendredi à son homologue américain George W.
Bush de "se taire", en réponse aux accusations des Etats-Unis selon
lesquelles l'Equateur se fait l'abri des rebelles des Forces armées
révolutionnaires de Colombie (FARC).
Lors d'une déclaration publiée par la présidence, M.
Correa a exhorté M. Bush à envoyer des troupes sur la frontière entre la
Colombie et l'Equateur, affirmant : "Amenez vos soldats et
laissez- les mourir sur la frontière sud avec la Colombie. Nous allons
voir si les citoyens des Etats-Unis accepteront une telle barbarie.
Sinon taisez-vous et essayez de comprendre ce qui se passe en
Amérique latine".
M. Correa a tenu ces propos en réaction à la
critique implicite de la secrétaire d'Etat américaine Condolezza Rice, qui
a fait entendre jeudi lors d'une visite au Brésil que "les Etats
responsables" ne dovient pas tolérer l'utilisation de leur
territoire par des terroristes.
L'Equateur a rompu ses relations diplomatiques avec
la Colombie après l'entrée par force des troupes colombiennes sur son
territoire le 1er mars pour mener une attaque contre un camp des
FARC, qualifiant le raid de violation à sa souvraineté
territoriale.
Parallèlement, le Venezuela a expulsé des diplomates
colombiens et les relations diplomatiques entre le Nicaragua et la Colombie
se sont également détériorées. L'Equateur et le Venezuela ont
tous déployé des troupes à leurs frontières avec la Colombie .
Le 7 mars, l'Equateur, le Venezuela, le Nicaragua et
la Colombie ont convenu de déclarer le règlement de la crise
frontalière lors du 20 sommet du Groupe de Rio, tenu en
République Dominicaine.
Le Venezuela a depuis lors rétabli ses
relations diplomatiques avec la Colombie, alors que le vice-ministre équatorien
des Affaires étrangères Diego Stacey a annoncé mardi que son
pays restaurera lundi prochain ses relations diplomatiques avec
la Colombie.