NIAMMEY, 13 mars (Xinhua) -- Le Conseil supérieur de
la communication du Niger (CSC, organe de régulation) a suspendu
toutes les autorisations de diffusion de la Radio France
internationale (RFI) en modulation de fréquence pour une période de
trois mois sur toute l'étendue du territoire nigérien.
Le 12 mars 2008, le CSC a décidé de cette suspension
pour les raisons suivantes : discrédits jetés sur les institutions de la
République du Niger et exclusion systématique des appels en
provenance du Niger, lors de l'émission du lundi 10 mars 2008,
organisée à l'occasion de la journée consacrée pour soutenir Moussa
Kaka, journaliste nigérien en détention depuis six mois à Niamey.
Le gouvernement lui reproche d'être "de mèche" avec
le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) très actif dans le
nord du pays, depuis bientôt un an, rappelle-t-on.
RFI est captée au Niger, en français et en hausa,
aussi bien à Niamey que dans les autres grandes villes du pays, notamment
Maradi, Zinder et Tahoua.
Commentant cette décision de suspension, le
président du CSC, Daouda Diallo a estimé "qu'il y a des règles à respecter
pour qu'une entreprise audiovisuelle émette ou diffuse sur le
territoire du Niger. Ces règles sont de permettre à tous sans
discrimination de participer à un débat organisé".
M. Diallo a ensuite rappelé qu'"il est arrivé au CSC
de sanctionner des médias nigériens qui n'ont pas voulu accorder la
participation à des auditeurs qui voulaient exprimer des idées
contraires à celles qui semblent plaire à ceux qui ont organisé
le débat. "Nous ne pouvons pas faire exception pour la Radio France
internationale".
Il a enfin déclaré : "le CSC n'organise pas une
chasse aux sorcières. Son institution travaille pour garantir la liberté
de la presse. Mais lorsque ce sont les médias eux-mêmes qui portent
atteinte à cette liberté, comme vient de le faire RFI, que
voulez- vous que nous fassions sinon de prendre contre RFI les mesures
qui conviennent".
En 2007, RFI a été suspendue par le CSC
pendant un mois pour " partialité dans le traitement de l'information
liée à l'insécurité dans le nord du pays", rappelle-t-on.