PRISTINA(Serbie), 13
mars (Xinhua) -- Malgré l'opposition de la Serbie, le chef de la Mission
de l'Union européenne chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo
(EULEX), Yves de Kermabon, a indiqué jeudi qu'il voudrait que la mission
aille jusqu'au bout avec le Kosovo.
"Il nous faut améliorer la règle de droit au Kosovo
sur la base de l'appartenance locale et de la responsabilité des
institutions kosovares", a dit de Kermabon.
La mission doit surveiller et conseiller les
institutions du Kosovo et au besoin recourir à certains pouvoirs
exécutifs, selon ce général en retraite de l'armée française.
"Sans règle de droit, sans lutte contre le crime
organisé et la corruption, nous ne pouvons établir de bonne société
démocratique", a-t-il dit après une réunion avec Jakup Krasniqi, président
du parlement du Kosovo.
Krasniqi a demandé au chef de l'EULEX d'étendre le
travail de la mission à l'ensemble des affaires publiques du Kosovo,
promettant le soutien total des institutions kosovares.
La Serbie est opposée à toute forme de présence de
l'UE au Kosovo sans nouvelle résolution de l'ONU. Les Serbes du Kosovo
refusent de coopérer avec les représentants de la mission de l'UE
depuis que les Albanais, majoritaires, ont déclaré l'indépendance du
Kosovo en février.
De Kermabon, ancien commandant des forces de
maintien de la paix sous la direction de l'OTAN au Kosovo en 2004 et 2005,
est arrivé à Pristina après une visite à New York pour discuter avec
des officiels de l'ONU d'une nouvelle mission au Kosovo.
EULEX, composée de 2 000 membres, prévoit d'entamer
sa mission après une période de transition de 120 jours pour la passation
de pouvoir avec la mission de l'ONU dans le pays.