NEW YORK (Nations Unies), 11 mars (Xinhua) -- Le
sous- secrétaire général de l'ONU aux opérations de maintien de la
paix, Edmond Mulet, a indiqué mardi que l'Opération hybride Union
africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD) ne peut se substituer à
un engagement politique pour régler la crise dans cette région ouest du
Soudan.
Il a fait cette remarque en dressant, devant le
Conseil de sécurité de l'ONU, un tableau complet et actualisé de la
situation sécuritaire, humanitaire et politique au Darfour.
La MINUAD, qui ne constitue qu'un élément d'une
stratégie internationale et est chargée notamment de la protection des
civils, ne sera pas un instrument visant à régler les causes du
conflit, a-t-il indiqué, affirmant que la vitalité du processus
politique est essentielle pour obtenir des progrès véritables et
durables.
M. Mulet a prévenu que les tensions entre le Tchad
et le Soudan, ainsi que les combats que se livrent les forces rebelles
peuvent favoriser une expansion régionale de la crise et faire dérailler
les efforts de paix des deux côtés de la frontière.
La normalisation des relations entre les deux pays
est donc essentielle, a-t-il dit, en soulignant l'importance du sommet
entre les présidents soudanais Omar el-Béchir et tchadien Idriss
Déby mercredi à Dakar.
Selon M. Mulet, les combats au Darfour indiquent
clairement que les négociations politiques ne sont pas la priorité du
gouvernement et des mouvements rebelles, et la Mission seule ne
saura rétablir la sécurité.
La Mission, a-t-il dit, déploie néanmoins tous les
efforts possibles pour pouvoir mettre en oeuvre les résolutions du
Conseil de sécurité et améliorer la situation. Mais il est important de
reconnaître qu'elle est loin d'assurer une présence significative
sur le terrain parce qu'elle reste confrontée à l'insécurité.
Au 10 mars, la Mission comptait 9.178 hommes en
uniformes, une unité formée de police, et 1.312 membres civils, a indiqué
le Sous- Secrétaire général aux membres du Conseil, précisant que la
plupart des militaires et du personnel de police est issue de la
Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS).
Le temps de déploiement des différents bataillons
dépendra, a indiqué M. Mulet, des efforts des pays donateurs visant à
appuyer les États fournisseurs de contingents en leur octroyant
équipements, formation et capacités d'autonomie.
Il a par ailleurs mis l'accent sur le
problème concernant le manque d'hélicoptères tactiques légers, d'avions
de reconnaissance et des unités logistiques et de transport dont la
mission conjointe a besoin.