NAIROBI, 6 mars (Xinhua) --
Le président kenyan Mwai Kibaki a demandé jeudi aux députés de soutenir la
restauration de la paix et la stabilité dans le pays après les violences
post-électorales.
Lors d'une réunion du groupe parlementaire conjoint,
qui a rassemblé le Parti de l'unité nationale (PNU) et le Mouvement
démocratique orange (ODM, opposition) dirigé par le Premier ministre
présenti Raila Odinga, M. Kibaki a mis l'accent sur le besoin pour tous
les Kenyans de cohabiter en paix, soulignant que le développement et la
prospérité ne pouvaient exister sans une paix durable.
M. Kibaki a appelé les députés à mener une politique
de guérison et de réconciliation.
Cette réunion est intervenue après la signature par
les deux dirigeants d'un accord de partage du pouvoir mettant fin à des
semaines de crise politique.
L'accord prévoit la nomination de M. Odinga au poste
de Premier ministre, un poste qui n'existe pas dans l'actuelle constitution
du Kenya.
Les législateurs des deux parties ont convenu de
mettre en oeuvre cet accord et d'amender pour cela la constitution, ainsi
que de créer une Commission pour la vérité et la réconciliation.
Le président Kibaki, âgé de 76 ans, a souligné
qu'une paix durable nécessitait pardon et changement d'attitude des gens
et des dirigeants.
Il a demandé aux Kenyans de regarder vers l'avenir
avec espoir et courage et de tirer les leçons des événements de ces
dernières semaines pour que plus jamais un Kenya ne se dresse contre son
frère.
Il a ensuite demandé au groupe parlementaire de la
grande coalition de soutenir les mesures législatives proposées pour le
retour du pays à la paix et à la stabilité.
Mais les analystes ont averti que cet accord est
global et que les détails, comme les pouvoirs précis du Premier ministre
et l'octroi des ministères, doivent encore être discutés.
Selon la loi à laquelle travaillent les experts, le
pouvoir sera constitué d'un président, d'un vice-président, d'un Premier
ministre, de deux vice-Premiers ministres, d'un procureur général et
d'autres ministres.
La loi ne précise pas qui du président ou du Premier
ministre préside les réunions du gouvernement.
M. Kibaki président a souligné que l'accord signé la
semaine dernière visait, au delà du retour à la normale de la situation
dans le pays, l'élaboration d'un vaste agenda de réformes pour faire
face aux défis profonds auxquels est confronté le pays.
Ces réformes, selon M. Kibaki, seront
constitutionnelles, électorales, juridiques, politiques et économiques
pour donner une base solide à un Kenya stable et en paix.