LIBREVILLE, 3 mars (Xinhua) -- Le gouvernement
gabonais a décidé lundi d'appliquer la réciprocité contre la France ayant
expulsé deux Gabonais en 10 jours, a annoncé le porte-parole du
ministère gabonais des Affaires étrangères, Jean Claude Franck
Mendome.
"Rappelant les principes d'égalité et de respect
mutuel entre Etats, le gouvernement gabonais entend désormais appliquer la
réciprocité", a annoncé le gouvernement dans une déclaration
officielle.
Le gouvernement gabonais a estimé inadmissible les
conditions d' expulsion de ses compatriotes qui étudiaient en France. Il
s'agit de Raïssa Mengué Ondo et Léguy Mbira.
Raïssa Mengue Ondo, 29 ans a été expulsée de France
le 19 février dernier alors qu'elle prépare une licence en droit.
Arrivée en France en 2002, l'étudiante s'est vue refuser le
renouvellement de son visa d'étudiant par les autorités
préfectorales de la Haute-Garonne au motif qu'elle "n'est pas
menacée dans son pays" et "manquerait de sérieux dans ses études".
Son compatriote, Léguy Mbira, 32 ans a subi le même
sort. Il a été mis de force dans un avion à destination de Libreville.
Arrivé en France en septembre 1998, le jeune étudiant comptait préparer
un doctorat. Le coût de cette formation était de 5 000 euros, le
jeune gabonais ayant déjà obtenu une maîtrise en France avait conclu
un contrat de travail à durée indéterminée pour espérer financer ses
études de doctorat. La préfecture de Reims où il résidait a refusé de
proroger son séjour en France d'où son rapatriement forcé.
Ces expulsions provoquent l'émoi au sein de la
population gabonaise. Le directeur général des affaires consulaires au
ministère gabonais des Affaires étrangères a révélé lundi que la
France avait expulsé ou refoulé à l'entrée de son territoire 53
gabonais en 2007.
Libreville déplore aussi "la survivance de
tracasseries et de nombreux refus de visas, parfois abusifs, au Consulat
Général de France à Libreville".
Cette brouille intervient alors que les deux pays
ont conclu en juillet dernier un accord "préférentiel" de gestion
concertée du flux migratoire entre les deux Etats. L'accord qui doit être
ratifié par les parlements deux pays n'est cependant pas encore
applicable.
Environ 8.000 Français vivent au Gabon contre
7.000 Gabonais en France, rappelle-t-on.