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Le Gabon décide d'appliquer la réciprocité contre la France sur l' immigration
  2008-03-04 10:20:22  

     LIBREVILLE, 3 mars (Xinhua) -- Le gouvernement gabonais a  décidé lundi d'appliquer la réciprocité contre la France ayant  expulsé deux Gabonais en 10 jours, a annoncé le porte-parole du  ministère gabonais des Affaires étrangères, Jean Claude Franck  Mendome. 

     "Rappelant les principes d'égalité et de respect mutuel entre  Etats, le gouvernement gabonais entend désormais appliquer la  réciprocité", a annoncé le gouvernement dans une déclaration  officielle. 

     Le gouvernement gabonais a estimé inadmissible les conditions  d' expulsion de ses compatriotes qui étudiaient en France. Il  s'agit de Raïssa Mengué Ondo et Léguy Mbira. 

     Raïssa Mengue Ondo, 29 ans a été expulsée de France le 19  février dernier alors qu'elle prépare une licence en droit.  Arrivée en France en 2002, l'étudiante s'est vue refuser le  renouvellement de son visa d'étudiant par les autorités  préfectorales de la Haute-Garonne au motif qu'elle "n'est pas  menacée dans son pays" et "manquerait de sérieux dans ses études". 

     Son compatriote, Léguy Mbira, 32 ans a subi le même sort. Il a  été mis de force dans un avion à destination de Libreville. Arrivé en France en septembre 1998, le jeune étudiant comptait préparer  un doctorat. Le coût de cette formation était de 5 000 euros, le  jeune gabonais ayant déjà obtenu une maîtrise en France avait  conclu un contrat de travail à durée indéterminée pour espérer  financer ses études de doctorat. La préfecture de Reims où il  résidait a refusé de proroger son séjour en France d'où son  rapatriement forcé. 

     Ces expulsions provoquent l'émoi au sein de la population  gabonaise. Le directeur général des affaires consulaires au  ministère gabonais des Affaires étrangères a révélé lundi que la  France avait expulsé ou refoulé à l'entrée de son territoire 53  gabonais en 2007. 

     Libreville déplore aussi "la survivance de tracasseries et de  nombreux refus de visas, parfois abusifs, au Consulat Général de  France à Libreville". 

     Cette brouille intervient alors que les deux pays ont conclu  en juillet dernier un accord "préférentiel" de gestion concertée  du flux migratoire entre les deux Etats. L'accord qui doit être  ratifié par les parlements deux pays n'est cependant pas encore  applicable.  

     Environ 8.000 Français vivent au Gabon contre 7.000 Gabonais en France, rappelle-t-on.