BRUXELLES, 3 mars (Xinhua) -- Le secrétaire exécutif
de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements
climatiques, Yvo de Boer, a exhorté lundi l'Union européenne (UE) à venir
en aide financièrement aux principaux pays en développement afin de
parvenir à un accord mondial sur les changements climatiques.
M. De Boer s'est exprimé ainsi lors d'une session
des ministres de l'Environnement de l'UE tenue à Bruxelles.
"Mon message aujourd'hui est: s'appuyer sur la
direction que l'Europe a montré jusqu'à présent, réfléchir sur le type de
l'architecture financière nécessaire pour parvenir à un accord de
Copenhague qui sera ratificatif pour les principales économies du
monde", a dit M. De Boer lors d'un point de presse après la
réunion.
Les pays du monde ont convenu, lors de la conférence
des Nations unies sur les changements climatiques tenue en décembre
2007 à Bali, en Indonésie, qu'un accord mondial visant à remplacer le
Protocole de Kyoto doit être scellé lors de la conférence de Copenhague en
décembre 2009.
M. De Boer a dit que les pays riches et les pays en
développement ne pourraient pas prendre les mêmes engagements dans la
lutte contre les changements climatiques comme ce qui a été convenu à
Bali.
"Je ne crois pas qu'il sera possible de parvenir à
une approche similaire pour les pays industrialisés d'une part et
pour les grands pays en développement d'autre part."
Il a estimé que l'engagement de grands pays en
développement tels que La Chine, l'Inde et le Brésil est crucial pour la
conclusion de l'accord de Copenhague.
L'échec de faire participer de grands pays en
développement était l'une des raisons pour lesquelles les Etats-Unis n'ont
pas ratifié le protocole de Kyoto, a-t-il dit.
Mais il a constaté "un progrès significatif" dans la
position récente des Etats-Unis. "Les Etats-Unis font des progrès. Les
Etats-Unis font preuve de flexibilité. Les Etats-Unis essaient de
trouver des moyens susceptibles d'engager l'Europe et les principaux
pays en développement."
Il a également constaté des développements
intéressants en Europe en ce qui concerne les efforts visant à créer une
architecture financière pour engager les pays en développement.
Un débat a commencé en Allemagne sur la vente aux
enchères des droits d'émission à effet de serre, a-t-il indiqué. Des
propositions ont été avancées pour que la part des bénéfices tirée de
la vente aux enchères puisse être utilisée comme mesures incitatives pour
stimuler l'engagement politique des pays en développement.
"La question demeure bien entendu -
non seulement pour les Etats-Unis mais aussi pour l'Europe - de quel
genre de contre- offre aura-t-on besoin, de la part des grands
pays en développement, dont la Chine, l'Inde et le Brésil, pour
le rendre économiquement et politiquement viable pour les
Etats-Unis et d'autres pays industrialisés de prendre également
des engagements? " a dit De Boer.