PARIS, 2 mars (Xinhua) --
"La France veut refonder ses relations avec l'Afrique. La France ne veut
pas être en Afrique pour perpétuer sous d'autres formes des rapports qui
appartiennennt à un passé révolu", a déclaré le président
français Nicolas Sarkozy dans son discours prononcé le 28 février devant
le Parlement sud-africain au Cap, lors de sa visite officielle en
Afrique du Sud.
Dans son discours, le président français a déclaré
que les intérêts de la France en Afrique sont notamment la paix et la
sécurité, la lutte contre la pauvreté, la croissance économique,
annonçant la renégociation des accords de défense signés entre la
France et des pays africains, pour qu'ils reposent à l'avenir sur
"les intérêts stratégiques de la France et de ses partenaires
africains".
Il a également promis la "transparence", en
s'engageant à publier "intégralement" les nouveaux accords de défense que
Paris signerait à l'avenir avec ses partenaires africains. Il a surtout
mis l'accent sur la volonté française d'aider l'Afrique à bâtir " son
propre dispositif de sécurité collective". "La France n'a pas vocation à
maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique, l'Afrique doit
prendre en charge ses problèmes de sécurité", a signalé le président
Sarkozy.
La France a aussi proposé de faire de l'Europe un
"partenaire majeur de l'Afrique en matière de paix et de sécurité".
Dans son discours, le président français a souligné
sa volonté d'"opposer l'égalité, l'équité et le respect entre l'Europe et
l'Afrique" à "l'inégalité, à l'exploitation et au ressentiment".
"La relation franco-africaine est désormais placée
sur un pied d'égalité", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé de la
coopération et de la francophonie au ministère des Affaires
étrangères et européennes Jean-Marie Bockel.
"L'image de la France en Afrique est brouillée. Ce
n'est pas en recourant aux vieux réflexes que la France pourra préserver
ses intérêts...Il faut enfin une 'rupture'", s'est réjoui Michaël
Cheylan, président du Centre d'analyse et de proposition pour
l'Afrique, un groupe de jeunes "praticiens" de l'Afrique --
chercheurs, diplomates, journalistes, représentants des secteurs
privé et associatif, dans un article paru le 29 février dans le
quotidien français Le Figaro.
L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères
Hubert Védrine, à qui le président Sarkozy avait d'ailleurs chargé
d'élaborer un rapport sur la politique étrangère de la France face à
la mondialisation, a qualifié la déclaration du Cap de "très bonne
orientation". Il a néanmoins proposé d'éviter la méthode
" franco-française" dans l'application de cette nouvelle politique,
notamment pour renégocier les accords de défense avec les
partenaires africains.
La rédaction de ces accords de défense avec des pays
africains datant des années 1960 est "obsolète", a indiqué le président
Sarkozy au Cap, "je ne dis pas qu'il faille nécessairement faire
table rase et tout effacer d'un seul trait de plume, mais je dis que
la France souhaite engager les discussions avec tous les Etats africains
concernés, pour adapter les accords existants aux réalités du temps
présent".
Quelque 9.000 soldats français sont actuellement
déployés au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique
et à Djibouti. Avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée,
l'armée française avait décidé d'une restructuration de ses forces en
Afrique dans le cadre du programme de Renforcement des capacités
africaines de maintien de la paix (Recamp).
Le ministre français de la Défense Hervé Morin,
interrogé par la radio France Inter sur la question, a noté que la France
continuerait à "avoir une implantation en Afrique". Ce que la France
souhaite, c'est que les Africains, "à partir de leurs organisations,
prennent en charge de plus en plus la gestion de leurs propres crises, et
que l'Europe s'y implique plus" en matière de paix et de sécurité sur le
continent africain, a-t-il expliqué. Fin