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Sarkozy affrime sa volonté de refonder les relations entre la France et l'Afrique
  2008-03-03 09:22:55  

     PARIS, 2 mars (Xinhua) -- "La France veut refonder ses  relations avec l'Afrique. La France ne veut pas être en Afrique  pour perpétuer sous d'autres formes des rapports qui  appartiennennt à un passé révolu", a déclaré le président français Nicolas Sarkozy dans son discours prononcé le 28 février devant le Parlement sud-africain au Cap, lors de sa visite officielle en  Afrique du Sud. 

     Dans son discours, le président français a déclaré que les  intérêts de la France en Afrique sont notamment la paix et la  sécurité, la lutte contre la pauvreté, la croissance économique,  annonçant la renégociation des accords de défense signés entre la  France et des pays africains, pour qu'ils reposent à l'avenir sur  "les intérêts stratégiques de la France et de ses partenaires  africains". 

     Il a également promis la "transparence", en s'engageant à  publier "intégralement" les nouveaux accords de défense que Paris  signerait à l'avenir avec ses partenaires africains. Il a surtout  mis l'accent sur la volonté française d'aider l'Afrique à bâtir " son propre dispositif de sécurité collective". "La France n'a pas  vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique,  l'Afrique doit prendre en charge ses problèmes de sécurité", a  signalé le président Sarkozy. 

     La France a aussi proposé de faire de l'Europe un "partenaire  majeur de l'Afrique en matière de paix et de sécurité". 

     Dans son discours, le président français a souligné sa volonté d'"opposer l'égalité, l'équité et le respect entre l'Europe et  l'Afrique" à "l'inégalité, à l'exploitation et au ressentiment". 

     "La relation franco-africaine est désormais placée sur un pied  d'égalité", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé de la  coopération et de la francophonie au ministère des Affaires  étrangères et européennes Jean-Marie Bockel. 

     "L'image de la France en Afrique est brouillée. Ce n'est pas en recourant aux vieux réflexes que la France pourra préserver ses  intérêts...Il faut enfin une 'rupture'", s'est réjoui Michaël  Cheylan, président du Centre d'analyse et de proposition pour  l'Afrique, un groupe de jeunes "praticiens" de l'Afrique --  chercheurs, diplomates, journalistes, représentants des secteurs  privé et associatif, dans un article paru le 29 février dans le  quotidien français Le Figaro. 

     L'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert  Védrine, à qui le président Sarkozy avait d'ailleurs chargé  d'élaborer un rapport sur la politique étrangère de la France face à la mondialisation, a qualifié la déclaration du Cap de "très  bonne orientation". Il a néanmoins proposé d'éviter la méthode " franco-française" dans l'application de cette nouvelle politique,  notamment pour renégocier les accords de défense avec les  partenaires africains. 

     La rédaction de ces accords de défense avec des pays africains  datant des années 1960 est "obsolète", a indiqué le président  Sarkozy au Cap, "je ne dis pas qu'il faille nécessairement faire  table rase et tout effacer d'un seul trait de plume, mais je dis  que la France souhaite engager les discussions avec tous les Etats africains concernés, pour adapter les accords existants aux  réalités du temps présent". 

     Quelque 9.000 soldats français sont actuellement déployés au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique et  à Djibouti. Avant l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, l'armée française avait décidé d'une restructuration de ses forces en  Afrique dans le cadre du programme de Renforcement des capacités  africaines de maintien de la paix (Recamp). 

     Le ministre français de la Défense Hervé Morin, interrogé par  la radio France Inter sur la question, a noté que la France  continuerait à "avoir une implantation en Afrique". Ce que la  France souhaite, c'est que les Africains, "à partir de leurs  organisations, prennent en charge de plus en plus la gestion de  leurs propres crises, et que l'Europe s'y implique plus" en  matière de paix et de sécurité sur le continent africain, a-t-il  expliqué. Fin