Accueil Chine Monde Afrique Economie Culture/Edu Science/Tech Santé Société Environnement Tourisme Sports
-
Ban Ki-moon se félicite de l'accord politique au Kenya
-
Sarkozy promet un changement important des politiques françaises en Afrique
-
Les rivaux politiques kenyans signent un accord de partage du pouvoir
-
Les Etats-Unis saluent l'accord politique des Kenyans
-
Un haut envoyé de l'ONU rencontre des membres du gouvernement  somalien
Sarkozy promet un changement important des politiques françaises en Afrique
  2008-02-29 13:57:12  

     JOHANNESBURG, 29 février (Xinhua) -- Le président français  Nicolas Sarkozy a promis, jeudi lors de sa visite en Afrique du  Sud, un changement important des politiques de la France pour le  continent africain, où la France a joué un rôle colonial clé  jusque dans les années 1960. 

     La France ne jouera jamais un "rôle politique" en Afrique, et  elle aidera le continent à se lancer dans la mondialisation, a  annoncé M. Sarkozy. 

     Dans son discours devant le Parlement sud-africain au Cap, M.  Sarkozy a indiqué que la France a l'intention de renégocier tous  les accords de défense avec certains pays d'Afrique, parce qu'ils  sont obsolètes. 

     "Les accords de défense doivent refléter l'Afrique  d'aujourd'hui, pas d'hier", a-t-il souligné, cité par l'agence de  presse, SAPA. 

     "Nous sommes maintenant au 21e siècle contrairement au 20e  siècle. Il est incroyable que l'armée française doive parciper aux conflits domestiques", a indiqué M. Sarkozy, élu en mai 2007. 

     Cela marquera un "tournant important" des politiques  controversées de la France, qui dispose encore de plusieurs  milliers de troupes dans ses anciennes colonies, telles que  Djibouti, le Sénégal, le Ghabon, la Côte d'Ivoire, le Tchad et la  Centrafrique. 

(Photo: Xinhua/AFP)

     Qualifiant la présence militaire de la France en Afrique de " problème fondamental", M. Sarkozy a annoncé plus tôt lors d'un  entretien avec le Star, un journal basé à Johannesburg, que : "Je  crois que les temps ont changé et que la France ne doit pas  nécessairement jouer le rôle de gendarme en Afrique." 

     "C'est le rôle de l'Union africaine (UA) et des organisations  régionales africaines", a-t-il indiqué, ajoutant que la France est prête à aider l'UA et ces organisations "à jouer un rôle plus  actif et décisif dans le maintien de la paix en Afrique." 

     M. Sarkozy est arrivé jeudi matin au Cap pour une visite d'Etat de deux jours en Afrique du Sud, qu'il a qualifié de rôle clé pour la résolution des problèmes du continent africain, tels qu'au  Darfour et au Soudan. 

     Lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue  sud-africain, Thabo Mbeki, M. Sarkozy a annoncé que la France et  l'Afrique du Sud ont été invitées par le président soudanais, Omar al-Bashir, à envoyer une délégation conjointe dans son pays "dans  les jours à venir", pour des négociations sur la crise du Darfour. 

     "Je suis content de l'accepter", a indiqué M. Sarkozy. 

     M. Mbeki a salué l'annonce de M. Sarkozy que la France  examinera tous les accords militaires signé avec certains pays  africains. 

     "C'est un message important pour nous en tant qu'Africains", a- t-il assuré lors de la conférence de presse, ajoutant que cette  démarche est significative pour la décolonisation totale de  l'Afrique. 

     Avant d'arriver en Afrique du Sud, M. Sarkozy a fait une courte escale au Tchad, une ancienne colonie française plongée dans une  crise début février, après que des forces rebelles en eurent  assiégé la capitale et combattu les troupes du gouvernement. 

     Les troupes françaises stationnées au Tchad ont aidé à évacuer  les ressortissants étrangers et ont soutenu logistiquement le  gouvernement tchadien, ce qui a causé quelques critiques sur le  fait que la France n'a pas changé sa politique d'intervention. 

     M. Sarkozy a défendu la position de son gouvernement lors de  l'entretien avec le Star, expliquant que les troupes françaises au Tchad n'ont pas participé aux combats, contrairement à "ce qui  aurait pu avoir lieu dans le passé". 

     "L'attitude de la France dans la crise du Tchad est une preuve  claire que ses relations avec l'Afrique ont changé", a-t-il  martelé. 

     ENGAGEMENTS ENVERS L'AFRIQUE 

     M. Sarkozy a annoncé devant le Parlement sud-africain que son  pays lancera une initiative de 2,5 milliards d'euros pour financer environ 2.000 sociétés et créer 300.000 postes de travail en  Afrique dans les cinq années à venir. Cette initiative portera à  10 milliards d'euros l'engagement financier bilatéral de la France sur l'Afrique sub-saharienne, a-t-il indiqué. 

     M. Sarkozy a promis une contribution continue de la France pour que l'Afrique aboutisse à ses Objectifs du Millénaire pour le  développement, un plan des Nations Unies, afin de réduire de la  moitié la population mondiale vivant dans la pauvreté et la faim  d'ici 2015. 

     A propos des émigrants africains en Europe, un problème épineux entre la France et quelques pays africains, M. Sarkozy a appelé  l'Afrique à travailler avec l'Europe contre l'émigration  incontrôlée. 

     L'émigration non maîtrisée en croissance a mis à l'épreuve les  capacités des pays destinataires dans l'offre de bons postes de  travail, de logements, de l'éducation et des soins médicaux, ce  qui conduit à beaucoup de problèmes, tels que la fuite de cerveaux, le crime organisé et la xénophohie, a indiqué M. Sarkozy. Quelque  65% de l'immigration légale en France vient de l'Afrique, a-t-il  précisé. 

     Il a annoncé plus tôt au journal que la France a signé des  accords sur "la gestion conjointe des flux migrateurs", avec le  Sénégal, le Gabon, le Bénin et la RDCongo. 

     DISCUSSIONS COMMERCIALES EN AFRIQUE DU SUD 

     A l'issue des négociations bilatérales jeudi, MM. Mbeki et  Sarkozy ont annoncé bon nombre d'accords bilatéraux signés entre  les deux pays, allant de l'économie à la politique. 

     M. Sarkozy a aussi annoncé que la France enverra une équipe  d'ingénieurs en Afrique du Sud dans la semaine à venir pour  l'aider à résoudre la crise énergétique. 

     L'annonce a suivi la signature d'un accord de 1,4 milliard  d'euros avec le fournisseur national d'électicité Eskom et la  société française Alstom, choisie afin de fournir des turbines  pour une nouvelle centrale électrique de charbon dans la province  de Mpumalanga. 

     M. Sarkozy a qualifié l'aide de "complètement sans relation  aucune" avec la tentative du géant nucléaire français Areva de  construire une centrale nucléaire en Afrique du Sud. 

     Areva, qui a construit la première centrale nucléaire de  l'Afrique du Sud, à Koeberg, près du Cap, est en compétition avec  la société américaine Westinghouse Electric pour la construction  d'une centrale de 120 milliards de rands (100 rands = 13,90 $),  avec une production deux fois supérieure à la première. 

     La PDG d'Areva, Anne Lauvergeon, fait partie des quelque 40  hommes d'affaires français accompagnant M. Sarkozy lors de son  entretien avec des responsables supérieurs de l'Afrique du Sud et  des directeurs commerciaux, pour discuter des opportunités  commerciales de la plus grande économie de l'Afrique. 

     "Je veux, en général, plus d'établissements des sociétés  françaises en Afrique du Sud", a annoncé le dirigeant français au  Star. 

     La France est le huitième plus grand partenaire commercial de  l'Afrique du Sud, et l'un des importants investisseurs du pays,  selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères. 

     Le commerce bilatéral a totalisé 25 milliards de rands en 2007, avec un équilibre commercial en faveur de la France. Les  exportations de l'Afrique du Sud comptent principalement des  minerais, des métaux, ainsi que d'autres marchandises, tandis que  ses importations depuis la France sont constituées par des  machines, des produits chimiques et pharmaceutiques. 

     Environ 160 sociétés françaises sont présentes en Afrique du  Sud, dont plusieurs géants Total, Alcatel, Renault, Lafarge,  Danone et Peugeot-Citroën. 

     MM. Sarkozy et Mbeki présideront ensemble, vendredi au Cap, le  Forum du commerce de la France et de l'Afrique du Sud. Ensuite le  président français se rendra par avion à Johannesburg pour  rencontrer l'ancien président sud-africain, Nelson Mandela.