NAIROBI, 28 février (Xinhua) -- Le gouvernement
kenyan et l'opposition ont signé après un mois d'âpres négociations un
accord jeudi à Nairobi sur la formation d'un gouvernement de
coalition qui implique la création d'un poste de Premier ministre, a
annoncé le médiateur en chef Kofi Annan.
"Nous avons un accord", a-t-il dit lors d'une
conférence de presse. "Notre travail sur la structure du gouvernement du
Kenya se conclut donc aujourd'hui sur un succès."
Le Premier ministre, qui devrait être un membre élu
du Parlement et un haut responsable de la majorité parlementaire,
supervisera et coordonnera les affaires de tous les ministères, a
expliqué l'ancien secrétaire général de l'ONU.
Deux vice-Premiers ministres seront aussi
recommandés par les partis de la coalition et le nouveau gouvernement
reflètera la représentation des partis au Parlement.
"Le compromis était nécessaire à la survie de ce
pays", a dit M. Annan.
La création des postes de Premier ministre et
vice-Premiers ministres avec de réels pouvoirs exécutifs était une demande
essentielle du parti d'opposition, le Mouvement démocratique orange
(ODM).
Raila Odinga, chef à 62 ans de l'opposition, devrait
devenir Premier ministre.
"Depuis deux mois les Kenyans ne connaissent que la
tristesse", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
Les violences nées de la contestation du résultat de
l'élection présidentielle du 27 décembre dernier ont fait plus de 1 000
morts et 350 000 déplacés au Kenya.
Le président kenyan Mwai Kibaki a été réélu pour
cinq ans au terme d'un scrutin qu'Odinga juge truqué.
L'accord a été conclu au terme d'une réunion de près
de 5 heures et à laquelle participaient le président kenyan Mwai
Kibaki, M. Odinga, le président de l'Union africain en visite et
président de Tanzanie Jakaya Kikwete, l'ancien président de Tanzanie
Benjamin Mkapa et M. Annan.
M. Annan avait suspendu mardi les négociations entre
le PNU ( Parti de l'unité nationale, du président Mwai Kibaki) et l'ODM,
estimant que les deux partis "tournaient en rond".
Depuis, il a eu nombre d'entretiens directs avec
les responsables des deux partis pour trouver une sortie de
crise.