NEW YORK (Nations Unies), 26 février (Xinhua) --
L'Iran fait face à une nouvelle pression du Conseil de sécurité des
Nations Unies, du fait que cette organisation internationale va commencer
plus tard cette semaine à discuter d'un nouveau projet de résolution
comprenant des sanctions plus sévères contre Téhéran concernant son
programme nucléaire.
A l'issue d'une réunion à huis clos entre des
représentants issus de l'Allemagne et des cinq pays membres permanents du
Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine,
Grande- Bretagne, France), tenue lundi dernier à Washington, des
responsables américains ont annoncé qu'ils attentaient un vote
immédiat sur une troisième résolution comprenant des sanctions
élargies sur Téhéran.
"Nous continuons à attendre un vote immédiat sur le
projet de résolution qui est actuellement le sujet principal de nos
discussions à New York", a indiqué le porte-parole du département
d'Etat américain, Tom Casey.
DES SANCTIONS PLUS SEVERES
Ce nouveau projet est en principe basé sur les
"éléments pour une troisième résolution de sanctions" acceptés en janvier
2008 à Berlin par les ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne,
de la Grande-Bretagne, de la Chine, de la France, de la Russie et
des Etats-Unis, seulement avec des changements dans le libellé.
Une session du Conseil de sécurité de l'ONU est
prévue mercredi pour coordonner les positions de ses membres sur le projet
distribué par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne en fin de
semaine dernière. Un vote sur le projet pourrait être tenu à partir de
vendredi.
Comparé avec les deux résolutions précédentes du
Conseil de sécurité de l'ONU sur l'Iran, le nouveau projet comprend des
restrictions de voyage pour davantage d'Iraniens, une expansion
du gel des biens, une interdiction au crédit d'exportation à l'Iran
et au crédit d'importation pour les produits à double usage de
l'Iran, une surveillance financière, des inspections sur les vols et
les avions iraniens, ainsi que d'autres mesures possibles.
Des analystes ont révélé que le nouveau projet a
bien suivi les modalités des résolutions 1737 et 1747, avec l'objectif
d'imposer une pression appropriée sur Téhéran afin de promouvoir une
solution diplomatique au problème nucléaire iranien.
Ils ont déclaré que les sanctions proposées ne
peuvent que provoquer des dommages limités à l'Iran et que l'importance
des sanctions n'est pas présentée dans les récentes pénalités contre
l'Iran, ajoutant qu'ils respectent la pression politique et
diplomatique faite par la communauté internationale.
DIFFERENDS DIFFICILES A RESOUDRE DANS LE CADRE DU
CONSEIL DE SECURITE
Bien que les cinq pays membres permanents du Conseil
de sécurité soient parvenus à un consensus sur le nouveau projet, on
ne peut pas assurer que les 15 membres de l'organisation puissent
approuver une résolution à l'unanimité.
Actuellement, dans le cadre du Conseil de sécurité
de l'ONU, l'unanimité est difficilement réalisable.
Certains des 10 membres non-permanents du Conseil de
sécurité, tels que l'Afrique du Sud, l'Indonésie et la Libye, ont déjà
présenté leur opposition ou doute sur cette résolution comprenant
davantage de sanctions sur l'Iran.
La Libye pourrait avoir des difficultés en principe
avec l'approbation des sanctions et pourrait appeler à davantage de
négociations pour résoudre le dossier nucléaire iranien.
Pour sa part, l'Afrique du Sud a révélé que
l'inspection des cargaisons iraniennes pourrait être plongée dans un flou
légal. L'Indonésie a également présenté ses inquiétudes sur le fait que
les sanctions contre l'Iran pourraient entraver la coopération entre
Téhéran et l'Agence internationale de l'énergie atomique ( AIEA).
Les Etats-Unis, ainsi que des membres occidentaux du
Conseil de sécurité, attendent une approbation à l'unanimité du projet afin
de montrer la solidarité de la communauté internationale et de
l'isolement de l'Iran.
Pour avoir un tel résultat, ces pays doivent
consulter les membres non-permanents sur les détails de ces nouvelles
sanctions. Si les consultations ne peuvent réussir, les Etats-Unis, ainsi
que des membres occidentaux pourraient forcer le Conseil de sécurité
à passer le projet, malgré les votes d'opposition ou d'abstention
de plusieurs membres non-permanents, mais cela pourrait sans doute
affaiblir le poids de la résolution.
AUCUNE PERCEE POSSIBLE A COURT TERME
Vendredi dernier, le directeur général de l'AIEA,
Mohamed ElBaradei, a publié son nouveau rapport sur le problème nucléaire
iranien. Le rapport révèle que l'Iran a clarifié la plupart des
questions en suspens relatives à son programme nucléaire, mais
ajoute que Téhéran refuse encore d'arrêter ses activités
d'enrichissement d'uranium.
Des communiqués faits par des responsables iraniens
ou américains sur le nouveau rapport de l'AIEA, ont fait savoir
qu'il n'y pas de changement dans la position de Téhéran ou de
Washington.
Lors de sa rencontre mardi à Téhéran avec des
ambassadeurs et des chefs de file des missions diplomatiques étrangères à
l'Iran, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki,
a demandé aux Etats-Unis de traiter avec des mesures pratiques le
problème nucléaire iranien, a rapporté une chaîne de télévision
basée à Téhéran.
M. Mottaki a déclaré que l'Iran poursuivra son
programme nucléaire, accusant "la pression inutile" des Etats-Unis et de
leurs alliés sur son pays, malgré la coopération complète de Téhéran
avec l'AIEA.
L'Iran insiste sur le fait que son programme
nucléaire vise seulement un objectif pacifique.
A Washington, la secrétaire d'Etat américaine,
Condoleezza Rice, a annoncé que le rapport de l'AIEA souligne
"l'importance" de l'approbation d'une troisième résolution du Conseil de
sécurité de l'ONU contre l'Iran.
L'adoption d'une troisième résolution
de sanctions sur l'Iran, signifie plutôt un nouveau cycle de disputes
qu'une percée, selon des analystes.