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Analyse: L'Iran fait face à une nouvelle pression du Conseil de sécurité des Nations Unies
  2008-02-27 15:19:35  

      NEW YORK (Nations Unies), 26 février (Xinhua) -- L'Iran fait  face à une nouvelle pression du Conseil de sécurité des Nations  Unies, du fait que cette organisation internationale va commencer  plus tard cette semaine à discuter d'un nouveau projet de  résolution comprenant des sanctions plus sévères contre Téhéran  concernant son programme nucléaire. 

     A l'issue d'une réunion à huis clos entre des représentants  issus de l'Allemagne et des cinq pays membres permanents du  Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande- Bretagne, France), tenue lundi dernier à Washington, des  responsables américains ont annoncé qu'ils attentaient un vote  immédiat sur une troisième résolution comprenant des sanctions  élargies sur Téhéran. 

     "Nous continuons à attendre un vote immédiat sur le projet de  résolution qui est actuellement le sujet principal de nos  discussions à New York", a indiqué le porte-parole du département  d'Etat américain, Tom Casey. 

      

     DES SANCTIONS PLUS SEVERES 

     Ce nouveau projet est en principe basé sur les "éléments pour  une troisième résolution de sanctions" acceptés en janvier 2008 à  Berlin par les ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne,  de la Grande-Bretagne, de la Chine, de la France, de la Russie et  des Etats-Unis, seulement avec des changements dans le libellé. 

     Une session du Conseil de sécurité de l'ONU est prévue mercredi pour coordonner les positions de ses membres sur le projet  distribué par la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne en fin  de semaine dernière. Un vote sur le projet pourrait être tenu à  partir de vendredi. 

     Comparé avec les deux résolutions précédentes du Conseil de  sécurité de l'ONU sur l'Iran, le nouveau projet comprend des  restrictions de voyage pour davantage d'Iraniens, une expansion du gel des biens, une interdiction au crédit d'exportation à l'Iran  et au crédit d'importation pour les produits à double usage de  l'Iran, une surveillance financière, des inspections sur les vols  et les avions iraniens, ainsi que d'autres mesures possibles. 

     Des analystes ont révélé que le nouveau projet a bien suivi les modalités des résolutions 1737 et 1747, avec l'objectif d'imposer  une pression appropriée sur Téhéran afin de promouvoir une  solution diplomatique au problème nucléaire iranien. 

     Ils ont déclaré que les sanctions proposées ne peuvent que  provoquer des dommages limités à l'Iran et que l'importance des  sanctions n'est pas présentée dans les récentes pénalités contre  l'Iran, ajoutant qu'ils respectent la pression politique et  diplomatique faite par la communauté internationale. 

      

     DIFFERENDS DIFFICILES A RESOUDRE DANS LE CADRE DU CONSEIL DE  SECURITE 

     Bien que les cinq pays membres permanents du Conseil de  sécurité soient parvenus à un consensus sur le nouveau projet, on  ne peut pas assurer que les 15 membres de l'organisation puissent  approuver une résolution à l'unanimité. 

     Actuellement, dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU,  l'unanimité est difficilement réalisable. 

     Certains des 10 membres non-permanents du Conseil de sécurité,  tels que l'Afrique du Sud, l'Indonésie et la Libye, ont déjà  présenté leur opposition ou doute sur cette résolution comprenant  davantage de sanctions sur l'Iran. 

     La Libye pourrait avoir des difficultés en principe avec  l'approbation des sanctions et pourrait appeler à davantage de  négociations pour résoudre le dossier nucléaire iranien. 

     Pour sa part, l'Afrique du Sud a révélé que l'inspection des  cargaisons iraniennes pourrait être plongée dans un flou légal.  L'Indonésie a également présenté ses inquiétudes sur le fait que  les sanctions contre l'Iran pourraient entraver la coopération  entre Téhéran et l'Agence internationale de l'énergie atomique ( AIEA). 

     Les Etats-Unis, ainsi que des membres occidentaux du Conseil de sécurité, attendent une approbation à l'unanimité du projet afin  de montrer la solidarité de la communauté internationale et de  l'isolement de l'Iran. 

     Pour avoir un tel résultat, ces pays doivent consulter les  membres non-permanents sur les détails de ces nouvelles sanctions. Si les consultations ne peuvent réussir, les Etats-Unis, ainsi que des membres occidentaux pourraient forcer le Conseil de sécurité à passer le projet, malgré les votes d'opposition ou d'abstention de plusieurs membres non-permanents, mais cela pourrait sans doute  affaiblir le poids de la résolution. 

      

     AUCUNE PERCEE POSSIBLE A COURT TERME 

     Vendredi dernier, le directeur général de l'AIEA, Mohamed  ElBaradei, a publié son nouveau rapport sur le problème nucléaire  iranien. Le rapport révèle que l'Iran a clarifié la plupart des  questions en suspens relatives à son programme nucléaire, mais  ajoute que Téhéran refuse encore d'arrêter ses activités  d'enrichissement d'uranium. 

     Des communiqués faits par des responsables iraniens ou  américains sur le nouveau rapport de l'AIEA, ont fait savoir qu'il n'y pas de changement dans la position de Téhéran ou de Washington. 

     Lors de sa rencontre mardi à Téhéran avec des ambassadeurs et  des chefs de file des missions diplomatiques étrangères à l'Iran,  le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a demandé aux Etats-Unis de traiter avec des mesures pratiques le  problème nucléaire iranien, a rapporté une chaîne de télévision  basée à Téhéran. 

     M. Mottaki a déclaré que l'Iran poursuivra son programme  nucléaire, accusant "la pression inutile" des Etats-Unis et de  leurs alliés sur son pays, malgré la coopération complète de  Téhéran avec l'AIEA. 

     L'Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire vise  seulement un objectif pacifique. 

     A Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a annoncé que le rapport de l'AIEA souligne "l'importance" de  l'approbation d'une troisième résolution du Conseil de sécurité de l'ONU contre l'Iran. 

     L'adoption d'une troisième résolution de sanctions sur l'Iran,  signifie plutôt un nouveau cycle de disputes qu'une percée, selon  des analystes.