NEW YORK (Nations Unies), 25 février (Xinhua) --
D'énormes besoins humanitaires devront être satisfaits au Kenya "pendant
plusieurs mois", a indiqué lundi le secrétaire général adjoint de
l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'
urgence, John Holmes.
M. Holmes, qui a présenté lundi au Conseil de
sécurité de l'ONU un compte rendu de sa visite au Kenya du 8 au 11 février
dernier, a mis en garde contre une nouvelle dégradation de la situation
humanitaire si aucun accord politique n'est conclu, indique un
communiqué de l'ONU.
M. Holmes a estimé à au moins une année, "même sur
la base d'un règlement politique rapide et efficace des questions
immédiates", la durée de cette période.
Il a ajouté que les Nations Unies renforceraient
leur présence ainsi que leur travail avec la Croix-Rouge kényenne.
M. Holmes a également mis l'accent sur la nécessité
pour l'ONU de réfléchir à une réorientation de ses programmes de
développement pour le Kenya "afin de faire face aux problèmes
sous- jacents qui sont apparus".
De même, a-t-il ajouté, si aucune solution rapide
n'est trouvée à la crise politique, "le risque d'un nouveau déferlement de
violence, de déplacements supplémentaires et d'une polarisation
accrue de la société demeure très élevé".
"Les conséquences humanitaires d'une telle situation
pourraient être plus importantes que ce que nous avons connu jusqu'à
présent", a-t-il déclaré.
"La responsabilité des personnalités politiques de
tous bords est donc très importante, tout comme la nécessité d'un soutien
solide et continu de la communauté internationale, y compris du
Conseil de sécurité, pour résoudre à la fois les problèmes
politiques à court terme et les questions à long terme", a indiqué M.
Holmes.
Il a également redit le soutien total des Nations
Unies au processus de médiation entrepris par l'ancien secrétaire général
de l'ONU, Kofi Annan.
M. Holmes a indiqué que les violences ont fait
environ un millier de morts, 300.000 déplacés "et peut-être davantage".
Plus de 270.000 personnes issues de six des huit provinces du Kenya
vivent dans près de 200 camps et des sites de la vallée du Rift, de
Nyanza et des provinces occidentale, côtière et centrale, a-t- il expliqué,
précisant qu'environ 500.000 autres personnes avaient un besoin urgent
d'abris, d'eau, de nourriture et de soins médicaux. En outre, 12.000
réfugiés kényens en Ouganda sont pris en charge.
Le Coordonnateur des secours d'urgence a jugé que
les besoins humanitaires de base dans les camps et les sites avaient été
satisfaits. La Croix-Rouge kényenne, qui a dirigé la réponse
humanitaire, avec les services gouvernementaux pertinents, a joué un
rôle clef dans ce succès, a-t-il assuré, soulignant également la façon
satisfaisante dont les institutions humanitaires des Nations Unies et les
organisations non gouvernementales ont rapidement et efficacement fait
face à la crise.
M. Holmes a classé les personnes déplacées dans
trois catégories principales. La première, qui regroupe les trois
quarts des personnes déplacées, est constituée de fermiers de la
vallée du Rift, la deuxième de travailleurs migrants de l'ouest
du Kenya et la troisième d'habitants des bidonvilles de Nairobi.
"Les personnes déplacées estiment qu'il faut assurer
leur sécurité, leur sûreté, en particulier les femmes et les enfants",
a déclaré le secrétaire général adjoint aux affaires
humanitaires, indiquant que certains subissaient les conséquences
psychologiques de ce qu'ils avaient vécu, tels les meurtres, les viols ou
les incendies.
Il convient de rétablir la confiance et d'assurer la
sécurité de ces personnes avant même leur retour, a-t-il ajouté.
Pour cela, il est essentiel, à ses yeux, de
respecter strictement les principes d'impartialité, du caractère
volontaire du retour et la nécessité de consulter les personnes déplacées
elles-mêmes sur leur avenir.
M. Holmes a enfin affirmé que le plan
d'appel d'urgence serait révisé dans les semaines à venir. Celui-ci, d'un
montant total de 42 millions de dollars, n'a en effet recueilli que 60%
de contributions, a-t-il dit.