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Kenya : d'énormes besoins humanitaires devront être satisfaits (ONU)
  2008-02-26 07:05:25  

    NEW YORK (Nations Unies), 25 février (Xinhua) -- D'énormes  besoins humanitaires devront être satisfaits au Kenya "pendant  plusieurs mois", a indiqué lundi le secrétaire général adjoint de  l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'  urgence, John Holmes. 

     M. Holmes, qui a présenté lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un compte rendu de sa visite au Kenya du 8 au 11 février dernier,  a mis en garde contre une nouvelle dégradation de la situation  humanitaire si aucun accord politique n'est conclu, indique un  communiqué de l'ONU. 

     M. Holmes a estimé à au moins une année, "même sur la base d'un règlement politique rapide et efficace des questions immédiates",  la durée de cette période.  

     Il a ajouté que les Nations Unies renforceraient leur présence  ainsi que leur travail avec la Croix-Rouge kényenne. 

     M. Holmes a également mis l'accent sur la nécessité pour l'ONU  de réfléchir à une réorientation de ses programmes de  développement pour le Kenya "afin de faire face aux problèmes sous- jacents qui sont apparus".  

     De même, a-t-il ajouté, si aucune solution rapide n'est trouvée à la crise politique, "le risque d'un nouveau déferlement de  violence, de déplacements supplémentaires et d'une polarisation  accrue de la société demeure très élevé".  

     "Les conséquences humanitaires d'une telle situation pourraient être plus importantes que ce que nous avons connu jusqu'à présent", a-t-il déclaré.  

     "La responsabilité des personnalités politiques de tous bords  est donc très importante, tout comme la nécessité d'un soutien  solide et continu de la communauté internationale, y compris du  Conseil de sécurité, pour résoudre à la fois les problèmes  politiques à court terme et les questions à long terme", a indiqué M. Holmes. 

     Il a également redit le soutien total des Nations Unies au  processus de médiation entrepris par l'ancien secrétaire général  de l'ONU, Kofi Annan. 

     M. Holmes a indiqué que les violences ont fait environ un  millier de morts, 300.000 déplacés "et peut-être davantage". Plus de 270.000 personnes issues de six des huit provinces du Kenya  vivent dans près de 200 camps et des sites de la vallée du Rift,  de Nyanza et des provinces occidentale, côtière et centrale, a-t- il expliqué, précisant qu'environ 500.000 autres personnes avaient un besoin urgent d'abris, d'eau, de nourriture et de soins  médicaux. En outre, 12.000 réfugiés kényens en Ouganda sont pris  en charge. 

     Le Coordonnateur des secours d'urgence a jugé que les besoins  humanitaires de base dans les camps et les sites avaient été  satisfaits. La Croix-Rouge kényenne, qui a dirigé la réponse  humanitaire, avec les services gouvernementaux pertinents, a joué  un rôle clef dans ce succès, a-t-il assuré, soulignant également  la façon satisfaisante dont les institutions humanitaires des  Nations Unies et les organisations non gouvernementales ont  rapidement et efficacement fait face à la crise.  

     M. Holmes a classé les personnes déplacées dans trois  catégories principales. La première, qui regroupe les trois  quarts des personnes déplacées, est constituée de fermiers de la  vallée du Rift, la deuxième de travailleurs migrants de l'ouest du Kenya et la troisième d'habitants des bidonvilles de Nairobi.  

     "Les personnes déplacées estiment qu'il faut assurer leur  sécurité, leur sûreté, en particulier les femmes et les enfants",  a déclaré le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, indiquant que certains subissaient les conséquences psychologiques de ce qu'ils avaient vécu, tels les meurtres, les viols ou les  incendies.  

     Il convient de rétablir la confiance et d'assurer la sécurité  de ces personnes avant même leur retour, a-t-il ajouté.  

     Pour cela, il est essentiel, à ses yeux, de respecter  strictement les principes d'impartialité, du caractère volontaire  du retour et la nécessité de consulter les personnes déplacées  elles-mêmes sur leur avenir.  

     M. Holmes a enfin affirmé que le plan d'appel d'urgence serait  révisé dans les semaines à venir. Celui-ci, d'un montant total de 42 millions de dollars, n'a en effet recueilli que 60% de  contributions, a-t-il dit.