MOSCOU, 21 février (Xinhua) -- Le président sortant
russe, Vladimir Poutine, a rencontré jeudi dans sa résidence près de
Moscou ses homologues de pays membres de la Communauté des Etats
indépendants (CEI), en prévision d'un sommet officieux du bloc,
regroupant la plupart des républiques de l'ancienne URSS, qui se
concentrera sur l'économie.
Ce sommet, qui se déroule vendredi à Moscou, est
également la dernière présence de M. Poutine dans des réunions
multilatérales en tant que président de la Russie, avant l'élection
présidentielle russe prévue le 2 mars, lors de laquelle son
successeur désigné, le premier vice-Premier ministre, Dimitri
Medvedev, devrait remporter une victoire écrasante, selon la
majorité des observateurs.
LES RENCONTRES DE M. POUTINE AVEC SES
HOMOLOGUES
Lors de la réunion avec son homologue kirghiz,
Kourmanbek Bakiev, M. Poutine s'est déclaré satisfait des progrès
enregistrés dans les relations bilatérales, évoquant les échanges
commerciaux réciproques qui ont augmenté de 40% et dépassé un milliard de
dollars, ont rapporté des agences de presse russes.
"Nous bénéficions de perspectives prometteuses dans
les investissements mutuels, dans les domaines de l'exploitation de
minerais et de la production du brut et du gaz naturel", a indiqué M.
Poutine.
M. Bakiev a fait l'éloge des relations entre le
Kirghizstan et la Russie, alors que les échanges commerciaux et les
investissements bilatéraux sont en constante augmentation.
"La chose la plus importante est que des compagnies
et des investisseurs russes sont présents dans l'économie kirghize et
que nous avons déjà obtenu des résultats", a confirmé M. Bakiev.
Au cours de sa rencontre avec le président tadjik,
Emomali Rakhmonov, M. Poutine a proposé aux deux pays d'intensifier la
coopération énergétique et militaire.
"Bien sûr, nous discuterons des relations
bilatérales, dont notamment la coopération énergétique", a souligné M.
Poutine lors des entretiens.
De son côté, M. Rakhmonov a apprécié la contribution
de M. Poutine au développement du partenariat stratégique entre la
Russie et le pays d'Asie centrale.
La réunion entre M. Poutine et son homologue
azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a été jugée "bonne, significative et
chaleureuse" par l'adjoint présidentiel russe, Sergueï Prikhodko.
Les dirigeants des deux pays ont exprimé leurs
satisfactions sur les relations bilatérales, s'engageant à élargir la
coopération commerciale et économique, a rapporté l'agence Itar- Tass
citant M. Prikhodko.
Pourtant, l'installation d'une station radar russe
dans le pays caucasien, proposition lancée par Moscou pour l'inscrire dans
le bouclier antimissiles américain en échange de la construction
d'un dispositif similaire en République tchèque ne figurait pas au
menu des discussions.
Washington a projeté de déployer des dispositifs
antimissiles en Europe de l'Est, dont dix missiles intercepteurs en
Pologne et une base radar en République tchèque, se heurtant toutefois à
l'opposition ferme de Moscou, qui a mis en garde contre un
nouveau déséquilibre de la sécurité régionale.
Lors d'une autre réunion, M. Poutine et son
homologue géorgien, Mikheil Saakachvili, ont souhaité que les relations
entre les deux pays s'améliorent prochainement.
"Dans nombre de domaines, une tendance à
l'amélioration est née dans nos relations", a indiqué M. Poutine à M.
Saakachvili, dans la résidence présidentielle à Novo-Ogariovo, à l'ouest
de Moscou.
M. Saakachvili a affirmé sa volonté de restaurer les
relations de bon voisinage Géorgie-Russie, qui se sont dégradées en raison
: du rapprochement du pays caucasien avec l'Occident, en
particulier son intention de prendre part à l'OTAN, de l'embargo économique
imposé par la Russie sur la Géorgie et des soutiens russes accordés
à des régions dissidentes géorgiennes.
"La Russie et la Géorgie doivent rétablir des
relations normales et surmonter les anciennes difficultés", a conclu M.
Saakachvili, qui a remporté de justesse la présidentielle très
disputée en janvier dernier et s'est engagé à améliorer les liens
entre Tbillissi et Moscou.
UN SOMMET DE LA CEI CENTRE SUR L'ECONOMIE
Le sommet officieux de la CEI sera consacré aux
discussions sur les perspectives du bloc dirigé par Moscou, ainsi que sur
les politiques économiques et sociales communes, dont la migration et
les transports entre autres, a révélé un haut responsable du
Kremlin.
"L'un des sujets les plus urgents est (...) de
promouvoir le développement de la CEI et de concrétiser le plan des
affaires majeures (adopté par le sommet de la CEI du 5 octobre 2007 à
Douchanbe la capitale tadjike)", a indiqué le haut responsable russe
sous le couvert de l'anonymat, cité par l'agence de presse,
Itar-Tass.
Les présidents vont également discuter des
interactions économiques au sein de la CEI, l'une des priorités du bloc,
visant à augmenter la compétitivité de l'organisation et à accélérer le
développement social et économique de tous les pays membres.
Ils vont également aborder la modernisation des
infrastructures de transports des pays concernés, a ajouté le
responsable.
La CEI, fondée après la désintégration de l'Union
soviétique en 1991, regroupe 12 des 15 anciennes républiques du pays, à
l'exception des trois pays riverains de la Baltique.
La CEI s'est engagée à mettre en place une zone
de libre- échange en accord avec les principes et les normes
de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).