NEW YORK (Nations Unies), 19 février (Xinhua) -- Le
Conseil de sécurité de l'ONU a entendu mardi un exposé du Représentant
spécial pour le Soudan, Ashraf Qazi, consacré notamment à la mise en
oeuvre de l'Accord global entre le Nord et le Sud du pays, au recensement
prévu en 2008 et aux élections de 2009.
"La situation générale dans la zone de cessez-le-feu
reste relativement stable, en dépit de l'intensification de troubles
entre l'Armée populaire de libération du Soudan et les Forces armées
soudanaises le long des routes de migration et d'accès à l'eau", a déclaré
M. Qazi.
Indiquant que le gouvernement du Sud-Soudan avait
annoncé des plans de désarmement des tribus armées et la démobilisation
d'anciennes milices, il a ajouté que la situation à Abyei avait peu
évolué, dans la mesure où la région demeurait sensible à une éventuelle
reprise du conflit.
En ce qui concerne le processus de paix, la
persistance de sérieux obstacles empêche toute accélération de celui-ci.
"Les relations entre les deux parties sont
relativement cordiales, a-t-il dit, tout en faisant remarquer qu'elles
souffrent toutefois d'un manque significatif de confiance
mutuelle. D'un côté, le Parti du Congrès national estime que le
Mouvement/ Armée populaire de libération du Soudan s'en tient à la
recherche de la sécession à l'occasion du référendum de 2011, sans tenir
compte des éventuelles concessions proposées", a-t-il indiqué.
Pour le Représentant spécial, le principal défi de
la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) sera de contribuer à
modifier ces perceptions pour faciliter la relance du processus politique
par le biais, notamment, de la mise en oeuvre de l'Accord global de
paix.
Il a estimé que l'Accord fournissait le cadre requis
pour amener les deux parties à la réconciliation. L'Accord garantit
également le droit à l'autodétermination du peuple du Sud-Soudan
à travers l'exercice libre et informé du choix qui lui sera offert en
2011, a-t-il rappelé.
Sur le plan humanitaire, le Représentant spécial a
affirmé que dans la perspective du recensement de 2008 et des élections de
2009, la pression sur le gouvernement du Sud-Soudan le contraignait
désormais à donner des gages de paix aux populations locales.
Il a rapporté avoir à cet égard demandé instamment
aux autorités soudanaises d'adopter la loi électorale et d'établir
une commission électorale indépendante, laquelle pourrait devenir le
principal interlocuteur de l'ONU en vue du scrutin.
Le Représentant spécial a en outre
appelé la communauté des donateurs à appuyer le gouvernement du
Sud-Soudan, qui manque d'infrastructures, à préparer ces élections.