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Les Etats de l'UE divisés sur la reconnaissance de l'indépendance  du Kosovo (SYNTHESE ACTUALISATION)
  2008-02-19 12:56:27  

     BRUXELLES, 19 février (Xinhua) -- Les pays membres de l'Union  européenne (UE), divisés sur la reconnaissance de l'indépendance  du Kosovo, ont choisi de se prononcer séparément sur cette  question en fonction de leurs intérêts nationaux, à l'issue à  l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à  Bruxelles. 

     Les Etats membres de l'UE ont convenu de se prononcer  individuellement sur l'indépendance du Kosovo, et de décider de  leurs relations avec le Kosovo, selon leurs intérêts nationaux et  les droits internationaux, et l'UE n'y interviendra pas, a indiqué la présidence slovène dans une déclaration faite au sortir de la  concertation ministérielle de l'UE. 

     Le Kosovo est un cas exceptionnel. Son indépendance ne servira  d'un exemple pour les autres régions dans le monde, et ne permerra pas non plus de mettre en cause les principes de la résolution du  Conseil de sécurité de l'ONU, selon la déclaration présidentielle. 

     L'UE a également réaffirmé son engagement à la région des  Balkans de l'Ouest, et sa disponibilité à jouer un rôle dirigeant  dans le renforcement de la stabilité de cette région. 

     L'UE a promis de poursuivre sa coopération avec les Nations  Unies, la force européenne de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) et d'autres acteurs internationaux pour préserver la stabilité  dans la région. 

     L'UE a par ailleurs appellé la Serbie et le Kosovo à respecter  leurs engagements précédents à éviter toute action et déclaration  qui pourrait compromettre la situation de sécurité sous-régionale. 

     Suite à la proclamation de l'indépendance du Kosov, les Etats- Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Turquie ont  immédiatement reconnu ce "nouvel Etat", une action qui pourra être suivie par la Pologne et la Finlande. 

     Cependant, des pays membres de l'UE sont reticents à  reconnaître l'indépendance du Kosovo de crainte que cette démarche n'encourage les activités sécessionistes de leurs minorités,  notamment Chypre, l'Espagne et la Roumanie. 

     Chypre, tourmenté par une partition de son territoire depuis 34 ans, persiste dans sa position. L'indépendance du Kosovo est " juridiquement nulle", et constitue "une violation de l'intégrité  territoriale et la souveraineté" de la Serbie, a déclaré la  ministre chypriote des Affaires étrangères, Erato Kozakou- Marcoullis, ajoutant que Chypre ne la reconnaîtra "jamais".  

     L'Espagne, pays qui combat depuis 40 ans un mouvement  séparatiste basque, refuse aussi de reconnaître un Kosovo  indépendant. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel  Angel Moratinos, a affirmé que "le gouvernement espagnol ne va pas reconnaître l'acte unilatéral" du Parlement kosovar. "Nous  considérons que cela ne respecte pas le droit international", a-t- il souligné. 

     La Roumanie est d'avis que la déclaration unilatérale  d'indépendance du Kosovo était un acte illégal. Selon le président roumain Traian Basescu, la position de la Roumanie au sujet du  Kosovo reste inchangée. Bucarest a affirmé à plusieurs reprises  que la Roumanie ne reconnaîtrait pas l'indépendance du Kosovo, si  elle est déclarée de manière unilatérale à Pristina par les  autorités des Albanais kosovars. 

     Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères Dora  Bakoyannis a fait savoir que son pays se prononcerait sur la  question de la reconnaissance du Kosovo dans "une phase ultérieure ". 

     Les anciennes républiques soviétiques partagent la réserve de  la Russie à l'égard de l'indépendance du Kosovo. 

     Le Bélarus a appelé une solution politique à la question du  Kosovo dans le cadre des droits internationaux et de la résolution de l'ONU. "La résolution de la dispute sur le statut du Kosovo  devrait être basée sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité  de l'ONU", a indiqué le ministère bélarus des Affaires étrangères  dans un communiqué. 

     Sur la chaîne de télévsion Roustavi 2, le ministre géorgien des Affaires étrangères David Bakradzé a fait savoir que son pays " n'examine pas la question d'une reconnaissance du Kosovo". "Nous  allons développer les relations avec nos partenaires stratégiques  occidentaux, mais nous devons agir en conformité avec nos intérêts nationaux", a poursuivi M. Bakradzé.