BRUXELLES, 19 février (Xinhua) -- Les pays membres
de l'Union européenne (UE), divisés sur la reconnaissance de
l'indépendance du Kosovo, ont choisi de se prononcer séparément sur cette
question en fonction de leurs intérêts nationaux, à l'issue à
l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à
Bruxelles.
Les Etats membres de l'UE ont convenu de se
prononcer individuellement sur l'indépendance du Kosovo, et de décider de
leurs relations avec le Kosovo, selon leurs intérêts nationaux et
les droits internationaux, et l'UE n'y interviendra pas, a indiqué la
présidence slovène dans une déclaration faite au sortir de la concertation
ministérielle de l'UE.
Le Kosovo est un cas exceptionnel. Son indépendance
ne servira d'un exemple pour les autres régions dans le monde, et ne
permerra pas non plus de mettre en cause les principes de la résolution du
Conseil de sécurité de l'ONU, selon la déclaration présidentielle.
L'UE a également réaffirmé son engagement à la
région des Balkans de l'Ouest, et sa disponibilité à jouer un rôle
dirigeant dans le renforcement de la stabilité de cette région.
L'UE a promis de poursuivre sa coopération avec les
Nations Unies, la force européenne de maintien de la paix au Kosovo
(KFOR), l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe
(OSCE) et d'autres acteurs internationaux pour préserver la stabilité
dans la région.
L'UE a par ailleurs appellé la Serbie et le Kosovo à
respecter leurs engagements précédents à éviter toute action et
déclaration qui pourrait compromettre la situation de sécurité
sous-régionale.
Suite à la proclamation de l'indépendance du Kosov,
les Etats- Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Turquie ont
immédiatement reconnu ce "nouvel Etat", une action qui pourra
être suivie par la Pologne et la Finlande.
Cependant, des pays membres de l'UE sont reticents à
reconnaître l'indépendance du Kosovo de crainte que cette
démarche n'encourage les activités sécessionistes de leurs minorités,
notamment Chypre, l'Espagne et la Roumanie.
Chypre, tourmenté par une partition de son
territoire depuis 34 ans, persiste dans sa position. L'indépendance du
Kosovo est " juridiquement nulle", et constitue "une violation de
l'intégrité territoriale et la souveraineté" de la Serbie, a déclaré la
ministre chypriote des Affaires étrangères, Erato
Kozakou- Marcoullis, ajoutant que Chypre ne la reconnaîtra "jamais".
L'Espagne, pays qui combat depuis 40 ans un
mouvement séparatiste basque, refuse aussi de reconnaître un Kosovo
indépendant. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel
Angel Moratinos, a affirmé que "le gouvernement espagnol ne va
pas reconnaître l'acte unilatéral" du Parlement kosovar. "Nous
considérons que cela ne respecte pas le droit international", a-t- il
souligné.
La Roumanie est d'avis que la déclaration
unilatérale d'indépendance du Kosovo était un acte illégal. Selon le
président roumain Traian Basescu, la position de la Roumanie au sujet du
Kosovo reste inchangée. Bucarest a affirmé à plusieurs reprises que
la Roumanie ne reconnaîtrait pas l'indépendance du Kosovo, si elle est
déclarée de manière unilatérale à Pristina par les autorités des Albanais
kosovars.
Pour sa part, la ministre des Affaires étrangères
Dora Bakoyannis a fait savoir que son pays se prononcerait sur la
question de la reconnaissance du Kosovo dans "une phase
ultérieure ".
Les anciennes républiques soviétiques partagent la
réserve de la Russie à l'égard de l'indépendance du Kosovo.
Le Bélarus a appelé une solution politique à la
question du Kosovo dans le cadre des droits internationaux et de la
résolution de l'ONU. "La résolution de la dispute sur le statut du Kosovo
devrait être basée sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité de
l'ONU", a indiqué le ministère bélarus des Affaires étrangères dans un
communiqué.
Sur la chaîne de télévsion Roustavi 2,
le ministre géorgien des Affaires étrangères David Bakradzé a fait savoir que
son pays " n'examine pas la question d'une reconnaissance du
Kosovo". "Nous allons développer les relations avec nos
partenaires stratégiques occidentaux, mais nous devons agir en conformité
avec nos intérêts nationaux", a poursuivi M. Bakradzé.