BEIJING, 17 février (Xinhua) -- La province serbe du
Kosovo à forte population albanaise a proclamé dimanche son indépendance,
en dépit de l'opposition de la Serbie et de la Russie, alliée
traditionnelle de la Serbie.
Le gouvernement serbe a adopté jeudi dernier une
résolution, déclarant que toute action unilatérale serait nulle et que
l'indépendance du Kosovo viole la souveraineté et l'intégrité
territoriale de la Serbie.
La Serbie a réitéré deux principes pour la solution
au futur statut du Kosovo : le premier insiste sur la reconnaissance du
Kosovo comme une partie de la Serbie conformément à la résolution
1244 du Conseil de sécurité des Nations Unies ; le second concerne le
rejet par la Serbie de la proclamation unilatérale de l'indépendance de sa
province sécessionniste du Kosovo ou des activités similaires.
Mais la communauté albanaise majortiare au Kosovo
réclame une indépendance totale plutôt que l'autonomie maximum proposée
par la Serbie. Le Premier ministre du Kosovo, Hachim Thaci, a affirmé le
24 janvier dernier à Bruxelles que le Kosovo était prêt à proclamer
son indépendance dans les jours à venir.
Non seulement le futur statut du Kosovo a des liens
directs avec la Serbie et la communauté albanaise de la région, mais
aussi avec les intérêts des Etats-Unis, de la Russie et de l'Union
européenne (UE).
Les Etats-Unis soutiennent l'indépendance du Kosovo,
prétendant qu'elle profiterait à la stabilité aux Balkans. Le porte-parole
du Département d'Etat américain, Gonzalo Gallegos, a déclaré en
décembre dernier que Washington soutenait l'indépendance du Kosovo et
continuerait à coopérer étroitement avec les alliés pour promouvoir la
solution au statut de cette région.
Le président américain George W. Bush pense depuis
longtemps que le Kosovo pourra avancer et sera soutenu par la communauté
internationale dans son processus de recherche de l'indépendance, a
indiqué le 13 février la porte-parole de la Maison Blanche,
Dana Perino.
De l'autre côté, la Russie s'oppose vivement à la
proclamation unilatérale de l'indépendance du Kosovo, soulignant que
l'indépendance de ce dernier viole le droit international et produit
des effets négatifs sur les Balkans et le monde entier.
Le 14 février, le président russe Vladimir Poutine a
qualifié le soutien à la proclamation unilatérale de l'indépendance du
Kosovo d'"immoral et illégal".
L'UE composée de 27 nations se voit divisée face à
la question de reconnaître ou non l'indépendance du Kosovo, lorsque
Chypre, la Grèce et l'Espagne ont exprimé leur objection.
Le Kosovo était une province méridionale autonome au
sein de la Serbie avant la fragmentation de l'ex-République fédérale de
Yougoslavie. Sa population est de deux millions d'habitants, dont
90% est de la communauté albanaise, et la communauté serbe n'en
occupe que 7%.
En termes de la résolution 1244 du Conseil
de sécurité des Nations Unies adoptée le 10 juin 1999, et ce après les
raids aériens de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN)
sur les forces yougoslaves, le Kosovo a été mis sous l'administration
d'une mission de l'ONU, avec le déploiement de troupes de l'OTAN pour
y maintenir la sécurité.