BEIJING, 17 février (Xinhua) -- La province serbe du
Kosovo à forte population albanaise a proclamé dimanche son indépendance,
en dépit de l'opposition de la Serbie et de la Russie, alliée
traditionnelle de la Serbie.
Le Kosovo était une province autonome au sein de la
Serbie avant la fragmentation de l'ex-République fédérale de
Yougoslavie. Sa population est de deux millions d'habitants, dont 90% est
de la communauté albanaise, et la communauté serbe n'en occupe que
7%.
En termes de la Constitution yougoslave en date de
1974, le Kosovo est une province autonome au sein de la Serbie. La
communauté albanaise majoritaire cherche une indépendance du Kosovo
depuis la fin des années 1980.
En 1989, les autorités serbes ont mis fin à
l'autonomie du Kosovo et changé son statut, provoquant une vive opposition
de la communauté albanaise. Les tensions augmentaient entre les deux
communautés.
En 1992, la République fédérale socialiste de
Yougoslavie s'est désintégrée. Le Parlement yougoslave où les Serbes sont
majoritaires, a adopté une Constitution pour un nouvel Etat qui
ne comprend que la Serbie et le Monténégro, en proclamant la
fondation d'une nouvelle République fédérale de Yougoslavie (RFY).
De l'autre côté, la communauté albanaise du Kosovo a
proclamé la fondation de la "République du Kosovo" indépendante, qui n'est
pas reconnue par la communauté internationale. Le Kosovo se
trouve depuis dans des turbulences.
Le 24 mars 1999, sans autorisation des Nations
Unies, l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a lancé des
raids aériens contre les forces yougoslaves, sous prétexte de
prévenir des "crises humanitaires" dans la région.
Le 9 juin 1999, la RFY et l'OTAN ont signé un accord
militaire technique sur le retrait des forces yougoslaves du Kosovo. Le
lendemain, le Conseil de sécurité des Nations Unies a approuvé la
résolution 1244 réaffirmant la souveraineté de la RFY sur le Kosovo
et demandant de respecter la souveraineté ainsi que l'intégrité
territoriale de la RFY.
En termes de cette résolution, le Kosovo a été mis
sous l'administration d'une mission de l'ONU, avec le déploiement de
troupes de l'OTAN pour y maintenir la sécurité.En 2003, le Parlement
yougoslave a adopté une nouvelle Charte constitutionnelle pour dissoudre
la RFY et créer un Etat nommé " Serbie et Monténégro".
La Serbie souhaite malgré tout garder sa
souveraineté sur le Kosovo, alors que la communauté albanaise de ce
dernier réclame une indépendance totale plutôt qu'une "autonomie maximum"
proposée par le président serbe Boris Tadic.
En novembre 2005, les négociations sur le futur
statut du Kosovo ont officiellement débuté.Mais aucun progrès tangible n'a
été fait après plusieurs tours de négociations à Vienne en Autriche,
en raison de divergences entre les deux parties sur un large volet de
dossiers.
En mars 2007, l'envoyé spécial des Nations Unies,
Martti Ahtisaari, a proposé une indépendance internationalement
supervisée pour le Kosovo. Face à l'objection de la Russie, ce plan
n'a pas été remis au Conseil de sécurité pour être adopté.
Après, le secrétaire général des Nations Unies, Ban
Ki-moon, a demandé à ladite Troïka -- Etats-Unis, Union européenne et
Russie - - d'organiser un nouveau tour de négociations et donné la date
butoir du 10 décembre 2007 pour accomplir le rapport sur les
négociations.
Malgré plusieurs tours de négociations depuis aout
2007, les dirigeants de la Serbie et de la communauté albanaise du Kosovo
n'ont pas réussi à parvenir à un compromis sur le statut de cette
région.
Le 19 décembre 2007, le Conseil de sécurité
a clôturé les consultations sur le futur statut du Kosovo sans résultats,
en raison des différends entre les parties concernées.